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Guinée : la lutte contre l’impunité reste un défi (chercheur)

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La justice guinéenne engage des poursuites contre 27 anciens hauts responsables dont l’ex-chef de l’Etat Alpha Condé pour la répression de manifestants. Dans un entretien avec APA, Fabien Offner, chercheur français, spécialiste de la Guinée à Amnesty, salue cette décision même s’il reste vigilant avec la junte qui boucle son 8e mois à la tête du pays.


Amnesty a dénoncé la répression sanglante des manifestants contre le troisième mandat d'Alpha Condé. Aujourd'hui, la justice a décidé de le poursuivre ainsi que d'autres anciens dignitaires de son régime pour « assassinats . Comment appréciez-vous cette mesure ?

Effectivement, nous avons pris connaissance du déclenchement de poursuites judiciaires contre un certain nombre de dignitaires de l'ancien régime dont l'ancien président Alpha Condé, mais aussi l'ancien Premier ministre, l'ancien président de l'Assemblée nationale, des hauts gradés de la police et de la gendarmerie, des députés, entre autres. On rappelle tout simplement qu'Amnesty International a, à maintes reprises, appelé de ses vœux pour que de telles poursuites judiciaires soient déclenchées sur tous les cas de violation des droits humains commis depuis octobre 2019. C'est-à-dire depuis les premières manifestations contre le changement constitutionnel. Il faut rappeler qu'il y avait des dizaines de morts, présumément des personnes tuées à la suite d'un usage illégal de la force par les forces de défense et de sécurité. Il y a également des dizaines de personnes qui ont été détenues arbitrairement. Certains sont morts en prison. Des manifestations ont été interdites à de nombreuses reprises contrairement au droit international dans un certain nombre de cas. Donc effectivement, nous attendons que ces poursuites judiciaires se déclenchent et se fassent dans les plus brefs délais. Nous réitérons également l'appel pour que les suspects soient jugés dans le cadre de procès équitables devant des tribunaux impartiaux.

Au plan politique, le chef de la junte a proposé 39 mois de transition rejetés par l'opposition. Craignez-vous de nouvelles manifestations pouvant déboucher sur des violations des droits humains ?

Il est difficile de dire si les décisions politiques peuvent entraîner des violations de droits humains. Ce que l'on sait, sous le régime d'Alpha Condé et même bien avant, il y a une question essentielle en Guinée qui reste pour le moment inchangé. C'est la question de la lutte contre l'impunité, et notamment la question de l'usage excessif de la force. A maintes reprises, des personnes ont été tuées ou blessées par les forces de défense et de sécurité en faisant usage d'armes à feu et de balles réelles pour réprimer certaines manifestations. On ne peut espérer qu'un vrai changement de pratique dans le maintien de l'ordre en Guinée. Et plus largement, nous espérons que la lutte contre l'impunité va revenir au centre des préoccupations et des priorités du pouvoir guinéen. C'est ce qu'ont expliqué les nouvelles autorités, en affirmant que la justice doit être la boussole des Guinéens et du nouveau pouvoir. Pour le moment, nous attendons toujours de voir. Il y a eu des annonces sur les procès du massacre du 28 septembre 2009. Pour le moment, malheureusement, rien n'a encore bougé de façon concrète. Donc les enjeux et les attentes restent pour le moment les mêmes en Guinée quel que soit le pouvoir en place.

Le pouvoir en place est le fruit d'un coup d'Etat. Mais est-ce qu'il se démarque des autres régimes par rapport au respect des droits humains ?

Le coup d'Etat a eu lieu le 5 septembre 2021. Il y a eu ensuite une période évidemment beaucoup plus calme que celle plus mouvementée des dernières années du régime Alpha Condé. Elles se sont caractérisées par des détentions arbitraires, un grand nombre de personnes décédées dans les rues de Conakry suite à un usage excessif de la force présumé et un certain nombre de blessés graves qui sont toujours à Conakry. On en a rencontrés certains qui sont paraplégiques, en fauteuil roulant. C'est une situation qui est loin d'être réglée pour les victimes des tirs.

Jusqu'à présent, ce qu'on constate c'est la création de la Cour de répression des infractions économiques et financières (Crief). Elle a donné lieu à un certain nombre d'arrestations. Il faut seulement espérer que cela soit fait dans un cadre légal, totalement conforme aux normes internationales et que la justice ne soit pas instrumentalisée.

Nous avons également espoir que le procès du massacre du 28 septembre 2009 démarre enfin. Et de ce point de vue, c'est pour le moment la déception. On note également que, jusqu'à preuve du contraire, les manifestations sont toujours interdites en Guinée. Ce qui demeure un problème. Il faudra analyser en quoi la pandémie de Covid-19 demeure aujourd'hui un frein à l'autorisation des nouvelles manifestations. Et si cette situation devrait durer, il faudrait justifier cette mesure d'interdiction qui risque d'être un objet de crispation entre le pouvoir en place et certains acteurs politiques. Donc, la situation demeure assez fragile. C'est difficile de voir dans quel sens le vent va tourner, surtout après l'annonce du chronogramme de la transition. Mais évidemment, Amnesty International comme toutes les organisations guinéennes de défense des droits humains, va maintenir la même vigilance avec le pouvoir actuel comme cela a été le cas lors des années précédentes.

Par APA

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Football : la CAN 2025 officiellement retirée à la Guinée

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La Coupe d’Afrique des nations 2025 n'aura pas lieu en Guinée.

Le président de la Confédération africaine de football (CAF) l’a notifié aux autorités guinéennes, ce 30 septembre 2022 à Conakry.

« Pour la CAN 2025, la décision a été prise de ne pas continuer avec la Guinée parce que les infrastructures, malgré le grand effort déployé par les autorités, ne sont pas au niveau pour que la compétition puisse s'y dérouler. Il a été décidé de rouvrir l'appel à candidature pour la CAN 2025 », a indiqué Patrice Motsepe lors d'une conférence de presse.

Par I.Sylla 

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Nord Mali : affrontement meurtrier entre soldats maliens et mercenaires russes

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Au moins deux militaires maliens ont été tués lors d’une bagarre avec des hommes de la société militaire privée russe qui a dégénéré, le 27 septembre, dans le camp militaire de cette localité du Nord-Est, proche du Niger.

D'après "Jeune Afrique" qui rapporte l’information,  les soldats maliens acceptent de moins en moins les règles qui leur sont fixées par les hommes de Wagner – et notamment celle qui consiste à leur prendre régulièrement leurs téléphones.

Mardi dernier, l’un d’entre eux a refusé de donner le sien à un mercenaire. Le ton est alors vite monté puis une violente bagarre a éclaté : des armes ont été dégainées et des coups de feu ont été tirés, le tout devant de nombreux témoins. Bilan : deux morts dans les rangs des Fama et neuf blessés, dont un membre de Wagner et des civils qui étaient présents dans le camp.

Une réunion de crise a depuis eu lieu à l’état-major pour faire le point sur cette affaire et éviter qu’elle ne s’ébruite. Au camp d’Ansongo, la tension reste vive entre les militaires maliens et les mercenaires de Wagner, qui vivent dans le même lieu mais chacun de leur côté.

Guinee28

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Massacre du 28 septembre : ce que dit le rapport d’enquête de l’ONU sur Toumba

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Alors que le procès du massacre du 28 septembre s’est ouvert ce mercredi à Conakry, la rédaction de guinee28 a décidé de republié en série le rapport d'enquête de l’ONU sur cette tragédie. Après le Capitaine Dadis Camara, voici ce que dit le rapport d’enquête sur Toumba Diakité.

Lisez: 

  1. La Commission dispose d’éléments suffisants engageant la responsabilité pénale directe du lieutenant Aboubacar Sidiki Diakité (dit Toumba), voire une responsabilité de commandement, pour les faits qui se sont produits dans le contexte de l’attaque du 28 septembre et les jours suivants.
  2. Le lieutenant Toumba est le commandant de la garde rapprochée du Président et l’aide de camp de celui-ci. II a confirmé devant la Commission avoir reçu directement du Président l’ordre de se rendre au stade, afin de protéger les leaders politiques, de vérifier si des militaires se trouvaient là-bas en dépit des ordres donnés et, le cas échéant, de les faire rentrer au camp. Il a affirmé être parti au stade avec huit hommes uniquement et avoir sauvé les leaders politiques de leurs assaillants, qu’il n’a pu identifier. Il n’a pas entendu de tirs au stade, n’a vu aucun cadavre et affirme n’avoir été témoin d’aucune violence sexuelle, précisant que « personne n’aurait pensé à toucher une femme».
  3. La Commission a toutefois reçu des centaines de témoignages selon lesquels le lieutenant Toumba était présent au stade et que la plupart des violations les plus sérieuses ont été commises par les bérets rouges en la présence et sous le commandement du lieutenant Toumba. Plusieurs témoins ont constaté que la violence au stade a commencé au moment où le lieutenant Toumba est arrivé. La Commission a aussi confirmé que ce dernier a personnellement participé à certaines attaques, notamment à celles dirigées contre certains leaders politiques, et a tiré à bout portant sur des manifestants. Un témoin a aussi rapporté que le lieutenant Toumba a dit « Personne ne sort vivant. Il faut les tuer tous. Ils pensent que c’est la démocratie ici », tandis qu’il tirait sur des manifestants dans le stade. Un témoin a par exemple décrit que, lorsque le lieutenant Toumba faisait un signe de la main, ses hommes commençaient à tirer et qu’après une communication (par téléphone ou par radio) il a ordonné à ses subordonnés de ne pas tirer. L’aide de camp du lieutenant Toumba qui fait office d’adjoint, le sous-lieutenant Marcel Koivogui, a été vu par plusieurs personnes en train de tirer sur la foule, tandis que des témoins affirment que le lieutenant Toumba contrôlait ses hommes dans le stade. De même, en présence du lieutenant Toumba, le chauffeur du Président, Sankara Kaba, a tiré en direction de Cellou Dalein Diallo et blessé son garde du corps qui s’est interposé.
  4. La Commission estime ainsi qu’il existe une présomption suffisante de responsabilité pénale directe du lieutenant Toumba dans les crimes commis lors des événements du 28 septembre et des jours suivants.
  5. La Commission a pu confirmer que le lieutenant Toumba est entré dans le stade au même moment que les hommes sous son contrôle. L’organisation et la coordination entre les forces de sécurité durant l’attaque, décrites aux paragraphes 180 à 200 ci-dessus, démontrent le degré de
  6. La présence du lieutenant Toumba au stade et en différents endroits après les événements survenus dans l’enceinte du stade indique qu’il savait ou, du moins, pouvait savoir que ses subordonnés étaient responsables des crimes décrits dans le rapport. Non seulement le lieutenant Toumba n’a rien fait pour empêcher la perpétration de ces crimes, mais il a même directement participé à leur exécution.
  7. La Commission conclut dès lors de ce qui précède qu’il existe de sérieux motifs de présumer également, en sus de la responsabilité individuelle et personnelle du lieutenant Toumba, une responsabilité subsidiaire en sa qualité de chef militaire.

A suivre, la publication du cas du commandant Moussa Tiégboro Camara

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