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Kindy Dramé présente sa start-up Colis224

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Colis224, une start-up créée par un jeune de la diaspora guinéenne en France, est une plateforme qui propose des solutions diverses notamment à ceux qui veulent expédier ou doivent recevoir des colis. Comment ça fonctionne ? Quels sont les différents services qu’offre cette plateforme ? D’où est partie l’idée de sa création ? Ce sont entre autres questions auxquelles KindyDramé, puisqu’il s’agit de lui, répond à travers cette interview.

Interview

Parle-nous de Colis224 et comment l’idée vous est venue ?

 

KindyDramé : je suis le fondateur de colis224.com, une plateforme communautaire d’envoi de colis entre particuliers vers et en Guinée. Elle permet de mettre en relation des expéditeurs avec des voyageurs.

Et l’idée m’est venue tout simplement de mon frère qui était étudiant à Lyon en France. Il devait recevoir urgemment un document, un casier judiciaire, pour compléter un dossier et il fallait au plus vite que ce document lui arrive là-bas et nous avons galéré pour trouver un passager qui pourrait accepter d’envoyer le courrier avec lui en France et de le poster à mon frère.

Suite à cette difficulté et aux prix pratiqués par les agences comme DHL, ou la poste guinéenne, je me suis dit qu’il fallait que je trouve une solution moi qui vis en Europe depuis des années, je rencontre souvent ce problème. Ayant les compétences de développeur web, je me suis tout bonnement lancé dans la réalisation du site internet colis224.com. Et voilà comment est née l’idée de colis224.com.

Demandez à d’autres voyageurs qui vont en Guinée ou à l’intérieur du pays de vous ramener des trucs, cela peut être des documents, courriers, colis etc. Pourvu que cela ne soit pas trop encombrant. Ce principe s’applique aussi en Guinée, pas la peine d’aller à l’étranger pour ça. Presque tous les ans vous retrouvez dans les gares routières du pays des gens venus encore poster un courrier, un petit colis et colis224.com vient faciliter la vie de tout le monde.

Vous voyagez dans votre voiture seule, pourquoi ne pas diminuer les frais de carburant en transportant un petit colis pour un autre. Avec Colis224, on peut demander à n’importe qui de le faire pour soi. Et voilà !

Après quelques mois de développement et de test, Colis224.com est né !

Et j’y ai ajouté un service plus classique de transport de colis entre voyageurs par avions ou covoiturage, pour laisser le choix au gens, soit d’être un simple voyageur convoyeur, soit d’être un voyageur acheteur, soit d’être le demandeur.

Qu’elles sont vos produits et services ?

Coli224.com est une plateforme de livraison de colis entre particuliers vers et en Guinée, qui propose pour l’instant deux services à ses utilisateurs :

Le service de livraison de colis entre particuliers : Vous désirez envoyer un colis à petit prix en Guinée ou à l’intérieur du pays ? Confiez-le à l’un des utilisateurs de la plateforme qui se rend là où se trouve votre destinataire.

Ou vous êtes voyageur vous créez une annonce d’envoi ou de transport avec toutes les informations nécessaires : Quand ? Où ? Quelle quantité ? À quel prix ? Vous recevrez rapidement par mail les propositions d’expédition ou de transport selon vos critères d’annonce. Vous faites votre choix, contactez-le(s) membre(s) concerné(s) pour transporter le colis.

Et dans les prochaines semaines nous travaillons sur d’autres produits.

Un service d’achat et livraison de produits : Vous souhaitez acheter un produit qui n’est pas disponible par exemple à Conakry là où vous êtes ou dont les frais de trnsport sont très (trop ?) élevés ? Demandez à l’un des utilisateurs de Colis224.com de vous acheter ce produit et de vous le livrer directement chez vous, et à moindre frais.

La livraison de colis avec Colis224, c’est tout ce qu’il y a de plus convivial, plus économique et plus écologique ! Et oui vous réduisez votre empreinte Carbonne.

L’autre service, c’est de permettre à nos utilisateurs de se faire livrer directement chez eux. Je m’explique : vous vivez par exemple à Paris, vous confiez un courrier à envoyer à Conakry et un de vos parents doit venir chercher le courrier à l’aéroport voilà que ce dernier ou pour une raison quelconque vous ne trouvez personne pour réceptionner ou récupérer le courrier ou le colis.

C’est là que Colis224 entre en jeu. Nous avons un partenaire qui fera le déplacement pour récupérer le courrier ou le colis à votre place et le livrer où vous souhaitez.

Un service en plus ! Vous commanderez votre livraison sur le site une fois que vous avez trouvé un voyageur pour envoyer votre colis sur notre site et nous nous chargeons du reste.

En effet, nos services sont très innovants et permettent :
Pour le demandeur, de faire des réelles économies jusqu’à 80% sur les frais de livraison de son colis.
Pour le voyageur, de rentabiliser ses déplacements en transportant les colis d’autres particuliers.

Pour tous les Guinéens, de pouvoir se procurer de produits uniques, locaux, dans des boutiques qui ne sont pas forcément disponibles sur Internet où à l’endroit où l’on se trouve.
Pour notre planète, de mieux respirer ! En effet, si un colis est livré par un voyageur, il ne l’est pas par un moyen de transport dédié. Ce qui permet de diminuer l’empreinte carbone d’une livraison de colis et limiter les émissions de gaz à effet de serre.

Bien évidemment, il est également indispensable de proposer un service ou un produit utile et innovant.

Comment gagnez-vous de l’argent, c’est quoi votre business modèle ?



Colis224 est avant tout une plateforme communautaire de mise en relation et se rémunère sur l’achat de forfait, car sur le site vous avez un forfait gratuit qui vous permet de poster votre annonce gratuitement, mais limité en fonctionnalités. Il faut aussi le souligner le voyageur gagne aussi de l’argent il fixe le prix et négocie avec l’expéditeur. De partout ils peuvent choisir leur devise en publiant une annonce.

Vous quittez New-York pour Conakry, vous postez une annonce « Voyager NY-Cky date : 01 janvier 2019 heure : 07H – Arrivée Conakry 17H Prix par kg 5$ » et celui qui est intéressé vous contact directement sur votre annonce grâce à une messagerie sécurisée et si vous êtes d’accord, vous vérifiez le colis et récupérez les informations de contact du destinateur final et voilà.

Le forfait payant par exemple vous offre plus de fonctionnalités comme l’ajout de plusieurs photos, une galerie photos, d’une vidéo, choisir des heures de disponibilité, d’une mise en avant sur l’accueil c’est-à-dire même si d’autres utilisateurs postes des annonces votre annonce restera en haut et sera donc plus vue et par conséquence plus de chance d’être contacter ; également le forfait payant vous offre la possibilité de poster une annonce urgent avec mention urgent « sponsorisé »

Qu’est-ce que c’est ?

Le logo Urgent est une option payante indiquant les produits à vendre de manière urgente. Les annonces urgentes sont signalées par un logo ★ Urgent dans la liste de résultats. Une recherche ciblée uniquement sur ces annonces est également proposée.

Le forfaitaire business par exemple est à 20.000 GNF soit 1,95€ pour 30 jours, est variable en fonction du service choisi par les utilisateurs.
Et le plus cher à 50000 GNF soit 4,80€ pour 3 mois.

Pour une livraison de colis : 10% du pourboire payés par le demandeur + 10% du pourboire reçus par le voyageur.

Pour l’achat d’un produit et sa livraison : 10% du montant du produit + 10% du pourboire reçus par le voyageur.

Dans un souci d’équité, nous avons fait ce choix de partager les frais entre le demandeur et le voyageur, chacun étant utilisateur et bénéficiaire des services proposés par la plateforme.

Nous gagnons aussi de l’argent grâce à la publicité classique des bannières, un bon plan pour mieux communiquer et toucher vraiment des cibles intéressées par les services par exemple pour les agences de voyages, les agences d’assurance voyage, les hôtels et agences de tourisme tous pourrons toucher plus de clients.

Nous proposons des bannières pub de 728X90, 336X280 et aussi de la Vidéo publicité aux annonceurs.

En résumé, 
Colis224 gagne de l’argent suivant ses produits :
1es abonnements entre de 20.000 GNF à 50.000 GNF proposés aux voyageurs et expéditeurs qui souhaitent remonter leur annonce en tête de liste (annonce premium) le paiement pour l’instant se fait avec le Mobilemoney ou par carte bancaire grâce à notre partenaire WeCashUp.

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Une solution de paiement en ligne très facile et très sécurisé. Dès que nous aurons ouvert nos points relais les clients pourront payer directement en espèces l’ajout d’une annonce.

Vous ne savez pas comment faire, un agent Colis224 dans un point relais pourra prendre toutes informations et créer votre compte et il vous restera plus qu’à attendre un appel d’une personne intéressée.

Vous avez le choix : vous pouvez utiliser le forfait gratuit et vous pourrez migrer l’offre quand vous le souhaitez en changeant facilement de forfait. Cela vous ouvre plus de fonctionnalités et c’est très pratique pour ceux qui ont des choses urgentes à envoyer par exemple.

Un service de livraison à domicile (uniquement à Conakry) chez le destinataire final. Pour occuper le marché et rester fort, il est nécessaire de ne pas rester seul, c’est pourquoi je profite de votre micro pour lancer un appel en direction des entrepreneurs pour trouver un ou deux autres associées.

Une équipe soudée, ou un entourage proche et motivant, qu’il soit personnel ou professionnel, est un facteur clé de succès. J’invite également tous à créer dès maintenant un compte sur coliss224.com et poster des annonces ou à partager l’article avec leur proche ; ils peuvent aussi aider la start-up à grossir avec un like sur notre page Facebook /Colis224 ou nous suivre sur notre compte Twitter @colis224

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Guinee28.info est un site d’informations générales et d’analyses sur la Guinée. Il couvre au quotidien l’actualité en toute indépendance et impartialité. Il offre aussi à ses lecteurs un débat d’idées, favorisant l’établissement d’une culture démocratique. Vous êtes annonceurs ? Vous voulez publier un article sponsorisé ? Nous contacter: alfaguinee28@gmail.com

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Des toilettes publiques pour Ninguelandé, un projet d’une association locale

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L’Union des Jeunes  de Ninguelandé pour le Développement (UJND) envisage de doter des latrines publiques à cette sous-préfecture située dans la préfecture de Pita, en moyenne Guinée.

Pour venir en aide à la communauté, l’association vient de lancer un projet de construction des latrines publiques dans cette commune rurale d’environ 35.000 habitants.

« La mise en place de ce projet n'est pas des moindres, car il résout un certain problème d'hygiène publique et lutte contre les périls fécaux facteurs de plusieurs parasitologies », a expliqué à notre rédaction, Dr Alpha Oumar Diallo, président de l’UJND.

Le coût de ce projet communautaire est estimé à 50.956.210 GNF, a-t-il précisé.

Pour y parvenir, l’association sensibilise les ressortissants de la sous-préfecture pour collecter l’argent nécessaire.

Par Guinee28

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Massacre du 28 septembre : les Etats-Unis, la France et l’UE réclament un procès dans les plus brefs délais

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Malgré l’engagement des autorités guinéennes, la justice se fait toujours attendre, onze ans après le massacre du 28 septembre 2009, au stade du même nom, à Conakry. Face à cette situation qui ronge les familles des victimes et les organisations de défenses de droits de l’homme, les Etats-Unis, la France et l’Union Européenne ont appelé le gouvernement guinéen à  tenir un procès ‘’dans les plus brefs délais’’, dans un communiqué conjoint.

« Nous exhortons le gouvernement guinéen à  tenir un procès dans les plus brefs délais afin que les responsables de ce crime odieux répondent de leurs actes devant un tribunal. Le fait de veiller à ce que le système rende justice à ces victimes ainsi qu’à tous ceux ayant souffert d’autres actes de violences politiques, démontrera l’engagement du gouvernement guinéen à promouvoir la paix, à rejeter toutes les formes de violences et à défendre l’Etat de droit »

Le 28 septembre 2009, peu avant midi, plusieurs centaines d’agents des forces de sécurité ont ouvert le feu sur des dizaines de milliers de personnes rassemblées pacifiquement au stade du 28 septembre, pour protester contre l’intention de Moussa Dadis Camara, alors chef de la junte au pouvoir, de se présenter à l’élection présidentielle, tuant ainsi plus de 150 personnes.

Les forces de sécurité ont également violé des femmes, individuellement ou collectivement, y compris au moyen d’objets tels que des matraques ou des baïonnettes.

Elles se sont ensuite attelées à une opération organisée de dissimulation, dans le but de cacher l’ampleur des tueries, en bouclant tous les accès au stade et aux morgues et en emportant les corps pour les enterrer dans des fosses communes, dont beaucoup doivent encore être identifiées.

L’enquête menée par des juges d’instruction guinéens, ouverte en février 2010 a été  bouclée fin 2017.

En avril 2018, un comité de pilotage chargé d’organiser le procès avait été mis en place par l’ancien ministre de la Justice, Cheick Sako. Ce comité a décidé qu’il se tiendrait à la Cour d’appel de Conakry. Mais, plus de deux ans après la clôture de l’enquête, la date du procès n’est toujours pas fixée.

Plus de 13 suspects ont été inculpés dans ce dossier, dont Moussa Dadis Camara, l’ancien chef de la junte appelée Conseil national pour la démocratie et le développement,( CNDD) ainsi que son vice-président, Mamadouba Toto Camara.

Plusieurs individus inculpés de charges liées aux homicides et aux viols occupent toujours des postes d’influence, y compris Moussa Tiégboro Camara, Secrétaire général chargé des Services spéciaux de lutte contre le grand banditisme et les crimes organisés.

L’aide de camp de Dadis Camara, Abubakar « Toumba » Diakité, a également été inculpé. Il a été extradé vers la Guinée en mars 2017, après plus de cinq ans de cavale.

Quatre autres individus sont en détention à la Maison Centrale de Conakry, respectivement depuis 2010, 2011, 2013 et 2015 dans le cadre de l’affaire.

Mais leur détention provisoire est jugée illégale par les ONG de défense des droits humains, « dans la mesure où elle excède la durée maximale prévue par la loi guinéenne, soit 18 à 24 mois en matière criminelle, en fonction du chef d’inculpation ».

Par Alpha Diallo

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Guinée : « les violences de Nzérékoré sont une tragédie », dénonce Human Rights Watch

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(Nairobi) – Les forces de sécurité guinéennes ont failli à leur responsabilité de protéger la population de violences électorales et intercommunautaires tout en commettant elles-mêmes des violations des droits humains à Nzérékoré, dans le sud-est de la Guinée, lors des élections législatives et du référendum constitutionnel de mars 2020, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui.

Ce rapport de 51 pages, intitulé « “Ils ont laissé les gens s’entretuer” : Violences à Nzérékoré lors du référendum constitutionnel et des élections législatives en Guinée », documente des violences lors desquelles au moins 32 personnes ont été tuées et plus de 90 blessées. Les affrontements entre partisans du gouvernement et de l’opposition ont rallumé de vieilles tensions politiques et ethniques. Les forces de sécurité déployées pour assurer la sécurité des opérations de vote n’ont pas pris de mesures suffisantes pour empêcher ces meurtres, ni des destructions généralisées de biens. En outre, elles ont elles-mêmes tué deux personnes, et ont passé à tabac et arrêté arbitrairement des dizaines d’hommes, a constaté Human Rights Watch.

« Les forces de sécurité guinéennes n’ont pas agi avec l’efficacité ou la volonté requises pour faire cesser les violences dévastatrices qui ont accompagné les élections législatives et le scrutin constitutionnel de mars à Nzérékoré », a déclaré Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur l’Afrique à Human Rights Watch. « À l’approche de l’élection présidentielle d’octobre, le gouvernement devrait prendre d’urgence des mesures pour s’assurer que les forces de sécurité respectent et protègent le droit des citoyens à participer à des manifestations politiques, tout en agissant avec retenue et respect pour les droits humains. »

Entre mars et septembre, Human Rights Watch s’est entretenu avec 48 victimes et témoins des violences à Nzérékoré, ainsi qu’avec 31 proches de victimes, membres du personnel médical, journalistes, avocats, membres des partis d’opposition, représentants de la société civile et autres informateurs pertinents. Human Rights Watch a également consulté des rapports publiés par des organisations guinéennes de défense des droits humains et par les médias nationaux et internationaux, et a examiné des photos, des vidéos et des dossiers médicaux.

Le référendum constitutionnel du 22 mars a été l’aboutissement d’un effort controversé de la part du président Alpha Condé et de ses partisans, durant plusieurs mois, pour modifier la constitution de 2010 afin de lui permettre de briguer un troisième mandat.

Durant la journée du référendum et des élections législatives, des violences ont entaché le processus dans tout le pays, y compris dans la capitale, Conakry, des opposants à la proposition de nouvelle constitution se heurtant violemment aux partisans du gouvernement et aux forces de sécurité.

Ces violences ont atteint leur comble à Nzérékoré, la deuxième ville de Guinée. Des victimes et des témoins ont déclaré à Human Rights Watch que les violences répondaient souvent à des critères ethniques. De membres armés de l’ethnie Guerzé, considérée comme proche de l’opposition, ont affronté des membres également armés des ethnies Konianké et Malinké, largement perçues comme sympathisantes du parti au pouvoir. Certaines victimes auraient été prises pour cible en raison de leur identité ethnique. De nombreuses personnes ont été abattues, tuées à coups de machette ou battues à mort, et au moins une a été brûlée vive. Human Rights Watch a également documenté le cas d’une jeune fille de 17 ans qui a été violée par un groupe d’hommes armés.

Des témoins ont affirmé que malgré la présence de forces de sécurité y compris la police, les gendarmes et les militaires déployés pour assurer la sécurité des élections, ni ces forces ni les autorités politiques ne sont intervenues ou n’ont répondu à des appels désespérés pour empêcher des bandes armées d’attaquer des personnes ou de se livrer à des déprédations.

« Quand j’ai entendu les premiers coups de feu, j’ai appelé un haut responsable du gouvernement, qui m’a répondu que je devais défendre ma maison en jetant des pierres sur la foule qui commettait des violences », a déclaré un habitant âgé de 66 ans. « J’étais choqué. Je ne suis pas du genre à réagir à la violence par la violence. Ce haut responsable de l’État n’a pris aucune mesure pour s’assurer que la situation ne dégénère pas. »

Le gouvernement guinéen a d’abord affirmé que quatre personnes avaient été tuées, mais a reconnu plus tard un bilan humain plus lourd, de 30 morts. Human Rights Watch a documenté au moins 32 meurtres et a recueilli des éléments crédibles corroborant des déclarations des organisations guinéennes de défense des droits humains, selon lesquelles les corps de plus de 24 personnes tuées lors de ces violences avaient été retirés de l’hôpital régional de Nzérékoré, pour être enterrés secrètement dans une fosse commune de la ville. Des proches des victimes ont affirmé à Human Rights Watch que l’hôpital avait refusé de leur remettre les corps des membres de leur famille et qu’ils ne savaient pas où ceux-ci avaient été enterrés.

Le gouvernement guinéen, en réponse aux questions de Human Rights Watch, a partagé un rapport de juillet 2020 rédigé par un juge guinéen qui, après une visite sur le site, a confirmé l'existence de la fosse commune. Un autre rapport, cosigné par le directeur général de l'hôpital de Nzérékore et par un représentant du ministère de la Santé, indiquait que le nombre de personnes tuées avait dépassé la capacité de la morgue de l'hôpital et que pour des raisons de santé publique, les autorités avaient donc décidé de procéder à un « enterrement de circonstance ».

Même si la majorité des meurtres de Nzérékoré ont été commis par des citoyens armés, des témoins ont affirmé que les forces de sécurité ont également tué au moins deux personnes, dont une femme enceinte, en ont arrêté de nombreuses personnes. Elles sont aussi entrées par effraction dans des maisons, et ont pillé et endommagé des biens. La plupart des personnes arrêtées ont été détenues illégalement, entre le 22 et le 25 mars, au camp militaire de Beyanzin à Nzérékoré, où elles ont été passées à tabac, gardées dans des conditions inhumaines, dans une cellule crasseuse dépourvue d’une ventilation adéquate, et privées de nourriture et d’eau.

« J’ai été battu à plusieurs reprises par des soldats armés de matraques avant d’être emmené dans une cellule avec une centaine d’autres personnes », a affirmé un homme de 29 ans qui a été arrêté par les militaires le 23 mars à son domicile à Nzérékoré et détenu au camp militaire. « Nous n’avons reçu ni eau ni nourriture pendant trois jours. C’était horrible. »

Le 8 septembre 2020, Human Rights Watch a envoyé ses conclusions préliminaires et une liste de questions à Albert Damantang Camara, le ministre guinéen de la Sécurité et de la Protection civile. Le 21 septembre, le ministre Camara a partagé avec Human Rights Watch un rapport de la police guinéenne en date du 30 avril sur les violences de mars à Nzérékoré. Le rapport indique qu’un procureur à Nzérékoré a mis en place une commission d’enquête pour identifier et poursuivre les responsables des crimes commis dans cette ville entre le 22 et le 24 mars. Cependant, ce rapport n’aborde presque pas le rôle des forces de sécurité dans la réponse aux violences à Nzérékoré. Il indique seulement que le quartier de Bellevue, où les violences du jour de l’élection ont commencé, avait été « inaccessible » à la police guinéenne en raison des « troubles » qui s’y déroulaient, ajoutant que « l’armée avait été réquisitionnée pour se joindre aux forces de sécurité pour ramener le calme ». Le 21 septembre, Human Rights Watch a sollicité des informations supplémentaires au ministre Camara concernant le rôle des forces de sécurité dans la prévention de la violence, et les allégations selon lesquelles elles auraient commis des violations des droits humains, mais n’a reçu aucune réponse.

Alors que la Guinée s’apprête à tenir son élection présidentielle en octobre, les autorités devraient faire en sorte que les forces de sécurité déployées autour des bureaux de vote, des rassemblements politiques ou d’autres événements liés à cette élection protègent effectivement les citoyens, tout en respectant leur droit de manifester pacifiquement. Le gouvernement et les autorités judiciaires devraient également prendre des mesures d’urgence pour identifier toutes les personnes responsables des crimes commis à Nzérékoré, y compris par les forces de sécurité, et exiger qu’elles répondent de leurs actes dans le cadre de procès équitables.

Les partenaires internationaux de la Guinée, notamment la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest, l’Union africaine, les Nations Unies, l’Union européenne et les États-Unis, devraient exhorter le gouvernement à mettre fin à l’impunité pour les auteurs de violences électorales. Ils devraient signifier clairement aux autorités ou aux membres des forces de sécurité guinéens impliqués dans des violations des droits humains qu’ils sont passibles de sanctions ciblées, notamment d’une interdiction de voyager et d’un gel de leurs avoirs.

« Les violences de Nzérékoré sont avant tout une tragédie pour les personnes qui ont perdu des proches ou qui ont elles-mêmes subi de graves blessures, et qui méritent de voir leurs agresseurs traduits en justice », a affirmé Ilaria Allegrozzi. « Ces événements sont aussi un signe qu’en Guinée, le dangereux mélange constitué de la crise politique, de vieilles tensions ethniques et intercommunautaires, et d’abus parfois commis en toute impunité par les forces de sécurité, fait planer le risque de nouvelles violations des droits humains avant et pendant l’élection d’octobre. »

Source : Human Rights Watch

 

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