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Fête de l’indépendance : l’intégralité du discours à la nation d’Alpha Condé

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Guinéennes et Guinéens, mes chers compatriotes,

Notre pays célèbre ce 2 octobre 2018, le soixantième anniversaire de son indépendance nationale, après le «Non» historique au référendum du 28 septembre 1958 sur le projet de communauté proposé par le général Charles de Gaulle. 

Cette indépendance a été acquise dans une Afrique francophone au sein de laquelle, nous avons été le premier pays à accéder à la souveraineté internationale. Ce passé historique fondateur de l’aspiration de la Guinée à prendre en main son propre destin, sera la voie suivie par tous les pays francophones, deux années plus tard, en 1960. C’est dire à quel point notre indépendance constitue à la fois notre patrimoine national et celui de l’Afrique toute entière. Cela a été le point de départ de l’émancipation africaine qui a ainsi fait de notre pays, un exemple en Afrique et dans le monde. Aujourd’hui, cette indépendance est un acquis irréversible pour notre nation et pour les futures générations qui rêvent d’un continent susceptible de prendre en mains son propre destin.  Le destin de l’Afrique réside dans sa capacité à gérer ses propres problèmes comme nous avons eu à l’évoquer à propos des réformes majeures en cours au sein de l’Union africaine. La Guinée est au cœur de cette Afrique et l’Afrique est au cœur de la Guinée au nom de notre vocation panafricaine.

En ce moment solennel marquant cette date historique, je voudrais célébrer avec vous cette page importante de notre histoire qui contribue chaque instant à la consolidation de l’Etat guinéen marqué du sceau de la devise nationale qui nous est chère : le travail, la justice et la solidarité.

A cette occasion, je tiens à rendre un hommage à tous nos héros nationaux, les militants de la liberté, les Compagnons de l’indépendance qui ont tant œuvré avant que le peuple de Guinée n’inaugure les premières heures de l’existence de notre république. Je n’oublie pas un seul instant, les simples citoyens, les acteurs anonymes qui se sont à l’époque mobilisés pour la liberté et l’indépendance, et tous ceux qui ont donné leur vie et leur sang afin que la Guinée occupe une place majeure dans le cercle des nations indépendantes.

Je voudrais également au titre de notre histoire commune, rendre un hommage particulier au premier président qui a conduit la Guinée à l’indépendance, le président Ahmed Sékou Touré. Ce dernier a géré nos premières années d’existence étatique, dans le difficile contexte de la décolonisation et de la Guerre froide. Il faut associer à cet hommage les leaders nationaux comme Barry Diawadou, Barry Ibrahima dit Barry III qui ont surpassé les contingences politiques pour permettre au peuple guinéen de s’exprimer d’une seule voix. Je voudrais également exprimer ma reconnaissance à tous les chefs d’Etat guinéens qui m’ont précédé et qui ont donné leur part de contribution pour que la Guinée demeure une nation unie et stable…

Guinéennes et Guinéens, mes chers compatriotes,

Notre jeune Etat avec ses soixante années d’existence, a, depuis 1958, exploré diverses voies, surmonté de nombreuses épreuves. Son histoire a enregistré sur le calendrier national, des pages heureuses, comme des pages sombres, ce qui est le lot commun de la vie de tous les peuples. Au nom de tous ceux qui m’ont précédé à cette haute fonction, j’assume tout et je vous invite à continuer la longue marche pour la construction de ce pays promis à un bel avenir. A tous, je demande pardon pour tous les actes regrettables commis pendant ces dernières décennies et j’invite chacun d’entre vous au courage pour la suite de nos entreprises qui restent à accomplir. La solidarité doit guider nos pas, afin de maintenir le lien entre notre passé et la gestion de nos projets futurs.

Après 60 années d’efforts et de sacrifices, je voudrais également inviter, tous les citoyens, hommes, femmes et jeunes à privilégier l’essentiel, c’est-à-dire, la protection de notre Maison commune qui doit se maintenir et se renforcer dans la paix, la cohésion sociale et l’unité nationale. Ce projet doit aussi se réaliser autour de la réconciliation nationale, un chantier sur lequel j’ai toujours œuvré, pour faire disparaitre les frontières invisibles de la division qui peuvent exister entre nos communautés. Ainsi que les blessures du passé qui sont susceptibles de fragiliser la communauté nationale. Nous sommes en effet riches à la fois de notre unité et de nos diversités qui reflètent les valeurs de chacune de nos composantes sociales.

Je m’exprime ainsi, car la gouvernance est un contrat social. Je préside aujourd’hui aux destinées de la Guinée par la volonté du peuple.  Je suis le président de tous les Guinéens. Je gouverne pour tous les Guinéens et Guinéennes et au nom de tous les citoyens libres en droits et devoirs que nous sommes.

Le bilan de cette indépendance doit susciter en nous à la fois un sentiment de fierté et de courage, car nous avons démontré notre capacité à gérer un Etat qui n’a connu ni déchirement, ni effondrement. Nos difficultés inhérentes à la construction d’un Etat ne nous ont pas non plus éloigné des valeurs essentielles de la préservation de notre nation et de la cohésion sociale.

Notre nation a un passé chargé d’histoire, pour avoir activement participé à la construction de l’unité africaine, œuvré pour l’indépendance de pays frères en soutenant les mouvements de libération nationale. Notre pays a été à l’origine de la création de l’Organisation de l’unité africaine dont nous avons dirigé le secrétariat général pendant huit années, contribuant ainsi au renforcement du dialogue Nord-Sud, qui a donné une place importante à notre continent dans le concert des nations.

Guinéennes et Guinéens, mes chers compatriotes

 

Aujourd’hui, pour assumer notre développement, nous évoluons dans un cadre de rapports gagnant-gagnant avec nos partenaires internationaux. Cette démarche nous incite à une coopération judicieuse avec l’ensemble des pays du monde afin de mieux défendre les intérêts de notre nation. A cet effet, nous ne pratiquons aucune coopération exclusive ou préférentielle.

La Guinée a changé. Après des années marquées par la réduction du champ politique, elle s’est désormais arrimée au pluralisme politique qui a conduit à l’alternance démocratique en 2010. Cette ouverture s’est accompagnée de la contribution et de la participation de tous les citoyens. Aujourd’hui tout guinéen est libre d’adhérer à un mouvement politique qui correspond à ses aspirations. Les citoyens sont désormais libres de choisir leurs élus, leurs représentants, dans un espace politique totalement ouvert. Aujourd’hui, le Parlement réunit l’essentiel des représentants des formations politiques. C’est à lui qu’incombe la mission de voter les projets et propositions de loi.

Dans la Guinée d’aujourd’hui, la protection des libertés des citoyens et le pluralisme politique ont enrichi notre espace national. Nous ne connaissons ni guerre civile, ni conflits religieux ou identitaires. Ces facteurs peuvent être inscrits à l’actif de notre gouvernance commune. Mais nous devons veiller à inscrire notre action dans la durée, afin que nos acquis démocratiques ne soient pas remis en cause par les aléas de l’histoire. Notre démocratie doit être protégée et renforcée en éduquant les citoyens à respecter la loi qui doit demeurer une valeur cardinale de nos engagements. Il ne faudrait pas que la logique des arrangements politiques souvent prônés par certains acteurs de la vie nationale, se substitue aux lois. Certes, le dialogue et la concertation sur certains sujets d’intérêts nationaux sont nécessaires, mais dans le même temps, chaque acteur politique doit se conformer aux textes prévus dans nos dispositifs juridiques que nous avons voté ensemble.

Guinéennes et Guinéens, mes chers compatriotes,

Aujourd’hui, nous vivons le temps des projets destinés à préserver l’avenir des générations futures auxquelles nous devons laisser un pays doté d’infrastructures économiques viables et solides. Nous devons aussi doter notre Etat d’une économie qui apporterait une réponse durable aux besoins sociaux de base, notamment dans la promotion d’un système éducatif performant, d’un système de santé plus efficace. Dans le même esprit, nous devons accroître pour les populations, la fourniture d’eau et d’électricité, dans le but d’assurer l’emploi des jeunes et l’autonomisation des femmes. Dès ce mois d’octobre nous allons amplifier l’autonomisation des femmes dans le cadre des MUFFA et lancé un vaste programme d’emploi jeunes.

Aujourd’hui, la Guinée porte de nombreux projets pour son développement. En témoignent la réhabilitation des routes et des voiries urbaines, la construction de nouveaux barrages, l’installation des infrastructures sanitaires dans tout le pays.  S’inscrit dans ces objectifs, la modernisation du port de la capitale qui deviendra plus compétitif, avec des partenaires engagés à nous soutenir. Les efforts de soutien sont également orientés vers les secteurs de l’agriculture, de l’élevage, et l’investissement dans le développement local par les sociétés minières. La Guinée figure désormais parmi les pays engagés résolument sur la voie de l’émergence.

Guinéennes, Guinéens, mes chers compatriotes

A l’occasion de cette fête nationale, mes pensées vont vers ceux qui souffrent dans leurs vies quotidiennes. Je veux leur rassurer que l’Etat ne sera pas insensible à leur sort.  Mes pensées s’adressent aussi aux braves et anciens combattants qui ont été à l’avant-garde de la marche de notre peuple vers l’indépendance et le progrès social.  Je n’oublie pas les forces de défense et de sécurité, qui défendent vaillamment notre territoire et s’illustrent dans les opérations de maintien de la paix de l’ONU. A toutes les familles des soldats tombés pour la défense de l’intégrité territoriale du Mali dans le cadre de la Minusma, la nation leur exprime sa compassion.

Mes pensées vont également aux travailleurs participant au développement de notre administration et de notre économie. A nos compatriotes vivant à l’Etranger, je voudrais tous les associer à notre fête et à ce rendez-vous important pour notre devenir dans lequel, ils occupent une place de choix. A ces pensées, nous associons également, les Etrangers qui ont choisi de vivre parmi nous, nos partenaires qui œuvrent à nos côtés dans nos différents projets de développement pour l’avenir et le développement de notre pays.

60 années après l’indépendance de notre pays, je suis fier de relever avec vous les grands défis de notre continent : comme la construction de l’Afrique, la préservation de la paix, la protection de l’environnement, ainsi que la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme religieux.

On peut tirer des évènements de 1958, deux leçons :

– Tout d’abord, malgré les évènements, la capacité du peuple guinéen à surmonter toute sorte de division pour renforcer son unité face à son destin.

– Ensuite le courage, la détermination voire la témérité du peuple guinéen lorsqu’il s’agit de son avenir.

Je vous souhaite une bonne fête de l’indépendance dans la paix et l’unité nationale.

Vive la République, vive l’indépendance nationale, que Dieu bénisse la Guinée.

Transmis par le Bureau de Presse de la Présidence

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Manifestation des étudiants à Gamal Abdel Nasser de Conakry

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Les étudiants de l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry sont sortis dans la rue, ce jeudi 20 janvier 2022. Ils réclament à la junte de bus de transport, de laboratoires, ainsi que de salles d’informatique permettant d’améliorer leurs conditions d’études.

Mais leur marche pacifique a vite tourné au vinaigre. Ils ont été rapidement dispersés par les forces de l’ordre à l’aide de gaz lacrymogènes.

Plusieurs d’entre eux ont été interpelés.

Par Mariam Bâ

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Revisitons l’histoire pour comprendre la fermeté de la CEDEAO contre les coups d’Etat

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Il faut revisiter l’histoire des pays membres de la CEDEAO pour comprendre la fermeté de l’organisation sous régionale contre les coups d’État militaires.

Le Sénégal est le seul pays de la sous-région qui n’a pas connu de coup d’Etat.

Les coups d’Etat ont été un frein pour le développement de ces pays durant la période 1960-1990. L’instabilité politique qui en découle a été un facteur de refoulement  des investisseurs étrangers dans ces pays, hormis dans l’exploitation minière.

Des régimes militaires corrompus et incompétents n’ont pu impulser le développement économique dans la région. Ce n’est  pas étonnant que le Sénégal et la Côte d’Ivoire soient devenus durant cette période troublée les fleurons économiques en raison de leur stabilité politique. La Côte d’Ivoire a connu finalement un coup d’arrêt en fin 1990 par le coup d’Etat suivi de 10 ans de guerre civile. Elle n’a renoué avec la croissance économique forte qu’à partir de 2011 pour rattraper son retard.

Le Nigéria n’a pu profiter de son énorme potentiel pétrolier en raison de l’instabilité politique chronique liée aux coups d’Etat et la corruption endémique de ses chefs militaires. La dictature militaire prend fin en 1999. Depuis le 29 mai 1999, successions régulières de présidents élus.

Au Ghana, il a fallu l’arrivée au pouvoir du capitaine Jerry Rawlings (sans doute le seul militaire non corrompu  des années 1960-1980) pour mettre fin à la série des coups d’Etat. Depuis le 7 janvier 1993, successions régulières de présidents élus.

La Guinée est un cas particulier, car durant 26 ans, le pays était hermétiquement fermé et soumis à des violences inouïes qu’aucun pays de la sous-région n’a connu en temps de pays. Depuis 1984, il est devenu le théâtre des coups d’Etat.

Tous les autres pays de la CEDEAO dont le Mali, le Niger, la Gambie, la Guinée Bissau, le Bénin (qui a eu le record de quatre coups d’Etat en six ans), le Togo, le Libéria, le Burkina Faso et le Sierra Leone ont été victimes de coups d’Etat.

La CEDEAO veut mettre fin définitivement au cycle des coups d’Etat militaires. Dès lors que les géants de la Sous-région que sont le Nigéria, le Ghana et la Côte d’Ivoire sont guéris de ce fléau et avec le soutien du Sénégal, vous comprendrez que les coups d’Etat militaires ne sont plus en odeur de sainteté, donc inacceptables dans l’espace politique CEDEAO.

Quand un pays adhère librement à une entité communautaire comme la CEDEAO, elle accepte par cet acte un transfert de souveraineté au profit de l’organisation supranationale, ce qui implique que les traités de la CEDEAO sont des normes supérieures à sa Constitution.

La CEDEAO a le droit de rappeler à l’ordre tout pays qui viole ses traités. C’est une union économique et politique. Aucun État de l’union ne peut se soustraire à l’application stricte des traités. Les règles sont encore plus contraignantes dans l’Union Européenne.

La discipline n’est vraiment pas la qualité des gouvernements africains. On ne peut pas adhérer en toute souveraineté à une organisation communautaire et crier au complot lorsqu’on en viole les règles.

Les coups d’Etat au Mali et en Guinée sont un facteur de risques systémiques pour la CEDEAO. Pour parer aux critiques récentes contre son inaction, l’organisation  sera à l’avenir plus regardante sur les violations de ses traités par des gouvernements civils qui favorisent l’intrusion des militaires sur la scène politique.

Toutefois, rien ne justifie que l’armée confisque le pouvoir politique, même temporairement. Elle a le devoir de retirer sa confiance, donc de désobéir à un pouvoir civil qui viole systématiquement la Constitution et les lois de la République, instaure la violence comme mode de gouvernance et entretient un climat de crise politique grave dans le pays.

Dans ce cas, nos armées doivent suivre la jurisprudence des armées de certains pays de l’Est lors de soulèvements populaires en Serbie, en Ukraine et en Géorgie.

L’armée doit se ranger derrière les forces politiques et sociales et garantir le déroulement du processus de transition démocratique par de nouvelles élections générales dans le pays. Elle ne participera pas dans la gestion politique de la transition qui sera réservée aux forces vives de la nation. Point besoin de suspendre la Constitution, ni les institutions républicaines. Pas plus de trois mois pour organiser de nouvelles élections.

Il faut savoir s’adapter à l’ère du temps. Aujourd’hui, il est admis universellement que l’institution militaire soit sous l’autorité du pouvoir civil. Il est exclu qu’elle s’empare du pouvoir politique. L’armée est cantonnée à sa vocation de défense de l’intégrité territoriale du pays sous l’autorité du pouvoir civil.

Les régimes militaires sont tous mis au ban de la communauté internationale. Ils ne sont tolérés que pour le temps d’organiser, dans le plus bref délai, le retour à l’ordre constitutionnel.

Depuis le début des années 1990, le principe de non ingérence dans les affaires intérieures d’un pays inscrit dans la charte de l’ONU a cédé la place au devoir d’ingérence humanitaire. On ne laisse plus un dictateur massacrer impunément son peuple. Les putschs militaires aussi sont désormais condamnés et sanctionnés par la communauté internationale.

Par Alpha Saliou Wann

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Travaux publics : le Directeur du Fonds d’Entretien Routier limogé

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Le Directeur Général du Fonds d’Entretien Routier (FER), Souleymane Traoré, a été limogé mercredi 19 janvier 2022, par le président de la transition, le colonel Mamady Doumbouya.

Il a été remplacé par Ali Condé, précédemment en service à « Infrastructures Canada ».

Par Guinee28

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