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Deux phrases pour éviter le chaos en Guinée (Opinion)

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Depuis un certain temps, la situation socio-politique guinéenne est des plus préoccupantes, car elle met en danger la paix sociale. Elle menace les fondements de la nation, la sécurité des citoyens, le vivre- ensemble souvent mis à mal par les systèmes politiques successifs. A nouveau, notre peuple est face à de grands défis et enjeux à relever pour de nouvelles perspectives d’avenir. Il a su les relever par le passé en empruntant la voie de l’indépendance en 1958 et de la démocratie dans les années 90. Le chemin à emprunter pour les atteindre serait des plus aisés si ce n’est l’obstination d’un système, d’hommes et de femmes qui semblent être sourds aux bruits alentours, aux voix de l’histoire et à la toute-puissance de la force du verbe : c’est-à dire le dialogue.

Ces tares ont leur corollaire en mode de mauvaise gouvernance : corruption, gabegie, laisser- aller, immoralité intellectuelle et professionnelle. Des méthodes et pratiques de gouvernance qui semblent avoir fait leur temps car un nouveau soleil pointe à l’horizon et commence à illuminer la Guinée. Le mur de la peur est tombé Les Guinéens ont très longtemps subi la mal-gouvernance et ses conséquences sur l’épanouissement de la nation et la consolidation des valeurs démocratiques. Au fil du temps, ils ont eu l’intime conviction que les systèmes passent et les pratiques restent. De déceptions à soubresauts, ils sont désormais en phase de passer de la frustration à la revendication et à la révolte. Si ce n’est à la révolution sociale tout simplement.

Les mouvements de contestation, sources d’inspiration du changement qui pointe en Guinée font lésion : les printemps arabes (2010-2011) ; «La tempête de Ouaga » (c’est de moi) ou la deuxième révolution burkinabé, qui mit fin en 3 jours au pouvoir de Blaise Compaoré. Encore plus frais et en cours, la « Révolution du Sourire » ou le printemps algérien (février 2019-novembre 2019). Autant dire que la situation actuelle que connait la Guinée ne tombe pas du ciel. Le pouvoir aurait mieux fait de comprendre que le peuple ne peut plus se murer dans la peur, le silence complice et la subordination coupable. Ainsi mettrait-il fin à sa surdité, son indifférence, son arrogante et son cynisme en apportant la réponse aux maux qui rongent le pays.

Mais les attitudes et propos de certains caciques du système qui banalisent la mort des citoyens montrent que nous en sommes loin. Leur raisonnement belliqueux est le corollaire des répressions macabres des forces de l’ordre qu’ils justifient dans ces termes : « Si une manifestation est violente, l’État a aussi le devoir régalien de maintenir l’ordre public ». On ne peut mieux se montrer complice des actes criminels qui ont coûté la vie à plus d’une centaine de citoyens. Ces derniers jours, ce sont les chantages et les discrédits qui ont fait surface. Des personnes, de la même trempe que la précédente, qualifient l’opposition républicaine et le FNDC de djihadistes. Oublient-elles que nul ne les écoute plus tant elles n’inspirent pas confiance. Loin de comprendre que le sens de l’histoire a pris une autre tournure, de telles personnes se confortent dans le déni de l’imminence d’un changement de mode de gouvernance.

La Guinée attend son printemps Depuis 1958, la Guinée a fait de grands pas en avant. Certes, elle a été freinée dans sa marche par les maux évoqués plus haut. Cependant, nul ne peut nier la vaillance de notre peuple dans son combat pour la démocratie et l’Etat de droit. Un peuple qui a envoyé le Parti Démocratique de Guinée (PDG) au musée et conduit le Parti de l’Unité et du Progrès (PUP) à la morgue. L’obstination dont font preuve certains idéologues du RPG risque d’avoir les mêmes conséquences. En tout état cause, l’évolution ne saurait s’interrompre. Les systèmes politiques guinéens n’ayant su s’adapter ni aux marqueurs historiques, démographiques, politiques, sociaux ni aux nouvelles aspirations des jeunes générations doivent céder la place. Le chômage des jeunes est galopant. L’école et le système scolaire sont délaissés. Les perspectives d’avenir sont bouchées alors que l’exode interurbain (ou rural) est des plus élevé. Les jeunes guinéens empruntent les routes de la mort plus que quiconque. Leur nombre est effarant en Europe : il dépasse de loin ceux des pays en guerre du proche et moyen orient ou d’ailleurs. A contrario, la population guinéenne est parmi les plus jeunes. L’opportunité de changement découle de cette réalité.

Si les tentatives ont échoué par le passé, elles ne montrent pas moins que les Guinéens connaissent le chemin de la démocratie. Qu’ils ont été des artisans de la lutte contre les pouvoirs oppressifs coloniaux et post-indépendances. Si le FNDC n’est pas directement lié à cette généalogie historique et politique de combat pour la défense des droits et devoirs, il n’en est pas moins un élément du chaînon. Il est une nouvelle étape de la lutte pour l’émancipation. En tant que tel, il peut être exposé aux risques d’échec. Je ne reviendrai pas là-dessus (voir mon article : « Troisième mandat, la messe serait-elle dite » ? in Le Populaire, n°698, 23/12/2019). Si ce n’est pas la première fois que nous vivons une coalition entre force politique, civile et/ou syndicale, les revendications actuelles semblent annoncer la fin d’un cycle. En effet, depuis les premières mobilisations d’octobre 2019, les Guinéens bravent la pluie, la poussière, la faim, la soif et les misères quotidiennes en quête de la réponse à la question qu’ils se posent : le président Alpha Condé veut-il un troisième mandat ? L’annonce du 31 décembre a levé un coin du voile. Depuis, la liste de morts ne fait que s’alourdir. Pourtant, à défaut d’être évité, on peut y mettre fin.

Deux phrases, deux simples phrases peuvent suffire. Monsieur Alpha Condé peut éviter le pire à la Guinée s’il est resté celui qu’il était dans les années 70. Celui qui faisait le tour des universités françaises pour convaincre les étudiants africains de lutter contre les pouvoirs à vie et les dictatures. S’il est resté le même homme qui combattit pour le panafricanisme, il donnera l’exemple aux générations africaines, actuelles et futures. pensent que l’homme n’a pas seulement changé. Il s’est métamorphosé, estiment-ils. Au cas contraire, il n’aurait jamais tenté d’imposer une nouvelle constitution, premier pas vers un troisième mandat, aux Guinéens. Ceux qui ont connu M. Alpha Condé sont persuadés que le président guinéen a changé de cap et de vision en se lançant dans une perspective qui pourrait faire basculer son pays dans un conflit aux conséquences imprévisibles. En dépit de tout, ils sont encore nombreux à croire qu’il peut encore rattraper la balle au bond. Pour cela, il a une seule chose à faire.

Un seul acte qui effacerait tous les ratages, toutes les déceptions et lui donnerait l’image de l’homme auquel il s’est toujours identifié en se qualifiant « le Mandela de la Guinée ». Dès lors, il rentrerait dans l’histoire au sens noble du terme. Il ouvrirait une nouvelle page de l’histoire guinéenne et au-delà dans laquelle s’identifieront ses contemporains et les générations futures. Il n’a qu’un pas à franchir avec des mots simples et salvateurs : « Je renonce au changement de constitution ». « Je ne suis pas candidat à un troisième mandat ». Ces deux phrases vaudront toutes les phrases célèbres de l’histoire. Les Guinéens échapperont alors à la dimension dramatique qui se joue actuellement pour lui donner une tournure humaine et fraternelle. Ainsi, notre pays aurait pallié au pire. Tendons les oreilles d’ici-là pour accueillir l’Aube nouvelle.

Par Lamarana Petty Diallo lamaranapetty@yahoo.fr

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Mauritanie : des guinéens arrêtés pour tentative d’entrer illégale à Nouakchott

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Une dizaine des ressortissants guinéens auraient été arrêtés dans la matinée de ce vendredi 24 juin 2022, au kilomètre 100 sur la route Rosso Nouakchott, alors qu’ils tentaient d’entrer illégalement dans la capitale.   

Selon Sahara Medias qui donne l’information, c’est un chauffeur d’une citerne appartenant à l’une des sociétés de lait qui tentait de faire passer ces migrants, dont des femmes et des enfants.

Ils seraient détenus dans un poste de la gendarmerie mauritanienne.

Par Guinee28

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Politique : Bah Oury divorce avec la CORED de Mamadou Sylla

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Le divorce est consommé entre l’UDRG et la Convergence pour la renaissance démocratique en Guinée (CORED) dirigée par Mamadou Sylla.

Dans un tweet, le président de ce parti, Bah Oury, demande aux responsables de la coalition politique à laquelle il appartenait jusque-là d’acter la fin de leur collaboration peu après la sortie médiatique de Mamadou Sylla, président de la CORED.

« L’UDRG prend acte des propos de El hadj Mamadou Sylla de l’UDG et Président de la CORED sur les ondes de la radio FIM FM ce matin dans l’émission Mirador. En conséquence nous proposons aux instances de l’UDRG de valider la fin de notre implication au sein de cette coalition ».  Un peu plutôt dans la matinée, Mamadou Sylla l’a demandé de quitter sa coalition politique s’il ne respecte plus ses statuts et règlements, ou à défaut il va le virer.

« Si tu n’es pas d’accord, tu démissionnes ou on te fait partir », a déclaré Mamadou Sylla dans l’émission Mirador.

Il faut noter que l’origine de leur discorde remonte à hier. En effet, alors que la CORED avait décidé de décliner l’invitation à participer au troisième cadre de concertation initialement prévu ce vendredi, mais finalement reporté à lundi par le premier ministre, Bah Oury a plutôt pris la décision contraire, en indiquant qu’il est favorable au dialogue engagé sous l’égide du gouvernement. « Par conséquent l’UDRG ne partage pas le point de vue exprimer par la CORED », a-t-il posté hier sur Tweeter.

Par I. Sylla

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Dialogue politique : la rencontre de ce vendredi reportée

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Finalement, la troisième session du cadre de concertation prévue ce vendredi 24 juin 2022 n’aura pas lieu. Elle a été reportée à lundi prochain a annoncé le premier ministre dans un communiqué lu jeudi soir à la télévision nationale.

Selon Mohamed Béavogui, ce report s’explique par la « volonté exprimée du CNRD et du Gouvernement de mobiliser l’ensemble des acteurs socio- politiques autour de la table du dialogue pour une transition inclusive et apaisée ».

Il faut noter que ce report intervient alors que plusieurs coalitions politiques, dont l’ANAD et la CORED avaient déjà décliné l’invitation, au motif qu’elle ne cadre pas avec l’esprit de la déclaration du premier ministre du 20 juin dernier, déclaration dans laquelle, le chef du gouvernement a lancé un appel au dialogue, estimant qu’il n’est jamais trop tard pour se retrouver et qu’aucun sacrifice n’est de trop dans la construction du pays.

« Nos divergences doivent servir de point de départ pour des discussions constructives afin de mettre en œuvre les actions concrètes et nécessaires qui permettront le retour à l’ordre constitutionnel. Une invitation sera adressée par le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation à tous les acteurs politiques et sociaux pour une rencontre que je présiderai, dans les prochains jours, pour définir ensemble des modalités d’un véritable dialogue sans tabou, franc et inclusif », a-t-il poursuivi, soulignant que le gouvernement mettra à contribution la CEDEAO, l’UA et les Nations unie et s’appuiera également sur l’expérience du G5 en matière de suivi du dialogue.

L’ANAD de Cellou Dalein Diallo, la Cored de Mamadou Sylla, ainsi que le RPg arc en ciel, l’ex parti au pouvoir et le Fndc-politique, n’ont pas pris part aux deux précédentes sessions du cadre de concertation pilotée par Mory Condé, ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation.

Par Mariam Bâ

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