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Des policiers et gendarmes guinéens font face à des manifestants à Conakry le 6 février 2018, lors d’une manifestation concernant les résultats contestés d’élections locales. En juillet 2018, le gouvernement guinéen a imposé une interdiction générale de manifester dans le pays, invoquant les risques à la sécurité publique. © 2018 Cellou Binani /AFP/Getty Images

Guinée : « le pouvoir instrumentalise la crise sanitaire pour museler l’opposition »

Alors que plusieurs responsables et membres du front national pour la défense de la Constitution de mai 2010 (FNDC) croupissent en prison, les avocats internationaux de ce collectif ont accusé le régime d’Alpha Condé d’instrumentalisé la crise sanitaire de la pandémie de coronavirus pour museler l’opposition.

« Le Parlement européen a déploré les violences actuelles dans le pays et condamné fermement les atteintes à la liberté de réunion et d'expression ainsi que les actes de violence. L'ONU, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) et de nombreuses organisations internationales, dont Human Rights Watch, Amnesty…, ont exprimé unanimement de très graves inquiétudes en plus de celles relayées par le FNDC. Malgré tout, le pouvoir se montre totalement inflexible, ce qui est profondément préoccupant », ont dénoncé Mes William Bourdon et Vincent Brengarth dans un entretient avec le point Afrique.

Pour ses avocats du collectif de l'opposition qui a signalé à la CPI des atteintes aux droits de l'homme, plus la Guinée s'isole, plus le risque d'une intensification de la dérive autoritaire s'accroît.

«  Le régime refuse désormais sciemment de rendre des comptes et, actuellement, instrumentalise la crise sanitaire pour museler l'opposition » ont ils accusé, estimant que « ce cercle vicieux doit cesser ».

Face à la volonté prêté au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat avec le changement controversé de la constitution en mars dernier, ces avocats, citant la chute de certains régimes africains devant la contestation populaire, comme Robert Mugabe au Zimbabwe; Abdelaziz Bouteflika en Algérie; ou encore Blaise Compaoré au Burkina Faso, ont rappelé que ‘’l'Histoire enseigne donc que les « petits arrangements » avec la Constitution (nombre de candidats, de mandats, âge limite…) n'ont pas toujours profité à leurs instigateurs’’.

Nous conservons donc l'espoir d'une prise de conscience d'Alpha Condé, disent-t-ils, ajoutant que le pays doit à tout prix se prémunir de basculer dans la guerre civile.

« Même si ses déclarations laissent peu de doutes sur ses intentions, Alpha Condé s'honorerait de compter parmi ceux qui ont su renoncer au goût du pouvoir pour lui préférer l'intérêt général. Ce sont ces dirigeants, et ces dirigeants uniquement, que l'Histoire retiendra. » Ont-t-ils estimé

Par Abdoulaye Diallo

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