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Dr Abdourahmane Diallo : « plus de 400 000 personnes meurent du paludisme par an »

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Le paludisme reste un des pires fléaux touchant le continent africain. Alors qu'Emmanuel Macron se rend à Lyon pour la 6e conférence de reconstitution du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, les 9 et 10 octobre, franceinfo Afrique a demandé au directeur général du "Partenariat RBM pour en finir avec le paludisme" où en est la lutte contre l'épidémie.

franceinfo Afrique : combien de personnes souffrent de cette infection ? Quels sont les principaux foyers de cette maladie ? La lutte contre le paludisme progresse-t-elle ? 

Abdourahmane Diallo : le paludisme touche plus de la moitié de la population mondiale et plus de 400 000 personnes en meurent tous les ans. Plus de 90% du fardeau du paludisme est en Afrique et nous en constatons une augmentation alarmante dans certains pays déjà impaludés. Cependant, de plus en plus de pays se rapprochent de l'élimination de cette maladie, ou l'atteignent. Les prochaines années seront déterminantes dans la lutte contre ce fléau, qui nécessitera un changement de cap et un leadership fort.

Pourquoi certaines régions (l'Afrique notamment) sont-elles plus touchées que d’autres ? Question de géographie, de développement…?

La biologie est l'une des principales raisons du lourd fardeau que représente le paludisme en Afrique. Les moustiques africains sont malheureusement les champions mondiaux de la transmission de cette maladie !

Les raisons de la persistance du paludisme sont complexes et varient selon la région. Pourtant, le paludisme reste une maladie de la pauvreté, qui implique toutes les composantes y compris le manque de financement, de l’éducation, la faiblesse des systèmes de santé et de l’infrastructure, ainsi que l'instabilité politique et économique.

La lutte contre le paludisme est un combat ancien. Quels sont les principaux progrès (médicaux mais aussi autres, environnementaux, prévention…) obtenus dans ce combat ?

En effet, le paludisme est une maladie ancienne, qui nous tue et nous rend malade depuis le début de l'Histoire sans jamais connaître de frontières. Il y a 100 ans, cette maladie s’était propagée à tous les continents sauf l'Antarctique.

Au cours du XXe siècle, nous avons connu des avancées, mais aussi des reculs dans la lutte antipaludique : les résurgences du paludisme ont été documentées plus de 75 fois, elles sont principalement liées à des déficits de financement.

Depuis l’an 2000, les acquis de la lutte antipaludique étaient l’un des succès les plus importants des Objectifs du millénaire pour le développement : nous avons ainsi sauvé sept millions de vies et évité un milliard de cas de paludisme. Depuis la création du Fonds mondial en 2002, les financements pour la lutte antipaludique ont augmenté de 1000% ! De nouvelles moustiquaires, des combinaisons thérapeutiques à base d'artémisinine et des tests de dépistage rapides ont également pu être déployés.

Certains pays sont déclarés "exempts" de paludisme (l'Algérie en 2019) : qu’ont-ils réussi que d’autres n’arrivent pas à faire ?

Depuis 2000, neuf pays ont éliminé le paludisme et neuf autres sont en bonne voie d’y arriver l’année prochaine. Les succès de l'Algérie et de l'Argentine en 2019 sont dus à des diagnostics et à des actions rapides menés par un partenariat d’institutions nationales qui ont permis d'intégrer les programmes antipaludiques à la couverture sanitaire universelle.

Ces pays ont aussi mis en place une surveillance transfrontalière permettant d’éviter les transmissions. Ils bénéficient également d’une large main d'œuvre qualifiée de professionnels de la santé.

Il existe aujourd’hui des campagnes de vaccination. Est-ce efficace ? A quel point ?

Cette année, l’Organisation mondiale de la Santé a déployé le vaccin RTS’S au Kenya, Ghana et Malawi en pilote. Le vaccin RTS’S permet d’éviter 39% des cas de paludisme avec quatre doses et 29% des cas avec trois doses, ce qui est comparable aux autres outils de prévention.  Les leçons du déploiement du vaccin RTS’S dans ces trois pays seront tirées, afin de déterminer la possibilité d'une vaccination systématique à plus grande échelle. Pourtant, aucune approche unique, que ce soit des médicaments, des moustiquaires, ou un vaccin, ne pourra débarrasser le monde de cette terrible maladie.

Où en est la recherche sur cette maladie et quels sont les principaux objectifs dans cette lutte ?  Et quels sont les principaux obstacles rencontrés ? 

Notre but final est l'éradication complète de cette maladie, ce qui est tout à fait possible en l'espace d’une génération selon les derniers rapports scientifiques. Premièrement, nous avons besoin d’outils innovants pour y arriver. La recherche actuelle touche plusieurs aspects de la lutte antipaludique y compris la génétique et la vaccination. Cependant, notre premier grand obstacle est la résistance aux insecticides et aux traitements développée par certains moustiques et la maladie dans certaines régions. Deuxièmement, les pays les plus touchés voient une stagnation, voire une recrudescence, de la maladie. Et enfin, le financement de la lutte stagne aussi.

La lutte contre le paludisme est-elle uniquement une question de moyens (médicaux notamment) ou cela passe-t-il par une politique plus globale (social, économie, environnement) ?

L’engagement politique de haut niveau autour de campagnes de lutte mobilise la solidarité internationale. Quant aux financements domestiques, un consensus politique préalable est requis. La lutte antipaludique a également une dimension multisectorielle qui englobe les secteurs comme l’agriculture, l’énergie et celui des infrastructures. Elle nécessite la coordination entre tous ces secteurs impliqués.

Les dirigeants de l’Union Africaine se sont engagés à mettre fin au paludisme d'ici 2030. Et la campagne "Zéro Palu je m’engage", qui a été un succès au Sénégal, s’étend aujourd’hui à travers le continent grâce à la coopération entre la Commission de l’Union Africaine et le Partenariat RBM.

Le changement climatique peut-il jouer sur le paludisme ? Sa géographie, son développement ?

Le paludisme est une maladie particulièrement sensible au climat, donc une augmentation des températures et des taux de précipitations pourraient mener à une recrudescence des cas de paludisme. L’OMS prévoit une augmentation de 60 000 décès par an à cause du changement climatique entre 2030 et 2050.

Des zones en Amérique du Sud, en Afrique subsaharienne et en Chine pourraient connaître une augmentation des taux de transmission de 50%. Par ailleurs, les phénomènes climatiques extrêmes empêchent parfois l’équipement et les traitements d'arriver dans les zones touchées, tandis que les eaux stagnantes laissées dans le sillage constituent un lieu de reproduction idéal pour les moustiques.

A quoi peut-on s'attendre dans les prochaines années dans la lutte contre le paludisme ?

Les années qui viennent vont être cruciales pour la réalisation des objectifs mondiaux de l’élimination du paludisme d'ici 2030, comme fixés par l’ONU dans ses Objectifs de développement durable. Ne pas les atteindre constituerait un précédent très dangereux. L’élimination du paludisme est une tâche monumentale, mais à notre portée, qui exigera que nous redoublions tous d’efforts qui se traduiront en vies sauvés et en communautés prospères.

Vous assurez la direction exécutive du "Partenariat RBM", alliance destinée à lutter contre le paludisme. Quel est le rôle exact et le fonctionnement de cet organisme lancé en 1998, par l'OMS notamment ?

Le "Partenariat RBM" est la plus grande plateforme mondiale de coordination des actions en faveur d’un monde sans paludisme. Il regroupe plus de 500 partenaires, allant de groupes de professionnels de santé communautaires et de chercheurs mettant au point de nouveaux outils, à des pays touchés par le paludisme et à des pays donateurs, en passant par des entreprises privées et des organisations internationales. Plus précisément, notre rôle est de mobiliser les efforts et les ressources et de forger un consensus entre les partenaires.

Source : franceinfo

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Guinée : les bourses des militaires en hausse de 100%, celles des étudiants augmentées

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Dans un décret lu à la télévision nationale, vendredi 12 août, le président de la transition, le colonel Mamadi Doumbouya, a revu à la hausse les compléments des bourses des militaires.

Initialement fixés à 60 USD par mois, désormais, ils passent à 120 USD par mois, soit une augmentation de 100%. La décision entre en vigueur à partir du 1er septembre prochain.

Dans un autre décret, le chef de la junte a aussi augmenté la bourse des étudiants. Désormais, elle est fixée à 100.000gnf pour la première année, 200.000gnf pour la deuxième année, 300 000 gnf pour la troisième année, 400 000 gnf pour la quatrième année et 500 000 gnf pour la cinquième, sixième et septième année .

Pour la bourse extérieure, elle passe à 120 dollars pour les étudiants de l'enseignement supérieur et 80 dollars pour ceux de l'enseignement technique et de la formation professionnelle.

Pour les bourses d’études d’entretien d’excellence, les montants sont :  Licence: 500 000 francs guinéens ; Master: 1 000 000 francs guinéens; Doctorat: 1 5000 000 francs guinéens.

Par Mariam Bâ 

 

 

 

 

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L’exception sénégalaise ! (Par Tierno Monénembo)

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Macky Sall, à son tour,  succombera-t-il à la funeste tentation du troisième mandat, comme on lui en prête l’intention ou son échec relatif aux législatives finira-t-il par l’en dissuader ? Le proche avenir le dira.

S’il s’en va à la fin de son mandat, nous pousserons tous un grand ouf de soulagement. Sinon, cela ne nous inquiétera pas outre mesure car son coup de force institutionnel n’aurait aucune chance de passer. Nous sommes au Sénégal, le pays du lettré Senghor. Dans cette société tout en subtilités et en nuances, les différences ne sont pas conflictuelles et les contradictions, pas forcément mortelles. C’est un corps sain, disposant des anticorps qu’il faut pour résister aux virus qui empoisonnent la vie politique de ses voisins : coup d’Etat, troisième mandat, parti unique, guerre de clan ou de religion.

 

Non, l’exception sénégalaise n’est pas une fiction. François Hollande se voulait un « président normal », eh bien, le Sénégal peut  être traité de « pays normal », c’est-à-dire d’une terre à la  singularité presque miraculeuse dans le sordide contexte que l’on sait. C’est vrai que les trains n’y arrivent pas à l’heure, puisqu’ils sont souvent en panne quand ils existent. C’est vrai que les éboueurs ne passent pas tout le temps mais les facteurs sont à l’œuvre, le courrier arrive à destination. C’est vrai que parfois, le débat politique s’enflamme et les grèves deviennent dures mais dans l’ensemble, la courtoisie régnant partout -même chez les flics !-,  le climat social est agréable.

 

Si l’Etat sénégalais n’est pas parfait, il a au moins le mérite d’exister. Ici, contrairement à la Guinée par exemple, on a le sens de l’institution et le respect de la procédure. Le formalisme, le principe de base de l’Etat est la règle, ce qui fait qu’en toute circonstance, l’administration assure le service minimum. Rien d’étonnant à cela : ce pays n’a jamais connu de dirigeant catastrophique. S’ils n’ont pas réalisé des prouesses économiques, tous ceux qui se sont succédé à sa tête ont veillé à favoriser l’instruction, à respecter la vie humaine, à préserver la trame sociale et à protéger les élites.

 

Le Sénégal est sans doute, le pays le moins réprimé d’Afrique.  Cela donne cette société intelligente où les forces vives sont intactes physiquement aussi bien que mentalement. En cas de danger, les prêtres, les marabouts, les écrivains, les médecins, les avocats ont le réflexe de tous sortir du bois pour éviter la dérive. Le pays de Birago Diop et de Cheikh Hamidou Kane ne tombe jamais dans le fossé, il tient la route malgré les énormes défis économiques et sociaux qui jonchent son chemin.

 

Voilà ce que Senghor avait répondu à Ahmadou Ahidjo quand celui-ci lui avait confié son intention de quitter, à son instar, volontairement le pouvoir et de le céder à Paul Biya : « Faites attention, Monsieur Le Président. Le Cameroun, ce n’est pas le Sénégal. »  La Guinée, non plus n’est pas le Sénégal, est-on tenté d’ajouter. Impossible d’imaginer un troisième mandat suivi d’un coup d’Etat militaire, à Dakar ! Dans un pays où les Généraux quand ils ne sont pas philosophes, sont juristes ou  historiens, à 20 comme à 67 ans, nul ne peut commencer une carrière de dictateur.

Tierno Monénembo, in Le Point

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Dissolution de deux conseils communaux par le colonel Doumbouya

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Dans un décret lu jeudi 11 août à la télévision nationale, le président de la transition a décidé de mettre un terme à deux conseils communaux pour « mauvaise gestion et détournement des ressources de la collectivité ».

Il s’agit du conseil communal de la préfecture de Gaoual et celui de la sous préfecture de Dialakoro dans la préfecture de Mandiana.

Dans le décret, le colonel Mamadi Doumbouya instruit le ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation de s’activer pour la mise en place d’une délégation spéciale. Objectif, conduire les affaires courantes, de ces deux communes urbaine et rurale.

Par Guinee28

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