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Société & Faits Divers

Guinée : Human Rights Watch appelle à protéger la vie privée des utilisateurs de téléphone

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Le gouvernement guinéen devrait veiller à ce que les entreprises de télécommunications ne soient pas tenues de transmettre en masse les données personnelles des utilisateurs de téléphone portable, a déclaré Human Rights Watch hier dans une lettre adressée au Premier Ministre Mamady Youla. Le gouvernement devrait prendre des mesures pour s’assurer que toute ingérence dans la vie privée des utilisateurs de téléphone soit conforme aux principes de nécessité et de proportionnalité et clairement définie dans la loi.

Le 6 janvier 2016, l’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications (ARPT) guinéenne a adressé un courrier à quatre grands opérateurs de téléphonie mobile pour leur faire savoir qu’elle envisageait de « mettre en place un centre de contrôle et de suivi du trafic (voix et données) » afin de vérifier les recettes des prestataires de services à des fins d’évaluation fiscale. Un tel centre, selon sa configuration, pourrait également permettre un accès aux données personnelles.

« Bien que les gouvernements doivent effectivement être en mesure d’appliquer les réglementations fiscales, cela ne devrait pas se faire au détriment du droit à la vie privée », a déclaré Cynthia Wong, chercheuse senior sur l’Internet à Human Rights Watch. « L’ARPT ne devrait instaurer aucun système qui lui permette d’accéder aux informations personnelles sensibles des clients. »

Dans une lettre datée du 19 janvier, trois opérateurs ont déclaré qu’ils n’accéderaient pas à cette demande sans en connaître plus clairement les objectifs et la base juridique. Des représentants de l’ARPT ont déclaré à Human Rights Watch que les informations étaient uniquement demandées à des fins fiscales et qu’ils rencontreraient les opérateurs des entreprises de téléphonie pour tenter de résoudre ce problème. Human Rights Watch a reçu des informations selon lesquelles deux de ces entreprises ont convenu d’accéder à la demande du gouvernement.

Le système que le gouvernement se propose de mettre en place, s’il est relié directement aux réseaux et aux systèmes de facturation des entreprises de télécommunications, pourrait permettre au régulateur de surveiller l’intégralité du trafic voix et données et, en cas d’utilisation abusive, procurer à l’opérateur, au régulateur et éventuellement à d’autres départements gouvernementaux un accès détourné aux fichiers d’appels des clients.

Dans le cadre de la mise en œuvre du nouveau système, l’ARPT a également demandé à accéder à certaines parties des fichiers binaires des entreprises – connus sous le nom de « CDR » – pour le mois de décembre 2015, ainsi qu’au document technique nécessaire au décodage des AIR CDR.

Bien que les CDR ne révèlent pas la teneur d’un appel téléphonique, ils peuvent inclure les numéros de téléphone des deux parties à l’appel, l’heure, la date et la durée de l’appel et même le lieu approximatif où se trouvaient ces parties. Ces données peuvent révéler des informations sensibles sur les contacts et les déplacements d’une personne, surtout lorsque ces données sont cumulées. En effet, cette information peut souvent être plus révélatrice de la vie privée d’une personne que ne l’est le contenu de ses conversations à proprement parler.

Bien que les gouvernements doivent effectivement pouvoir appliquer les réglementations en vigueur dans le domaine fiscal et des télécommunications, les demandes de documents ne devraient pas affecter de manière disproportionnée le droit à la vie privée et d’autres droits connexes. Si la collecte de ces données a d’autres finalités, par exemple la sécurité nationale ou l’application des lois, toute demande gouvernementale devrait exiger une supervision judiciaire et une justification spécifique et ne devrait cibler que les individus soupçonnés de méfaits.

Le gouvernement guinéen devrait clairement faire savoir si, suite à la demande de fichiers binaires adressée aux opérateurs, l’ARPT, ou toute autre agence gouvernementale, a obtenu ou obtiendra des informations sensibles relatives aux clients. Toute information sensible relative aux clients qui a été acquise suite à la demande du 6 janvier devrait être supprimée.

Avant de procéder à d’autres demandes de fichiers d’appels ou d’avancer dans l’instauration d’un système de contrôle centralisé, le gouvernement devrait veiller au respect des principes de nécessité et de proportionnalité de toute méthode employée pour vérifier les recettes fiscales et empêcher la fraude et impliquant une ingérence dans la vie privée. Le gouvernement devrait également s’assurer que toute mesure prise afin d’obtenir un accès aux données détenues par des entreprises de télécommunications respecte la vie privée et d’autres droits.

« Les entreprises de téléphonie guinéennes sont certes tenues de rendre compte avec exactitude de leurs recettes et de leurs obligations fiscales, mais elles devraient s’opposer à toute tentative du gouvernement destinée à accéder aux informations personnelles sensibles de leurs clients », a précisé Cynthia Wong. « Les entreprises de téléphonie devraient par ailleurs faire preuve de transparence sur les demandes émanant du gouvernement et les informations qu’elles lui transmettent. »

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A LA UNE

Université Sonfonia : le recteur saute six mois après la disparition de 200 millions

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Le recteur de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, le Professeur Amadou Oury Koré Bah a été limogé mercredi, 21 juillet 2021 par le président Alpha Condé.

Selon un décret lu dans la soirée à la télévision nationale, il est aussitôt remplacé par son adjoint, Manga Kéita.

Le limogeage du professeur Koré Bah intervient un peu plus de six mois après la mystérieuse disparition du coffre-fort de l’Université. Coffre-fort dans lequel se trouvait au moins 200 millions de francs guinéens.

Une enquête avait été ouverte pour retrouver les voleurs et situer les responsabilités, mais jusqu’à date ses résultats n’ont jamais été dévoilés, du mois publiquement.

Le Professeur Amadou Oury Koré Bah serait-il donc emporté par ce scandale ?

Guinee28

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A LA UNE

Maison centrale : évasion spectaculaire du présumé cerveau du kidnapping en Guinée

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Le présumé cerveau du kidnapping en Guinée, Sidy Mohamed Diallo, s’est évadé dimanche, de la Maison centrale, où il était détenu depuis le mois avril dernier, dans l’affaire de l’enlèvement  de l’opérateur économique Thierno Mamadou Dansoko.

Selon le porte-parole de la police nationale, commissaire Boubacar Kassé, c’est la deuxième fois qu’il s’évade de cette prison.

Toutefois,  quatre personnes accusées d’être  les présumés complices de son évasion seront présenté ce lundi 19 juillet 2021 à la Direction centrale de la police judiciaire.

Il s’agit du régisseur adjoint de la Maison centrale, le gardien principal, le gardien chef adjoint et un garde pénitentiaire nommé Malick, qui reste pour le moment introuvable.

Sidy Mohamed Diallo est poursuivi pour terrorisme, enlèvement, séquestration, demande de rançon, association de malfaiteurs, vol aggravé, détention et usage d’armes de guerre, pour ses opérations de kidnapping, principalement dans le cadre de l’enlèvement de l’opérateur économique Thierno Mamadou Dansoko.

Par Maraiam Bâ

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A LA UNE

Migrants : déjà plus de 1 000 morts en Méditerranée cette année, le double par rapport au premier semestre 2020

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Entre le mois de janvier et juin 2021,  1 146 migrants ont péri en mer Méditerranée en tentant de traverser vers l’Europe, soit plus du double par rapport à la même période l'année dernière, selon un nouveau rapport de l'Organisation internationale des migrations (OIM) qui appelle les États européens à agir.

Le nombre de migrants morts en mer en tentant de rejoindre l'Europe a plus que doublé cette année, a indiqué ce mercredi 14 juillet l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) dans un nouveau rapport.

Selon les statistiques publiées par l'agence onusienne, au moins 1 146 personnes sont mortes en mer au cours du premier semestre 2021, en Méditerranée principalement mais aussi dans l'Atlantique. Parmi eux, il y avait 50 enfants.

L’année dernière, 513 avaient péri au cours de la même période, soit 120% de moins que cette année. Et 674 personnes avaient perdu la vie en 2019.

Côté Méditerranée, l'OIM comptabilise plus de 890 décès, et coté Atlantique, elle déplore au moins 250 décès. Un nombre particulièrement bas par rapport au décompte de l’ONG Caminando Fronteras, qui estime, elle, à près de 2 100 personnes le nombre de morts sur la route de l’Atlantique durant le premier semestre de cette année.

Ces chiffres ne prennent pas en compte les embarcations qui ont coulé hors des radars des navires humanitaires, des navires commerciaux, des navires des garde-côtes, et que personne n'a pu répertorier.

La plupart du temps, un seul navire humanitaire était en mer"

L'OIM regrette par ailleurs que les ONG soient criminalisées. "Les organisations civiles de recherche et de sauvetage ont continué à se heurter à des obstacles importants, la majorité de leurs bateaux étant bloqués dans les ports européens en raison de saisies administratives et de procédures pénales et administratives en cours contre les membres d'équipage", constate le rapport.

Pour le seul mois de juin 2021, "la plupart du temps, un seul bateau humanitaire était présent dans la zone de détresse et de sauvetage quand neuf autres étaient bloqués" à quai dans les ports européens, peut-on encore lire dans le document.

L'OIM note également que l'augmentation des décès intervient à un moment où les interceptions d'embarcations transportant des migrants au large des côtes nord-africaines sont en hausse.

"Mesures urgentes"

Depuis 2017, l'Italie et l'Union européenne financent, entraînent et équipent les garde-côtes libyens pour qu'ils empêchent les migrants de passer en Europe à bord d'embarcations de fortune.

Les garde-côtes libyens font pourtant face à de multiples accusations de mauvais traitements envers des demandeurs d'asile, conduisant nombre d'ONG à dénoncer cette politique. En vertu du droit maritime international, les personnes secourues en mer devraient être débarquées dans un port sûr. Et l'ONU ne considère par la Libye comme tel.

"L'OIM réitère l'appel lancé aux États pour qu'ils prennent des mesures urgentes et proactives afin de réduire les pertes de vies sur les routes migratoires maritimes vers l'Europe et qu'ils respectent leurs obligations en vertu du droit international", a déclaré le directeur général de l'OIM, Antonio Vitorino, cité dans un communiqué.

"L'augmentation des efforts de recherche et de sauvetage, la mise en place de mécanismes de débarquement prévisibles et la garantie d'un accès à des voies de migration sûres et légales sont des étapes clés pour atteindre cet objectif", a-t-il ajouté.

Avec infomigrants

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