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Kaporo rails: ce que propose Alpha Saliou Wann pour les victimes

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La mobilisation pour soutenir les victimes du déguerpissement de Kaporo rails ne cesse de grandir. C’est dans cette optique que l’opposant Alpha Saliou Wann lance une proposition afin de trouver un toit pour chaque victime.

Ainsi, il préconise la  mobilisation de 300 milliards (trois cent milliards de francs pour) pour construire un complexe résidentiel moderne composé d’une dizaine d’immeubles pouvant accueillir 600 familles au moins, avec parc (disposant des terrains de jeux) et une école à l’image de ce qui se fait dans les pays développés.

Comment mobiliser ce montant ? Lisez :

Mes chers compatriotes.

La décision majeure, la plus marquante du général Lansana Conté et de ses frères d’armes du CMRN a été celle de garantir pour tous les Guinéens : la liberté de rentrer et sortir librement du pays sans crainte d’être arrêté ou d’être fusillé, notamment aux frontières et le droit de propriété. Elle a changé en profondeur notre pays depuis le 3 avril 1984. Les Guinéens ne se sont pas fait prier, ils ont saisi cette occasion pour investir massivement pour améliorer leur condition de vie en termes d’habitat, d’équipements collectifs comme les écoles, les centres de santé, lieux de cultes etc. Malheureusement, il n’y pas eu de rupture dans la gestion de l’Etat. Les dirigeants sont restés fainéants, incompétents, corrompus et dépourvus de toute ambition de transformer la Guinée en un pays prospère où il fait bon vivre. Les investissements timides d’investisseurs privés étrangers ont fini par tarir rapidement en raison de l’absence d’une gestion saine de l’économie. C’est ce droit de propriété qui a été remis en cause brutalement en 1998 par la casse de Kaporo rails et celle en cours en ce moment.
Les dirigeants se sont contentés de dire aux Guinéens : vous êtes libres de faire ce que vous voulez et l’Etat les a accompagné dans le désordre, dans un environnement où les lois et règlements ne servent à rien. Les populations sont abandonnées à elles-mêmes, les dirigeants du pays, à tous les niveaux, se sont créés des baronnies pour se payer sur la bête, de fait, ils ont privatisé l’Etat. Le contraste est saisissant entre les espaces privés où les populations se sont créées un environnement agréable et les espaces publics complètement en décrépitude avec le constat amer de l’absence de l’Etat. Or, sans l’Etat, c’est le chaos. Parce qu’il n’y a plus d’Etat régulateur de toutes les activités, nous avons détruit notre pays. Notre capitale Conakry est devenue une poubelle géante, il n’existe aucun contrôle qualité sur les produits alimentaires importés massivement (causant de graves problèmes de santé publique), des destructions de l’environnement, les rivières disparaissent, les fleuves et la biodiversité sont menacés. Les gardes forestiers recrutés par le pouvoir, n’ont aucune formation, ni de conscience professionnelle, ils sont les organisateurs de la destruction de nos forêts. Ils n’ont aucune idée de la gravité du changement climatique qui frappe plus durement les pays pauvres qui n’ont pas les moyens de l’atténuer. Partout à l’intérieur du pays, les tronçonneuses ronronnent, même les arbres fruitiers comme les manguiers n’échappent pas à leur furie. Tous ces périls risquent de nous conduire à fuir notre pays dans un avenir non lointain en tant que réfugiés climatiques. Telles sont les conséquences dramatiques de la défaillance de l’Etat.

Je reviens sur la crise actuelle née des destructions des maisons de nos compatriotes à Kaporo rails. C’est le symbole de la déliquescence de l’Etat. Par décret No 212/PRG/SGG/89 du 23 novembre 1989 modifiant et complétant le décret No 182/PRG/SGG/89 du 16 octobre 1989, le gouvernement avait créé des réserves foncières au profit de l’Etat. Ce décret n’a été appliqué que sur le point des ouvertures de route, pour le reste, ce même Etat qui a exproprié des citoyens, s’est permis de délivrer, à travers le ministère de l’habitat et de l’urbanisme, des titres de propriété et les autorisations de construire à nos compatriotes dans ces zones réservées. Les entreprises publiques SEG et EDG ont distribué l’eau et l’électricité aux habitants de ces zones. Et voilà, un beau matin, nos dirigeants décident de récupérer ces domaines en violation de nos lois (pour le cas présent, violation de l’article 13 de notre Constitution). Vingt ans après la première casse de Kaporo rails, nous savons maintenant que c’était une opération de règlement de compte politique étant donné que rien n’a été fait pour justifier le mobile des destructions. La casse en cours est aussi un règlement de compte politique doublé d’un parfum d’affairisme. Ce pouvoir a déguerpi des familles, notamment de fonctionnaires à Boulbinet des deux tours jumelles, à Camayenne, les cités douane et police pour livrer ces domaines publics à ses partenaires étrangers, c’est ce qui est prévu en réalité pour Kaporo rails.
Face à cette situation de désolation pour de nombreuses familles, l’indignation ne suffit pas, il faut agir. L’urgence, c’est d’apporter une réponse forte de solidarité nationale aux victimes.

J’ai lu dans les réseaux sociaux de nombreuses réactions d’internautes qui tournent au ridicule la contribution personnelle de dix millions de francs de Cellou Dalein Diallo président de l’UFDG. C’est la conception particulière des Guinéens sur le leader d’un parti politique, qui doit être comme RAMBO pour financer seul son organisation et contribuer en son nom à toutes les cérémonies sociales. Au lieu de lui jeter une volée de bois verts et si nous faisons comme lui? Il y a quelques jours, l’idée m’est venue de vous proposer une vaste et puissante opération de solidarité nationale aux victimes de Kaporo rails. Ces derniers ont déjà mis en place, depuis quelques mois, un collectif pour se défendre contre les abus de l’Etat. Certainement, ce collectif a dû identifier toutes les victimes. En étroite collaboration avec ce collectif, nous devons créer une organisation dédiée à l’opération de solidarité nationale pour trouver un toit à chacune des victimes de l’arbitraire de l’Etat. Nous devons faire, pour une fois, preuve de professionnalisme. Ne nous dispersons pas, il faut une organisation qui coordonne les différentes initiatives pour un but précis : trouver un toit pour les victimes.
L’objectif de l’opération est de mobiliser au minimum 300 milliards (trois cent milliards de francs pour) pour construire un complexe résidentiel moderne composé d’une dizaine d’immeubles pouvant accueillir 600 familles au moins, avec parc (disposant des terrains de jeux) et une école à l’image de ce qui se fait dans les pays développés. Nous pouvons le faire, vite et bien.

Comment mobiliser ce montant ?
Je suis convaincu que 15000 Guinéens résidant en Guinée et de la diaspora (en Europe, Afrique, Amérique et Asie) peuvent contribuer chacun comme Cellou Dalein Diallo en donnant généreusement dix millions, soit 150 milliards de francs (cent cinquante milliards de francs). De même, un million de Guinéens résidant en Guinée et de la diaspora peuvent contribuer chacun en donnant généreusement 150.000 (cent cinquante mille francs, environ 14€, $15 et 9375 fcfa pour les résidents à l’étranger) soit 150 milliards de francs (cent cinquante milliards de francs). Pour faciliter les paiements, l’opération de mobilisation des fonds peut s’étaler sur six mois, ce qui donnera des paiements mensuels de moins de 200 dollars ou euros pour le premier groupe de contributeurs et 25.000 francs, moins de 3 dollars, 3 euros et 1600 fcfa. C’est raisonnable et facile à supporter pour chacun d’entre nous. Il est fort possible qu’on ait atteint le chiffre de 5 millions d’abonnés des compagnies de téléphonie en Guinée, donc c’est dans ce vivier de clientèle que nous trouverons nos potentiels contributeurs. C’est une question de volonté et d’organisation. Nous ne devons pas faire comme l’Etat brouillon et corrompu qui est incapable depuis 1998 de construire une nouvelle cité administrative moderne à Koloma, Alpha Condé a pourtant visité la nouvelle ville de Diamniado au Sénégal. Il ne nous a proposé aucun programme précis et son mode de financement. Il n’a posé aucune brique pour les logements sociaux contrairement à ses pairs de Côte d’Ivoire et du Sénégal. Pour tout argument, ils scandent à l’unisson comme un slogan : nous allons récupérer les domaines de l’Etat. C’est dangereux de confier les rênes du pouvoir à des individus qui n’ont pas conscience des responsabilités que cela implique. Ces ignorants martèlent à chaque fois qu’ils s’apprêtent à violer nos droits, « nous allons restaurer l’autorité de l’Etat », ils ne savent pas que l’Etat lui-même est soumis au droit, donc que les dirigeants ont l’obligation de respecter strictement les lois du pays. Un simple décret ne peut pas remettre en cause le droit de propriété des citoyens en violation des dispositions de la Constitution. Ceux qui s’agitent, pour dire que ces domaines sont une propriété de l’Etat, ne savent pas qu’à l’origine, c’est l’Etat qui a exproprié les propriétaires de ces domaines par ce décret cité plus haut, sans tenir ses engagements, notamment indemniser ou recaser ceux qui ont déjà construit sur les lieux. A Kaporo rails, on n’a pas à faire à des quartiers précaires où des citoyens ont occupé illégalement des terrains pour y construire des abris de fortune. Sous les décombres, c’est en valeur des milliards de francs partis en fumée, fruits du dur labeur de citoyens ordinaires qui ne sont pas nourris aux mamelles de l’Etat contrairement à ceux qui ont pris la décision de casser leurs maisons. L’Etat guinéen est poursuivable devant les tribunaux nationaux et internationaux.
Revenons à l’essentiel après cette digression pour expliquer que le droit a été bafoué par le gouvernement.
L’organisation dédiée à l’opération solidarité nationale aux victimes doit lancer des appels d’offres internationaux pour choisir le cabinet d’architectes et l’entreprise de BTP chargés de réaliser le projet.
Je ne vois pas de meilleure réponse à ces petits dirigeants méchants, haineux et incompétents. Mais, nous ne devons pas nous limiter à cette action bienfaitrice, bien au contraire, il faut poursuivre l’Etat guinéen devant la Cour de justice de la CEDEAO pour le faire condamner et le faire payer des dommages et intérêts à la hauteur des dégâts matériels et moraux qu’il a fait subir à ses propres populations. Nous pourrons ainsi vendre le montant de la condamnation à des institutions financières appelées pudiquement « Fonds vautours » qui ont les moyens de pression dissuasifs pour faire payer l’Etat le montant de sa condamnation. Nos avocats plaiderons auprès de la Cour pour que les dommages et intérêts soient plus élevés que le montant de nos dons. Pour mettre fin à l’impunité des Etats, il faut les frapper au porte-monnaie. Les fonds récupérés seront investis pour recaser d’autres victimes. Le pouvoir exécutif a caporalisé l’appareil judiciaire, il ne nous reste plus qu’à faire appel aux juridictions internationales pour rendre justice aux victimes, d’autant plus que notre Constitution proclame l’adhésion de l’Etat à tous les textes fondamentaux et des conventions internationales sur les Droits de l’Homme, notamment celles de la CEDEAO et de l’UA. Ne nous privons pas de cette aubaine.

Je vous rappelle que les ONG internationales comme Médecins sans Frontières, Action contre la Faim, Plan Guinée, pour ne citer que celles-ci, sont financées par les dons des contribuables occidentaux. Nous suivons tous l’opération annuelle de solidarité du Téléthon en France pour financer les projets de recherche sur les maladies génétiques neuromusculaires et d’autres maladies génétiques rares. Pourquoi, sommes-nous incapables d’en faire autant pour nos catégories sociales défavorisées ou des victimes comme celles de Kaporo rails ?
N’écoutons plus les sceptiques, si nous réussissons cette opération, ça sera sans précédent en Afrique. C’est un acte symbolique fort, une forme de résistance silencieuse et puissante qui peut ébranler profondément ce pouvoir irrespectueux des lois de la République. Nous devons nous réveiller et cesser de subir avec fatalisme les décisions illégales du pouvoir.
Je vous conseille de ne pas prêter attention au chiffre faramineux de 300 milliards de francs, mais que chacun se dise dans son fort intérieur, est-ce que je peux donner 25.000 francs par mois jusqu’à atteindre le montant de 150.000 francs pour cette bonne cause? C’est plus facile de se concentrer sur ce que nous pouvons faire à titre individuel que de spéculer sur l’importance du montant total. C’est l’ensemble de nos volontés qui nous permettra de relever la tête face aux humiliations que nous infligent ces dirigeants qui ont perdu toute forme d’humanité. Nous sommes affaiblis, parce que nous ne sommes pas solidaires. C’est la solidarité qui fait la force des nations puissantes. Je vous prie de tout mon cœur de faire un effort pour faire ces dons, c’est un acte qui a le pouvoir d’exorciser le mal qui nous étreint depuis tant d’années.
C’est ma proposition pour donner une leçon à ce pouvoir irresponsable et de témoigner au monde que nous sommes dignes et solidaires. Nous sortirons renforcés de cette épreuve.
J’avais fini, mais je reviens encore revoir ma copie. J’avoue que j’ai été rattrapé par mes doutes. Voilà, c’est ainsi, n’oubliez pas que tout au long de notre sanglante histoire, nous sommes restés collectivement indifférents, voire approbatifs face aux malheurs de ceux de nos compatriotes qui ont subi les pires violences de l’Etat, des tueries, des vies brisées et des destructions innommables ont eu lieu dans notre pays. C’est pourquoi, j’ai dit plus haut, que nous devons exorciser le mal. Je suis donc obligé de réduire la voilure, car certains me répondront avec sarcasme, peut-être avec juste raison, où trouver un million de Guinéens donneurs pour un tel montant? Oui, c’est vrai, à un million, il faudra forcément que des compatriotes à petits revenus participent, or ils sont tellement assailli par les difficultés du quotidien, que même donner 25.000 francs par mois paraîtrait compliqué pour eux. Il faut donc se tourner vers les plus fortunés et passer de 15.000 à 30.000 personnes. Je suis persuadé qu’on trouvera 30.000 Guinéens, résidant en Guinée et à travers le monde, capables de donner 10.000.000 (dix millions de francs) pour atteindre le chiffre de 300 milliards (trois cent milliards de francs). Par expérience, je sais qu’il faut fixer des quotas, notamment pour cette catégorie qui en a la possibilité. L’association ouvrira des comptes dans les banques locales et dans les banques internationales présentes dans les cinq continents.
Cette philanthropie ne sera pas totalement gratuite. En occident, les personnes physiques et morales qui font des dons pour des œuvres de bienfaisance ou d’utilité publique, bénéficient d’exonérations fiscales. De notre côté, lorsqu’on aura un gouvernement responsable, les futurs donneurs de cette opération ne seront pas oubliés. Nous trouverons des moyens pour les récompenser pour cette bonne action humanitaire. C’est une avance qu’ils feront à l’Etat.
Voilà, nous comptons sur 30.000 Guinéens pour donner dix millions de francs chacun sur une période de six mois. Cela n’exclut pas tous les autres qui peuvent donner le peu qu’ils ont en solidarité pour les victimes de l’arbitraire étatique.
Je vous remercie.

Par Alpha Saliou Wann, président de l’AFD

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Classement Fifa : la Guinée est toujours loin du top 10 africain

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La Fédération internationale de football association (FIFA) a publié ce jeudi 16 septembre 2021, son classement mensuel. Le Syli national est toujours loin du top 10 africain.

La Guinée est classée 14ème en Afrique et 76ème au niveau mondial, pour ce mois de septembre.

Sur le contient, le Sénégal (20e  au niveau mondial)  arrive en tête du classement, suivi de la Tunisie (25e), de l’Algérie (30e) du Maroc (33e ) et du Nigeria ( 34e ).

Dans le monde, la Belgique occupe la tête du podium  devant le Brésil (2e ) et l’Angleterre (3e).

Par Issagha Sylla

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Chute d’Alpha Condé : la Guinée sera-t-elle sanctionnée ce jeudi par la Cédéao?

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La Cédéao se réunit, ce jeudi 16 septembre, en sommet extraordinaire pour statuer sur le cas de la Guinée, onze jours après la chute d’Alpha Condé, renversé par un coup d’Etat, dimanche 05 septembre.

La semaine dernière, l’organisation sous-région ale avait suspendu le pays de ses instances. Ira-t-elle plus loin ce jeudi en sanctionnant directement le pays ? L’hypothèse est sur la table. Pour les aider à trancher, les chefs d’États ouest-africains auront entre leurs mains le rapport de la mission qui s’est rendue sur place vendredi dernier.

Dans leur rapport de mission, les émissaires de la Cédéao formulent plusieurs recommandations. D’abord que la transition soit civile ensuite qu’elle soit courte. Les membres de la mission étaient divisés sur sa durée, certains plaidant pour une transition rapide de 6 mois, d’autres pour une parenthèse d’un an. « Mais tout le monde est d’accord qu’on ne doit pas dépasser les 12 mois », assure hors micro un des membres de la mission.

Parmi les autres recommandations figurent la libération des prisonniers et en particulier celle du président déchu Alpha Condé. Ces préconisations seront au centre des débats ce jeudi. Les chefs d’État choisiront-ils en parallèle de sanctionner le pays comme ils l’avaient fait l’an passé pour le Mali après le 1er coup d’État ? L’hypothèse est sur la table mais la question semble faire débat.

« Quelles sanctions vous voulez leur donner au stade où nous en sommes ? », s’interroge un ministre de la région qui pointe la popularité de ce coup d’État. « Sanctionner les militaires, ce serait rendre la Cédéao totalement impopulaire », estime-t-il. Et ce responsable de plaider en conséquence pour une certaine mansuétude histoire « de ne pas encore décrédibiliser l’organisation ». L’idée serait ainsi de ne pas sanctionner les militaires guinéens dans l'immédiat mais plutôt de les menacer de sanctions personnelles et collectives s’ils ne respectaient pas les recommandations de l’organisation sous-régionale.

Le chef de la junte s'adresse à la communauté internationale

Du côté guinéen, le colonel Mamady Doumbouya recevait mercredi le corps diplomatique et consulaire au Palais du peuple à Conakry lors des journées de concertations nationales. L'occasion pour le chef de la junte de délivrer un message à la communauté internationale, à qui il a demandé en quelque sorte de privilégier le pragmatisme.

« Dans notre volonté collective de rebâtir ensemble les fondements de notre nation, nous ne voulons pas commettre les mêmes erreurs du passé. Cette ambition nationale, collective, peut parfois aller à l’encontre des chemins balisés par les principes convenus par les organisations régionales, sous-régionales et internationales. Ceci ne signifie pas que nous nous mettons en dehors des règles. Nous avons besoin de vous à nos côtés pour accompagner le processus sans pression, sans injonction, en faisant primer le réalisme sur la théorie et les principes. La communauté internationale a toujours été au chevet de la Guinée, c’est pourquoi nous avons souhaité vous écouter, entendre vos analyses, recevoir toutes les propositions enrichissantes dans le respect de notre intégrité, de notre dignité et de notre souveraineté. »

Avec RFI

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HRW à la junte : « tout détenu devrait être présenté à un juge, ou relâché »

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Les militaires responsables du coup d’État en Guinée devraient immédiatement rétablir les droits humains fondamentaux, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. Ils devraient s’assurer que les forces de sécurité respectent ces droits, et garantir le traitement à la fois légal et humain du président déchu Alpha Condé et de tout autre individu placé en détention. Tout détenu devrait être présenté à un juge, ou relâché. Les dirigeants du coup d’État devraient également protéger la vie et les biens de tous les Guinéens.

« Les troubles suscités par le récent renversement du gouvernement ne devraient pas créer un vide juridique à l’égard de la protection des droits et des libertés fondamentales », a souligné Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur l’Afrique centrale à Human Rights Watch. « Les nouvelles autorités devraient veiller à ce que les droits humains de tous les Guinéens soient respectés, y compris celui de voter librement aux élections. »

Le 5 septembre 2021, des officiers de l’armée guinéenne de l’autoproclamé Comité national du rassemblement et du développement (CNRD) ont renversé le gouvernement du Président Alpha Condé, âgé de 83 ans, qui avait été réélu en octobre dernier, après un an d’efforts pour s’arroger un troisième mandat malgré la limite constitutionnelle de deux mandats.

Après avoir repris le contrôle de la télévision d’État avec d’autres militaires, le colonel Mamady Doumbouya, le chef des forces spéciales guinéennes, a proclamé la dissolution du gouvernement, des institutions et de la constitution, et imposé un couvre-feu national. Il a déclaré que « la politisation de l’administration publique, la pauvreté et la corruption endémique » avaient conduit ses forces à renverser Condé.

Aux premières heures du 5 septembre, des habitants de Conakry, la capitale guinéenne, ont signalé à Human Rights Watch des tirs nourris près du palais présidentiel, et les médias ont déclaré que des officiers militaires avaient arrêté Condé. Le ministère guinéen de la Défense a annoncé le même jour avoir repoussé une attaque des forces spéciales contre la présidence. Toutefois, une vidéo circulant sur les réseaux sociaux et que Human Rights Watch n’a pas été en mesure d’authentifier, montrait Condé pieds nus assis sur un canapé, apparemment sous la garde de soldats.

Plus tard le 5 septembre, Doumbouya a ordonné au cabinet ministériel d’assister à une réunion obligatoire le 6 septembre, ajoutant que toute refus serait considéré comme un acte de rébellion. Lors de cette rencontre, Doumbouya s’est engagé à former un gouvernement d’union nationale et annoncé une transition sans toutefois en préciser la durée. Il a également déclaré qu’il était interdit aux responsables gouvernementaux de voyager jusqu’à nouvel ordre et qu’ils devaient remettre leurs véhicules officiels à l’armée.

Le 7 septembre, les nouvelles autorités militaires ont remis en liberté 79 prisonniers politiques, dont des dirigeants et des membres du principal parti d’opposition, l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), comme Abdoulaye Bah, et du Front national pour la défense de la Constitution  (FNDC), une coalition d’organisations de la société civile guinéenne et de partis d’opposition, comme Oumar Sylla (alias Foniké Mengué).

Dans les jours ayant suivi l’élection présidentielle d’octobre 2020, les forces de sécurité avaient arrêté plus de 300 dirigeants de l’opposition, partisans et autres personnes perçues comme proches de l’opposition. La plupart d’entre elles étaient restées derrière les barreaux pour des motifs politiques jusqu’au renversement du gouvernement.

Le 7 septembre, les nouveaux dirigeants ont également annoncé la libération d’autres prisonniers dans les semaines à venir. Cependant, des questions subsistent quant à savoir qui peut être qualifié de « prisonnier politique », combien de détenus seront libérés et si des conditions leurs seront imposées. En vertu du droit international des droits de l’homme, personne ne devrait être détenu en l’absence de base juridique claire et tous les détenus ont droit à une procédure régulière et à être traités avec humanité. Tout détenu devrait être présenté à un juge dans les 48 heures ou remis en liberté, a déclaré Human Rights Watch.

« La libération des prisonniers politiques est une bonne étape, et je m’en félicite, mais cela signifie-t-il que les nouvelles autorités militaires respecteront les droits humains et agiront différemment ? », a déclaré à Human Rights Watch un défenseur des droits humains à Conakry. « Serons-nous, le peuple guinéen, libres de descendre dans la rue et de manifester ? Aurons-nous le droit de dire ce que nous voulons, de critiquer et de défier le gouvernement ? »

Célébré comme le premier président guinéen librement élu depuis l’indépendance en 1958, Condé est arrivé au pouvoir en 2010 avec le soutien populaire, laissant espérer que les graves problèmes de droits humains et de gouvernance qui avaient mis en évidence des décennies d’abus en Guinée pourraient être résolus. Pourtant, malgré des gains et un développement économiques significatifs, son gouvernement a été visé par des allégations généralisées de corruption, une exacerbation des tensions ethniques et une répression de plus en plus brutale de ses opposants.

Après quelques progrès initiaux, les démarches pour obtenir justice pour le massacre et les viols de manifestants perpétrés le 28 septembre 2009 par les forces de sécurité guinéennes, sont restées lettre morte.

Le droit international est clair sur la nécessité d’une justice pour les crimes graves et impose aux États l’obligation d’offrir aux victimes d’atteintes aux droits humains un recours effectif. Des poursuites justes et crédibles pour les crimes graves sont également un moyen essentiel de fournir des réparations et de rétablir le respect de l’état de droit. Tant l’ONU que la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples ont des dispositions contre l’extension des amnisties aux crimes graves, renforçant l’importance de la justice pour ce type de crimes, a rappelé Human Rights Watch.

Les attaques violentes des forces de sécurité contre les Guinéens ordinaires ont été monnaie courante sous l’administration Condé, y compris l’usage excessif de la force lors des manifestations dirigées par l’opposition, mais aucun membre de l’armée n’a été jugé pour ces attaques.

Avant et pendant la tenue du référendum constitutionnel, qui a permis à Condé de se présenter pour un troisième mandat, et des élections législatives du 22 mars 2020, les forces de sécurité ont violemment réprimé les partisans de l’opposition à Conakry et dans d’autres villes de Guinée, tuant au moins huit personnes, dont deux enfants, et en blessant plus de 20 autres. Ils ont également échoué à protéger la population des violences électorales et intercommunautaires et se sont livrées à des violations des droits humains à Nzérékoré, dans le sud-est de la Guinée, au cours de la même période. Au moins 12 personnes ont été tuées dans des affrontements entre les forces de sécurité et des partisans de l’opposition lors des élections d’octobre 2020. Plus de 300 ont été arrêtés arbitrairement et au moins quatre d’entre eux sont morts en détention entre novembre 2020 et janvier.

La communauté internationale a largement critiqué le renversement du gouvernement perpétré le 5 septembre. L’ONU, l’Union africaine, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la France et les États-Unis ont tous condamné le coup d’État, appelant à un rétablissement d’un régime démocratique. Le 7 septembre, lors d’un sommet virtuel, les dirigeants de la CEDEAO ont décidé de suspendre la Guinée, appelant au retour à l’ordre constitutionnel et à la libération immédiate de Condé.

En Guinée, le FNDC a publié deux déclarations les 5 et 8 septembre, prenant note des déclarations du CNRD et affirmant que le gouvernement de Condé était illégitime et anticonstitutionnel. Le leader de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, a déclaré aux médias qu’il n’était pas opposé au renversement du gouvernement, le qualifiant d’« acte patriotique ».

Dans une déclaration en date du 7 septembre, l’Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme (OGDH) a appelé au respect des droits et libertés des citoyens et à un dialogue inclusif qui permettrait le retour à l’ordre constitutionnel.

« La libération des prisonniers politiques est une évolution positive, mais elle devrait s’accompagner d’autres mesures pour protéger les droits humains, notamment des élections crédibles », a conclu Ilaria Allegrozzi. « Les nouvelles autorités devraient immédiatement relâcher toute personne détenue illégalement, garantir la discipline au sein des forces de sécurité et adresser un message vigoureux selon lequel les violations des droits humains sont interdites et seront sanctionnées à la mesure de leur gravité. »

Source : Human Rights Watch

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