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Politique

Elèves et étudiants, je vous dis ceci (Tribune)

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Aux  élèves et étudiants, je vous dis ceci : je suis un responsable politique qui prépare l'alternance en 2020, je ne peux rien de concret pour vous pour le moment, car ce ne sont pas nos équipes qui sont aux commandes de notre pays. Il vous revient donc de défendre vos propres droits à une bonne formation.
C'est vrai que l'école guinéenne est en crise depuis l'instauration de l'enseignement de masse sous la révolution et la réforme ambitieuse engagée par le CMRN après 1984 avait  fait long feu. Il était donc de la responsabilité d'Alpha Condé de réformer en profondeur notre système éducatif pour donner une chance à la jeunesse guinéenne d'être compétitive sur le marché du travail. Malheureusement, il a pensé qu'il lui suffisait de promettre des ordinateurs et des tablettes à chaque étudiant pour pretendre réformer l’éducation nationale. Il a préféré aussi  dilapider les 700 millions de dollars de Rio Tinto, et des milliers de milliards de francs guinéens que d'investir dans le secteur éducatif qui est pourtant la clef de notre développement.
Mais je vous le dis, cela concerne particulièrement les étudiants, vous serez responsables de votre situation si vous ne vous levez pas contre cette mal gouvernance qui vous frappe directement. Vous acceptez d'étudier dans des universités qui poussent comme des champignons, qui n'ont aucune crédibilité même au niveau des employeurs locaux, plutôt qu'à l'international où la concurrence est plus féroce. Le pouvoir est coupable d'avoir abandonné l’enseignement public et de permettre l'ouverture anarchique d'écoles privées de très médiocre qualité, ce qui fait que les jeunes Guinéens ne reçoivent qu'un enseignement au rabais qui les disqualifie gravement sur le marché de l'emploi.
Vous voyez bien que les dirigeants de notre pays préfèrent vous sacrifier sur l'autel de leurs intérêts sordides. Faites en sorte qu'ils ne jouissent pas en toute tranquillité de leurs pillages. Organisez des protestations massives sur l'ensemble du pays. Obligez Alpha Condé à trouver des réponses urgentes à vos problèmes. Voyez vous, quelques tirs au camp Alfa Yaya ont suffit pour obtenir une augmentation de 20% du salaire des militaires, vous vous êtes capables de paralyser tout le pays pour obtenir gain de cause. Qu'ils disent que vous êtes manipulés, c'est leur affaire, mais vous vous savez que vous êtes mal formés et donc votre avenir est hypothéqué. Ne craignez même pas une année, voire deux années blanches, c'est mieux de se battre maintenant et obtenir gain de cause, que de perdre tout une vie en restant passifs, fatalistes, car vos aînés qui sont déjà diplômés n'ont aucune opportunité offerte par l' État pour recevoir une formation de haut niveau pour compenser leurs études bâclées. C'est maintenant qu'il faut se battre pour un enseignement de qualité. Demandez à vos députés qu'ils vous disent combien nous coûtent les 4×4 et les tickets de carburant des dirigeants du pays, leurs groupes électrogènes, leurs voyages inutiles, ça vous édifiera sur votre bon droit de manifester pour vos études.
Alpha Condé est un ancien leader syndical étudiant, idem pour les ministres Ibrahima Kourouma et Abdoulaye Yero Balde. Faites comme eux pour réclamer vos droits constitutionnels (article 23 de la Constitution) de recevoir une bonne formation. Alpha Condé connait la puissance des manifestations des élèves et étudiants français. Quand leur avenir est en jeu, les élèves et étudiants français sont toujours sortis par millions sur toute la France pour protester bruyamment et faire reculer leurs gouvernements. En 30 ans, les mobilisations de la jeunesse ont obtenu le retrait de trois grandes réformes sur l’université ou l’emploi qui les visaient. On a en mémoire les puissantes mobilisations contre la loi Devaquet en 1986, le contrat d’insertion professionnelle (CPI) en 1994 et le contrat première embauche (CPE) en 2006, tous ces projets de loi ont été retirés. Sous la forte pression de la jeunesse. C'est un rappel pour ravivez la mémoire d'Alpha Condé qui vivait à l'époque en France. Il n'a donc pas le droit de traiter par le mépris la revendication légitime des élèves en fermant les écoles, tout en distribuant des milliards pour sa gloire dans la région de Kankan. Et sitôt rentré à Conakry, il reprend son jet privé (son confort personnel nous coûte très cher) pour continuer son tour du monde, loin de vos problèmes. Organisez de puissantes manifestations sur toute la Guinée pour qu'il descende sur terre pour s'occuper de vos problèmes. Faites-le, sinon vous serez les principaux malheureux perdants. En effet, c'est un faible pourcentage de jeunes Guinéens qui ont la chance de faire des études acceptables à l'étranger. Ce sont ces derniers qui sont recrutés par les filiales des entreprises étrangères en Guinée, nous savons tous que leurs amis diplômés locaux sont d'office exclus de ce marché. Que faire d'un diplômé d'une obscure université locale? L'État a les moyens de vous offrir une formation de qualité, mais nous voyons bien que c'est pas une priorité pour le gouvernement. C'est à vous qu'il revient de les bousculer pour qu'ils trouvent les remèdes aux problèmes du système éducatif. Votre destin est entre vos mains. Choisissez-vous des leaders exemplaires, déterminés et convaincants pour porter vos revendications. Ne vous laissez point impressionner par personne. J’avoue que je félicite plutôt les élèves que les étudiants qui n’ont  apparemment pas conscience de leur situation déplorable pour accepter une formation aussi médiocre. Après l’armée, vous êtes les seuls capables d’ébranler le pouvoir. Ne vous privez pas de votre redoutable force de dissuasion, faites-vous entendre pour la cause de votre avenir. Il faut en finir avec son “désormais” et faire table rase pour engager des réformes structurelles d’envergure dans le secteur éducatif. Je doute qu’il le fasse, mais cela n’empêche, sonnez la fin de partie, bougez pour que n’importe quel dirigeant de ce pays, se rende compte qu’on ne peut plus sacrifier l’avenir de la jeunesse. Il faut en finir avec les discours incantatoires flattant la jeunesse comme l’avenir du pays, exigez du concret, pas des rêves. Mettez Alpha Condé devant ses responsabilités, lui qui vous plaçait au centre de ses priorités dans ses campagnes électorales de 2010 et 2015. Ne vous laissez pas tromper par les arguments des ethno-stratèges, car notre école est malade de Kaloum à Yomou. Vos parents dépensent des fortunes, pour ceux qui sont dans le privé, pour un enseignement au rabais et c’est encore pire dans l’école publique. Mobilisez vous, battez vous pour votre bien, jeunes de Guinee. Je suis revolté à votre place. N’ayez pas peur, les enfants des militaires, des gendarmes et des policiers sont parmi vous, victimes comme vous de l’oligarchie corrompue et incompétente qui met en peril le présent et l’avenir de notre pays. Vous avez tout mon soutien pour ce combat.

“Ceux qui vivent, sont ceux qui luttent”

Par Alpha Saliou Wann

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Les diamants perdus de Sékou Touré

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L’amitié se compare souvent à la pureté du diamant. Et cette pierre précieuse est une richesse que produit la Guinée en assez grande quantité. A l’époque de Sékou Touré, mort en 1984, la règle de gestion secrète des diamants était aussi simple que claire ; un tiers pour le bénéficiaire de la concession, un tiers pour le Trésor public et un tiers pour Monsieur le Président. Souffrant de la maladie du complot, le président guinéen avait comme unique confident son ami et dépositaire le roi Hassan II.

Et voici que dans la nuit du 26 mars 1984, Ahmed Sékou Touré meurt dans un hôpital de Cleveland dans l’Ohio, aux Etats-Unis, où il fut transféré en urgence à la suite d’un malaise cardiaque jugé grave par les médecins marocains dépêchés à son chevet par son ami le roi du Maroc.

Pour la couverture de l’évènement, El Moudjahid m’envoie à Conakry que je découvre pour la première fois. Au-delà de la couverture des funérailles, j’avais en idée de creuser sur l’avenir de ce pays dans les proche et moyen termes et anticiper les changements qui pourraient intervenir sur la scène politique après 22 ans de régime musclé. Et par un pur hasard, ma route sera parsemée de diamants.

Conakry est une ville africaine enveloppée d’un climat humide, verdoyante et des gens très peu affectés par la disparition de l’homme fort. La fabuleuse richesse de ce pays gorgé d’eau avec ses 1.300 rivières et fleuves, son or, ses pierres précieuses, sa bauxite et que sais-je encore n’était pas visible dans le décor urbain aux immeubles délabrés. Les billets de banque sentaient la moisissure et il en fallait une liasse pour un plat de spaghetti au restaurant «L’Escale de Guinée». Mon premier choc fut la visite du sinistre camp Boiro à l’extrémité de la ville où était enfermé un millier de prisonniers politiques survivants, hagards et cadavériques, libérés à la faveur du coup de force militaire mené par Lansana Comté. Ce camp qui ressemblait à une cité d’urgence était une suite de cellules collées les unes aux autres et couvertes de tôles ondulées qui rendaient l’atmosphère irrespirable sous le soleil accablant de la saison sèche. A l’entrée, je vois une fillette, bien mise, d’une douzaine d’année. Son père avait été victime d’une énième purge. Elle tient une pancarte avec un message à couper le souffle : « Je cherche mon papa. Il était commandant ». On me dirige vers la cellule où mourut en mars 1977, Diallo Telli, Secrétaire général de l’Organisation de l’Unité Africaine, accusé de complot contre le chef de l’Etat. Le prisonnier avait laissé de nombreux messages grattés sur le mur clamant son innocence. A bout de force, couché sur le sol nu, Diallo Telli laissa un mot d’adieu à sa femme. « À ma chère et bien-aimée épouse, ce mot que j'écris sur le mur de ma sombre cellule ne te parviendra, sans doute jamais. C’est la fin. Je meurs. Mon amour pour toi m’a donné la force de survivre jusqu’à ce jour.»  Dans une cellule collective qui devait recevoir une vingtaine de prisonniers, les murs étaient embellis de très jolies fresques qui couvraient jusqu’au plafond. C’étaient de scènes familiales, des femmes aux belles coiffures, des enfants, des animaux. Les couleurs monochromes me rappelaient les fresques algériennes du Tassili. De l’ocre rouge foncé jusqu’aux teintes claires. Mon guide me dit sur un ton froid et cynique : « C’est du caca. Ils n’avaient pas de pinceaux. Juste les doigts. Les diarrhées étaient leur matière première pour exprimer leur talent artistique.»

Plus loin, sur une dalle en pierre qui servait de table d’ablutions aux morts, je note un monticule de registres destinés à la poubelle. Les documents concernaient les interminables listes de prisonniers depuis la folie de Sékou Touré. Ma plus grosse surprise fut la révélation d’un haut gradé de l’armée et membre du nouveau régime.

«Sékou, me dit-il, est parti avec ses secrets.» L’officier venait juste de se remettre d’une crise de paludisme. Il avait les traits tirés conduisant nerveusement son 4x4 à travers les rues de Conakry. Je laisse passer un moment et je reprends le fil par une simple remarque : «22 ans de pouvoir absolu, les secrets doivent être assez lourds.»

«Je parle du trésor de diamants confié à la garde de son ami le Roi et dont nous sommes certains qu’il ne retournera jamais en Guinée», me dit-il.

Il est vrai que l’amitié peut avoir l'éclat du diamant.

Par Rachid Lourdjane, in El Moujahid

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Un autre détenu meurt en détention à la Maison centrale

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Les décès des prisonniers se multiplient à la Maison centrale. Après le vieux Ibrahima Sow, Mamadou Lamarana Diallo et l’opposant Roger Bamba un autre détenu politique vient de mourir en prison.

Selon nos informations, Mamadou Oury Barry est décédé à la Maison centrale samedi passé.

Âgé de 20 ans environ, ce jeune, chauffeur de profession,  avait été arrêté en août dernier, à Cosa, en marge d’une manifestation du front national pour la défense de la Constitution (FNDC) contre le troisième mandat d’Alpha Condé.

Depuis novembre dernier, au moins quatre détenus sont décédés en détention préventive à la Maison centrale de Conakry.

Ces décès suscitent des interrogations sur les conditions de détentions des opposants dans les différents établissements pénitentiaires du pays.

Par Mariam Bâ

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A LA UNE

Alpha Condé reconduit Kassory Fofana au poste de Premier ministre

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Sans surprise, le président Alpha Condé, réélu pour un troisième mandat contesté, a reconduit Ibrahima Kassory Fofana au poste de premier ministre. Ce dernier avait auparavant présenté la démission de son gouvernement.

Le décret présidentiel en a été lu vendredi soir à la télévision nationale, quelques heures seulement après l'officialisation de la démission du gouvernement, attendue depuis quelques semaines.

Ibrahima Kassory Fofana avait "doublement" soutenu le changement de la Constitution en mars dernier, ayant permis à Alpha Condé de se maintenir au pouvoir.

Par Guinee28

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