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La Guinée m’étonnera toujours ! (par Garanké Diallo)

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Alors qu’elle est sous les feux des projecteurs depuis un certain temps : tueries du 28 septembre 2009 dont la date du jugement des accusés n’est pas connue à ce jour,  emprisonnement massif de plusieurs de ses personnalités, à tort ou à raison, atteinte à toutes formes de liberté (expression, mouvement…) de son peuple, et j’en passe et des meilleures, la Guinée laisse sa population s’adonner à des égarements tous azimuts. 

Un citoyen est jugé par la justice parce qu’il a pratiqué sa foi comme bon lui semble, en l’occurrence faire sa prière dans sa langue nationale.

Ça serait blasphématoire pour les uns, ça causerait un trouble à l’ordre public pour les autres.

Quoiqu’il en soit, on peut légitimement se poser la question de savoir si un tribunal judiciaire peut être habilité à s’occuper d’une telle affaire ! S’il s’avérait que c’est ce soi-disant « trouble à l’ordre public » qui était retenu et porté devant le tribunal, j’aimerais bien savoir quelles ont été les conséquences dommageables directes de ce trouble sur la population ! Si tant est qu’elle ait été troublée ! Rappelons qu’il n’a nulle part été rapporté que ses fidèles ont été contraints à faire comme lui.

Pour se défendre, l’accusé, si l’on se réfère aux écrits circulant sur les réseaux sociaux, aurait trouvé une parade pour muscler sa ligne de défense, à savoir affirmer qu’il ne pratiquait pas la religion musulmane. Avouez que cette ligne de défense interroge sur le motif d’arrestation qui l’a conduit jusque devant les tribunaux !

Aujourd’hui, nous voyons circuler, une lettre émanant du secrétariat général des affaires religieuses, laquelle appelle le peuple de Guinée à prier et faire des sacrifices de lait et je ne sais quoi d’autres pour lutter contre les fléaux et calamités naturelles observés dans le pays.

Je vois là, deux grandes interrogations :

1- Est-ce mentionné dans les textes religieux, notamment islamiques, la pratique de tels actes (sacrifices) ? A distinguer toutefois des dons aux nécessiteux.

Je ne m’y connais pas bien, mais, me semble-t-il, cela ne fait pas partie des 5 piliers de l’islam, non ?!

Dans la négative, cette institution fera-t-elle l’objet d’un jugement par le tribunal pour blasphème ? Ou bien pour trouble à l’ordre public ? A moins qu’il convienne de considérer que l’ordre public n’est pas du tout troublé par cette demande on ne peut plus atypique ?

Et si, par je ne sais quel miracle, elle était appelée à comparaître devant un tribunal, devrait-elle plaider la pratique d’une religion autre que musulmane, ancestrale peut-être pour espérer s’en sortir au même titre que le citoyen qui prie dans sa langue nationale ?

2- Est-ce une façon de régler les problèmes d’un pays ?

Le fait de se replier sur les seules prières et des sacrifices, n’empêche-t-il pas de facto, toutes recherches de causes racines desdits problèmes et trouver les solutions adéquates ?

Quelle est donc cette façon de voir les choses ? Vous conviendrez que le fait qu’une telle lettre circule en dit long sur sa perception et l’assimilation de telles pratiques par la plupart des guinéens !

Où se trouvent donc les priorités ? Après on s’étonne qu’une personne à la tête du pays décide de le gérer comme bon lui semble !

Malheureusement, les maux dont souffrent les guinéens sont loin d’être pansés car ils ne sont pas prêts, tout simplement.

Par Garanké Diallo