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Guinée : un barrage cause des déplacements aux effets dévastateurs ( HRW )

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Le gouvernement guinéen a omis de fournir des terres agricoles, une compensation adéquate et d’autres formes de soutien suffisantes aux personnes déplacées par le barrage hydroélectrique de Souapiti, ce qui a dévasté les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire de milliers de personnes, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport rendu public aujourd’hui. Le barrage fait partie de l’Initiative Ceinture et Route (Belt and Road Initiative, BRI), un investissement de plus de 1 000 milliards de dollars US du gouvernement chinois dans les infrastructures d’environ 70 pays, qui a financé des projets hydroélectriques à grande échelle en Afrique, en Asie et en Amérique latine.

Le rapport de 60 pages, intitulé « ‘‘Nous devons tout abandonner’’ » : Impact du barrage de Souapiti sur les communautés déplacées » révèle que les communautés réinstallées, contraintes de quitter leurs foyers et leurs terres agricoles ancestrales, peinent à nourrir leurs familles, à rétablir leurs moyens de subsistance et à vivre dignement.

Le barrage de 450 mégawatts, qui selon le gouvernement guinéen améliorera considérablement l’approvisionnement en électricité du pays, provoquera le déplacement d’environ 16 000 personnes et inondera 253 kilomètres carrés de terres. Le gouvernement a déplacé une cinquantaine de villages en 2019 et a annoncé son intention d’en déplacer des dizaines d’autres en 2020.

« Le besoin urgent de la Guinée en électricité plus fiable ne devrait pas être une excuse pour porter atteinte aux droits des personnes déplacées par le barrage de Souapiti », a déclaré Yasmin Dagne, chercheuse auprès de la division Afrique de Human Rights Watch. « Le gouvernement guinéen devrait veiller à ce que les communautés déplacées aient accès aux terres et aux ressources dont elles ont besoin pour refaire leurs vies. »

Le rapport s’appuie sur plus de 90 entretiens conduits dans 15 villages touchés par le barrage, ainsi que sur des entretiens avec des responsables gouvernementaux impliqués dans le processus de réinstallation. Human Rights Watch a également recouru à une imagerie satellite pour cartographier les inondations provoquées par le barrage et l’emplacement des localités concernées.

La construction a commencé en 2015 et le barrage devrait commencer à produire de l’électricité plus tard cette année. Il s’agit d’un partenariat public-privé entre le gouvernement guinéen et la China International Water and Electric Corporation (CWE), une filiale de la société d’État China Three Gorges Corporation, qui construit le barrage et sera la détentrice et l’opératrice conjointement avec le gouvernement guinéen. La Banque d'exportation et d'importation de Chine (China Eximbank), qui a accordé des prêts de plus de 150 milliards de dollars pour soutenir les projets de la BRI, finance le barrage grâce à un prêt de 1,175 milliard de dollars au gouvernement guinéen.

Le ministère de l’Énergie gère la construction, y compris le processus de réinstallation, par le biais d’une agence appelée Projet d’Aménagement Hydroélectrique de Souapiti (PAHS). Le plan initial du barrage aurait déplacé 48 000 personnes, mais le gouvernement a décidé de réduire la hauteur du barrage, et donc celle de son réservoir, en vue de réduire le nombre de personnes à réinstaller.

Le déplacement reste cependant le plus important de l’histoire de la Guinée depuis l’indépendance de ce pays et modifie considérablement le tissu social de la région. « Des familles élargies sont déchirées », a déclaré un habitant. « À chaque fois que nous avons quelque chose à fêter ou que nous devons faire un deuil en famille, la distance se fait sentir. »

Le réservoir de Souapiti inonde également une vaste zone de terres agricoles, dont environ 42 kilomètres carrés de cultures et plus de 550 000 arbres fruitiers. De nombreuses personnes déplacées ont du mal à nourrir leurs familles. « Nous sommes fragiles comme des œufs à cause de la souffrance qui règne ici », a estimé un leader communautaire réinstallé en 2019. « Ce n’est que grâce à Dieu que nous survivons. »

 

Le PAHS n’offre pas de terrains agricoles de substitution aux populations déplacées, mais a affirmé qu’il les aiderait à cultiver leurs terrains restants de façon plus intensive et à trouver de nouvelles sources de revenus comme la pêche. Les habitants déplacés, cependant, n’ont encore reçu aucune assistance de ce type. « Nous ne demandons rien d’extraordinaire. Préparer le terrain pour que nous puissions poursuivre nos activités, une zone de pâturage pour élever notre bétail. Tenir les promesses qui ont été faites », a affirmé le président du district de Tahiré, qui englobe plusieurs villages réinstallés en juin 2019.

 

Le PAHS a affirmé à Human Rights Watch qu’« [il] est en train de redoubler d’efforts pour investir sur la restauration des moyens de subsistance dans les prochains mois, et ce, pour les années à venir ». L’agence a également affirmé offrir aux habitants de la nourriture dans les mois qui suivent leur relocalisation ainsi qu’une indemnisation pour les arbres et les cultures qui poussaient sur les terrains inondés, mais elle ne fournit aucun paiement compensant la valeur du terrain lui-même.

Des habitants de tous les villages visités par Human Rights Watch ont déclaré s’être plaints auprès des représentants du PAHS ou de l’administration locale concernant le processus de réinstallation, mais qu’ils n’avaient reçu aucune réponse, ou que les réponses qui leur avaient été faites étaient sans rapport avec leurs préoccupations. Le PAHS a confié à Human Rights Watch qu’il avait « pris du retard » dans la mise en place d’une politique officielle relative aux réclamations, et qu’il ne l’avait fait qu’en septembre 2019, alors que 50 villages avaient déjà été déplacés.

Le processus de réinstallation défectueux lié à la construction du barrage de Souapiti prouve également la nécessité, pour les sociétés chinoises, les banques chinoises et leurs ministères de tutelle, de garantir que les projets BRI et les autres investissements chinois à l’étranger respectent les droits humains. CWE, dans un message électronique adressé à Human Rights Watch, a affirmé que le processus de réinstallation est à la charge du gouvernement de la Guinée mais a indiqué qu’en tant qu’actionnaire dans le projet de Souapiti, la compagnie « participe à la réinstallation et joue un rôle de superviseur ». China Eximbank n’a pas répondu à une lettre de Human Rights Watch.

Pour résoudre les problèmes profonds posés par le processus de réinstallation, le PAHS, avec le soutien de CWE, devrait travailler en étroite collaboration avec les communautés déplacées pour s’assurer qu’elles reçoivent des terrains, des indemnisations, des formations, des crédits et toute autre assistance dont elles ont besoin pour rétablir leurs moyens de subsistance et leurs revenus. Dans l’intervalle, l’agence devrait veiller à ce que chaque famille des communautés déplacées ait accès à des vivres en quantité adéquate.

Le PAHS et la CWE devraient également œuvrer, avec d’autres agences gouvernementales, à l’élaboration d’un plan pour garantir l’approvisionnement en eau potable, l’assainissement et des services de santé continus et suffisants pour les personnes déplacées, plan particulièrement important en raison de la menace supplémentaire que fait peser la pandémie mondiale de COVID-19.

« Les entreprises d’État chinoises et les banques impliquées dans la BRI ne peuvent se défausser sur les gouvernements nationaux de la responsabilité des incidences négatives sur les droits humains », a conclu Jim Wormington, chercheur senior auprès de la division Afrique de Human Rights Watch. « Elles devraient travailler en étroite collaboration avec les autorités nationales pour veiller à ce que les communautés soient bénéficiaires et non victimes du développement d’infrastructures à grande échelle. »

Lire le rapport ici.

 

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Soulay Thiâ’nguel remporte le prix RFI Théâtre 2020

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L'auteur guinéen Souleymane Bah dit  Soulay Thiâ'nguel  vient de remporter  le prix RFI Théâtre 2020.

Il a gagné ce trophée pour sa dernière pièce « La Cargaison » écrite durant le confinement en France en mars dernier.

Une véritable danse macabre dont les personnages sont des morts en mal de sépulture, des corbillards fatigués de faire leur boulot, des balles se plaignant de loger dans des corps, des cimetières las de recevoir des dépouilles.

Source : RFI

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Des toilettes publiques pour Ninguelandé, un projet d’une association locale

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L’Union des Jeunes  de Ninguelandé pour le Développement (UJND) envisage de doter des latrines publiques à cette sous-préfecture située dans la préfecture de Pita, en moyenne Guinée.

Pour venir en aide à la communauté, l’association vient de lancer un projet de construction des latrines publiques dans cette commune rurale d’environ 35.000 habitants.

« La mise en place de ce projet n'est pas des moindres, car il résout un certain problème d'hygiène publique et lutte contre les périls fécaux facteurs de plusieurs parasitologies », a expliqué à notre rédaction, Dr Alpha Oumar Diallo, président de l’UJND.

Le coût de ce projet communautaire est estimé à 50.956.210 GNF, a-t-il précisé.

Pour y parvenir, l’association sensibilise les ressortissants de la sous-préfecture pour collecter l’argent nécessaire.

Par Guinee28

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Massacre du 28 septembre : les Etats-Unis, la France et l’UE réclament un procès dans les plus brefs délais

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Malgré l’engagement des autorités guinéennes, la justice se fait toujours attendre, onze ans après le massacre du 28 septembre 2009, au stade du même nom, à Conakry. Face à cette situation qui ronge les familles des victimes et les organisations de défenses de droits de l’homme, les Etats-Unis, la France et l’Union Européenne ont appelé le gouvernement guinéen à  tenir un procès ‘’dans les plus brefs délais’’, dans un communiqué conjoint.

« Nous exhortons le gouvernement guinéen à  tenir un procès dans les plus brefs délais afin que les responsables de ce crime odieux répondent de leurs actes devant un tribunal. Le fait de veiller à ce que le système rende justice à ces victimes ainsi qu’à tous ceux ayant souffert d’autres actes de violences politiques, démontrera l’engagement du gouvernement guinéen à promouvoir la paix, à rejeter toutes les formes de violences et à défendre l’Etat de droit »

Le 28 septembre 2009, peu avant midi, plusieurs centaines d’agents des forces de sécurité ont ouvert le feu sur des dizaines de milliers de personnes rassemblées pacifiquement au stade du 28 septembre, pour protester contre l’intention de Moussa Dadis Camara, alors chef de la junte au pouvoir, de se présenter à l’élection présidentielle, tuant ainsi plus de 150 personnes.

Les forces de sécurité ont également violé des femmes, individuellement ou collectivement, y compris au moyen d’objets tels que des matraques ou des baïonnettes.

Elles se sont ensuite attelées à une opération organisée de dissimulation, dans le but de cacher l’ampleur des tueries, en bouclant tous les accès au stade et aux morgues et en emportant les corps pour les enterrer dans des fosses communes, dont beaucoup doivent encore être identifiées.

L’enquête menée par des juges d’instruction guinéens, ouverte en février 2010 a été  bouclée fin 2017.

En avril 2018, un comité de pilotage chargé d’organiser le procès avait été mis en place par l’ancien ministre de la Justice, Cheick Sako. Ce comité a décidé qu’il se tiendrait à la Cour d’appel de Conakry. Mais, plus de deux ans après la clôture de l’enquête, la date du procès n’est toujours pas fixée.

Plus de 13 suspects ont été inculpés dans ce dossier, dont Moussa Dadis Camara, l’ancien chef de la junte appelée Conseil national pour la démocratie et le développement,( CNDD) ainsi que son vice-président, Mamadouba Toto Camara.

Plusieurs individus inculpés de charges liées aux homicides et aux viols occupent toujours des postes d’influence, y compris Moussa Tiégboro Camara, Secrétaire général chargé des Services spéciaux de lutte contre le grand banditisme et les crimes organisés.

L’aide de camp de Dadis Camara, Abubakar « Toumba » Diakité, a également été inculpé. Il a été extradé vers la Guinée en mars 2017, après plus de cinq ans de cavale.

Quatre autres individus sont en détention à la Maison Centrale de Conakry, respectivement depuis 2010, 2011, 2013 et 2015 dans le cadre de l’affaire.

Mais leur détention provisoire est jugée illégale par les ONG de défense des droits humains, « dans la mesure où elle excède la durée maximale prévue par la loi guinéenne, soit 18 à 24 mois en matière criminelle, en fonction du chef d’inculpation ».

Par Alpha Diallo

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