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À la recherche de diamants dans les exploitations artisanales de Bobi, dans la région de Séguéla, en Côte d'Ivoire. (USAID/Sandra Coburn)

Ils extraient des diamants tout en servant la collectivité

L’extraction de diamants n’a pas à être incompatible avec la protection de l’environnement : en Côte d’Ivoire, des petits mineurs artisanaux le prouvent en utilisant une technique qui leur permet aussi de vendre plus de diamants et de rendre service aux habitants.

Le procédé a été lancé dans le cadre d’un projet financé par les États-Unis qui vise à améliorer l’exploitation minière dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.

« C’est ce travail qui me permet de vivre », explique M. Namata Sany, mineur artisanal ivoirien, dans une interview avec l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), l’organisme responsable du projet.

Équipés généralement d’outils rudimentaires, ce qui limite leur productivité, les mineurs artisanaux se cantonnent à l’exploitation à ciel ouvert et à l’extraction alluviale. Ils extraient ce qu’ils peuvent au plus vite et vendent les diamants rapidement pour pouvoir se déplacer vers d’autres sites. Tout cela se fait bien souvent au détriment de l’environnement. Résultats : les habitants des environs n’ont plus d’endroit où puiser de l’eau, cultiver et vivre en sécurité.

Quand ils opèrent en dehors des circuits commerciaux officiels, les mineurs artisanaux sont souvent forcés de vendre leurs pierres précieuses à des prix artificiels extrêmement bas. Pourquoi ? Parce que les pierres dont l’origine n’est pas transparente sont interdites sur le marché international.

Pour protéger à la fois le gagne-pain des mineurs et l’environnement, l’USAID a lancé un projet donnant aux mineurs artisanaux accès à une chaîne légale d’approvisionnement en diamants.

Voilà comment cela fonctionne en Côte d’Ivoire : tout d’abord, le projet s’efforce de garantir aux mineurs des droits de propriété sur des terres pour qu’ils puissent y rechercher des pierres précieuses. Munis de papiers officiels, les mineurs peuvent vendre leurs diamants à des prix plus élevés. Et comme ils sont dorénavant propriétaires, ils ont une bonne raison de veiller à ne pas trop dégrader l’environnement.

Ensuite, les mineurs collaborent avec le personnel de l’USAID pour établir des mines viables. Ils stockent les matériaux rejetés de façon à éviter que les ruissellements ne contaminent les rivières environnantes.

Une ère nouvelle

La production de diamants a pris de l’ampleur en Côte d’Ivoire. De 2005 à 2014, la communauté internationale n’a pas pu importer légalement de diamants de ce pays à cause d’une guerre civile qui a créé un marché pour les diamants de guerre. Les groupes rebelles se servaient des pierres précieuses pour financer l’achat d’armes et promouvoir la violence. Mais aujourd’hui, de plus en plus de mineurs travaillent dans le cadre d’un système de certification.

Pour certifier que leurs diamants ne sont pas des diamants de guerre, ils doivent les faire vérifier en se conformant à des procédures internationales reconnues,  généralement le processus de Kimberley ou le Guide sur le devoir de diligence créé par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Après la guerre civile, personne ne savait ce qui allait advenir des mineurs artisanaux du pays, explique Terah DeJong, de l’USAID, qui a travaillé avec des partenaires internationaux pour donner aux mineurs artisanaux la possibilité d’exporter.

« Et cela a eu comme effet immédiat de finaliser la chaîne de contrôle légale et de permettre aux diamants d’être écoulés comme il se doit », souligne M. DeJong.

Le projet a également permis aux communautés de mineurs de convertir d’anciens sites miniers en mares à poissons, en terres à cultivables et en zones d’apiculture.

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