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Détention de Faya Millimono : un message d’intimidation clair envoyé aux opposants

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L’emprisonnement expéditif de Faya Millimouno président du BL est un précédent dangereux pour l’opposition, notamment dans un contexte où Alpha Condé tient coûte que coûte à briguer un troisième mandat interdit par notre Constitution.

Ce qui est reproché à Faya Millimouno n’est qu’un avatar de la vie politique et donc cette plainte ne doit pas être un prétexte pour le jeter préventivement en prison en attendant son procès. Pourtant, il présente toutes les garanties pour comparaître devant un tribunal, car en raison de sa stature de dirigeant politique important de notre arène politique, il est loin de lui, l’idée de fuir comme un vulgaire voyou. En outre, si on considère que la diffamation porte atteinte à l’honneur et à la considération d’une personne, dans ce cas précis, l’accusé a déclaré publiquement qu’il s’est trompé et a présenté ses excuses à la victime, donc l’honneur de celle-ci a été lavé de tout soupçon des faits qui lui sont imputés. Si malgré tout, elle porte plainte, la situation n’est pas aussi grave pour justifier une détention préventive de l’accusé.

La justice et les forces de sécurité sont devenues les bras armés du pouvoir pour mater toute forme de contestation de sa politique. Or, la Justice et la Police sont des institutions clés dans un État de droit. Elles garantissent la protection des droits des citoyens.

Notre impression, corroborée par des faits, est que la Justice et les forces de sécurité ne sont là uniquement que pour protéger le pouvoir politique. C’est une constante de notre sanglante histoire politique.

Il revient aux magistrats de prouver au public l’indépendance de la justice, que celle-ci n’est inféodée ni au pouvoir politique, ni au pouvoir de l’argent. C’est à eux qu’incombe cette lourde responsabilité que leur confie la Constitution en ses articles 107 et 109.

Article 107, alinéa 1 : Le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif.

Article 109, alinéa 1 : Les magistrats ne sont soumis, dans l’exercice de leurs fonctions, qu’à l’autorité de la loi.

Malgré cette garantie constitutionnelle, dans les faits, la justice est devenue dans les mains d’Alpha Condé, un instrument de répression politique qui cible exclusivement ses opposants. Les preuves foisonnent, mais je cite une des plus flagrante : le député Ousmane Gaoual Diallo a été incarcéré préventivement à deux reprises dans la levée préalable de son immunité parlementaire. Par contre, le député Amadou Damaro Camara président du groupe parlementaire de la mouvance a porté publiquement des accusations graves contre les magistrats. Ces derniers l’ont menacé de poursuite judiciaire devant les tribunaux. Toutefois, cette fois-ci, contrairement à leurs habitudes, quant il s’agit des opposants, ils ne l’ont pas convoqué directement au tribunal pour l’inculper et le jeter en prison; mais, ils ont réclamé au bureau de l’assemblée nationale la levée de son immunité parlementaire, ce dont n’a pas eu droit son collègue de l’opposition. Ne parlons même pas de plus d’une centaine de jeunes manifestants politiques tués sans que la justice n’ouvre aucune enquête pour connaître les auteurs de ces crimes et les juger. Mais, l’exemple le plus scandaleux, c’est le fait d’inculper des officiers supérieurs de crimes contre l’humanité dans l’affaire du massacre du 28 septembre 2009 et de les laisser en liberté tout en étant maintenu dans leurs hautes fonctions, simplement parce qu’ils ont le soutien du pouvoir exécutif.

La défaillance du pouvoir judiciaire est une menace grave pour nos droits et libertés et en même temps un facteur de déséquilibre de l’ordre constitutionnel. Un homme seul dicte sa volonté à toutes les institutions de la République, qu’il a domestiqué : c’est la dictature.

Ne nous y trompons pas, la réalité saute aux yeux, l’indépendance de la justice n’existe que sur papier. La justice est sous le contrôle du pouvoir politique. A mon avis, rien ne sert d’accabler les magistrats qui sont sous la férule du pouvoir depuis 60 ans, la seule alternative qui nous reste, c’est de changer cet ordre politique liberticide. Et l’article 21 de la Constitution nous en donne le droit. Il n’y a pas de démocratie sans démocrates. Il ne faut pas s’attendre au respect de la Constitution, lorsque des individus qui ne croient pas aux valeurs démocratiques s’emparent du pouvoir d’Etat. Détenant tous les moyens de coercition de l’Etat, ils répriment dans le sang la moindre opposition à leur pouvoir. Toute notre intelligence collective consiste à trouver la bonne voie pour renverser en notre faveur ce rapport de force.

L’incarcération de Faya Millimouno est un message d’intimidation clair envoyé à toutes les forces politiques et sociales, que le pouvoir est déterminé à sévir impitoyablement.

Ce pouvoir qui ne respecte pas les lois, nous les impose quand ça l’arrange. Nous devons donc exiger la libération immédiate de Faya Millimouno, car notre silence conforte le régime dans son bon droit.

J’avoue que c’est un combat difficile, non pas par manque de combattants, les jeunes Guinéens ont prouvé leur courage à se battre pour le changement depuis les événements de janvier-février 2007, mais il faut nécessairement le leadership d’hommes et de femmes déterminés, persévérants et désintéressés pour le mener jusqu’à la victoire finale de la démocratie et de l’Etat de droit.

En ce qui concerne les magistrats, c’est l’occasion d’honorer la mémoire d’un des leurs qui vient de nous quitter dans l’honneur et la dignité : Monsieur Kelefa Sall. Ils ont l’obligation morale de prendre le pouvoir que leur confère la Constitution pour juger en toute conscience conformément aux lois et non se soumettre honteusement au chef de l’exécutif. Au risque de me répéter, je dis qu’il n’y a aucun risque pour ce dernier, que les magistrats prennent leurs responsabilités, donc il revient aux Guinéens de se mobiliser puissamment pour mettre fin à ce système injuste et anti-démocratique.

Par Alpha Saliou Wann, analyste politique

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Guinée : Nana Akufo-Addo invite la junte respecter « son engagement »

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Le Président en exercice de la CEDEAO, le Ghanéen Nana Akufo-Addo,  s’est à nouveau exprimé sur la situation politique en Guinée, où Alpha Condé a été délogé le 5 septembre par les militaires du Groupement des forces spéciales, dont il est ironiquement le géniteur.

S'exprimant lors de la 76e session de l'Assemblée générale des Nations Unies ce 22 septembre, Akufo-Addo a invité la junte à tenir son engagement de libérer le président déchu, Alpha Condé,  et d’organiser des nouvelle élections présidentielles dans un délai de six mois.

«La CEDEAO a donné à la Guinée six (6) mois pour la restauration de l’ordre constitutionnel et a demandé la libération immédiate du président Alpha Condé. Lors de ma visite à Conakry vendredi dernier, les chefs militaires ont manifesté leur volonté de procéder à sa libération imminente. Nous espérons qu'ils tiendront leur parole», a-t-il indiqué. « Plus que jamais, nous devons défendre la démocratie et les droits de l'homme dans le monde », a-t-il ajouté.

Il faut rappeler que quelques heures après, la visite des chefs d’Etat de la Cédeao à Conakry, les nouvelles autorités guinéennes avaient démenti des remueurs sur une éventuelle sortie d’Alpha Condé hors du territoire guinéen. « Il est et demeurera en Guinée », avait martelé la junte, indiquant que l’ancien chef d’Etat bénéficiera d’un traitement humain digne de son rang dans le pays.

Par Ibrahim Bangoura

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António Guterres : « nous assistons à une flambée des prises de pouvoir par la force »

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Un peu plus de deux semaines après la chute d’Alpha Condé, déposé par l’armée, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a regretté la recrudescence des coups d’Etat dans le monde.

« Nous assistons à une flambée des prises de pouvoir par la force. Les coups d’État militaires reprennent. Et la désunion de la communauté internationale n’aide pas », a-t-il ajouté. « Un sentiment d’impunité s’installe », regrette-t-il  mardi à l’ouverture du débat général de la 76e session de l’Assemblée générale des Nations Unies au siège de l’Organisation à New York.

Selon le Secrétaire général, pour redonner confiance et raviver l’espoir, le monde a besoin de coopération et de dialogue.

« Nous devons investir dans la prévention des conflits et le maintien et la consolidation de la paix. Nous devons faire avancer le désarmement nucléaire et l’action que nous menons ensemble contre le terrorisme. Nous devons agir dans le profond respect des droits humains. Et nous devons nous munir d’un nouvel Agenda pour la paix », a-t-il ajouté.

Par Guinee28

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Guinée : quand Alpha Condé chute avec la Covid-19

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Depuis la chute d’Alpha Condé, déposé par l’armée le 05 septembre, curieusement, le nombre de cas et de décès de la Covid-19 continuent aussi de chuter en Guinée, au point que l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS) envisage de diminuer les centres de traitements de la maladie à Conakry dès le 01 octobre.  

« Au regard de l’évolution de la pandémie de Covid-19  avec la diminution des cas et décès, l’Agence nationale de sécurité sanitaire ( ANSS) tient à informer tous les administrateurs des différents CT-EPI du Covid-19, et l’ensemble du personnel de la riposte, qu’elle procèdera à compter du 01 octobre 2021, à une réductions des effectifs voire la fermeture de certains centres de traitements à Conakry », annonce l’ANSS dans une  note de service signée par son  Directeur général adjoint, Dr. Bouna Yattassaye.

Curieusement, cette réduction annoncée des centres de traitements de la Covid-19,  intervient un peu plus deux semaines seulement après le renversement d’Alpha Condé. Sa chute serait-elle une coïncidence avec celle de cas de la pandémie en Guinée ?

Ci-dessous la note de service

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