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Décès du général Nouhou Thiam : témoignage glaçant d’Alpha Saliou Wann sur l’affaire du 19 juillet 2011

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Le Général  Nouhou Thiam, ex chef d’Etat-major Général des Armées sous la transition militaire de 2010, est décédé des suites de maladie, dimanche 17 mai 2020, à Conakry. Ce soldat fut membre influent du CNDD et de l’armée guinéenne, avant de tomber dans la disgrâce à partir du 19 juillet 2011, date de la fameuse attaque du domicile du président Alpha Condé, à Kipé. Quelques jours après sa mort, l’un de ses compagnons d’infortune, en l’occurrence Alpha Saliou Wann fait un témoignage glaçant sur leur souffrance durant cette période.

Lisez :

« Il arrive qu’on rumine en silence sa souffrance quand on perd un compagnon d’infortune, notamment à un moment aussi grave que cette affaire du 19 juillet 2011.

La liste de nos morts s’allonge avec le tour du général Nouhou Thiam avec qui, j’avais noué une grande amitié lors de notre captivité.

Ce matin du 19 juillet, lorsque j’ai été conduit au camp, c’est le commandant Aboubacar Sidiki Camara de Gaulle que j’ai vu en premier le visage ensanglanté. Puis, j’ai été conduit dans une salle où j’ai trouvé le colonel Aidor Bah, lui aussi avait été copieusement battu : le sang coulait de sa bouche et de son nez. Les gardes m’ont pris mon chapelet et ma ceinture et ils ont écrit mon nom dans un registre; c’est là où j’ai vu en tête de liste le nom du général Nouhou Thiam. Tous ces trois officiers supérieurs sont morts. Les colonels Issiaga Camara et Sambarou Diamankan aussi sont déjà morts.

Mon arrestation sous les yeux de mes défunts parents a été une expérience terrible pour eux. Mes kidnappeurs avaient commencé par fouiller au peigne fin la maison principale en saccageant tout dans leur chambre. Quand ils me sortaient, ils ont pointé leurs armes sur mes parents pour les tenir en respect.

J’ai eu plus de chance que le jeune marchand Thierno Soufiane Diallo qui est mort dans des douleurs atroces à la maison centrale à cause des séquelles des bastonnades reçues lors de son arrestation. Ces barbares avaient levé leurs fusils pour ne frapper, c’est peut-être leur chef qui est intervenu pour me sauver.

Après mon interrogatoire, j’ai prié le président de la commission (le commandant Dedra tué dans l’accident d’avion au Liberia en compagnie du général Kèlèfa Diallo) de me permettre de rassurer mes parents. Il a refusé.

Voyez-vous il faut avoir vécu ces moments difficiles pour croire aux témoignages des survivants du camp Boiro : rien n’a changé, le même décor, les mêmes hommes maléfiques.

Certains m’ont demandé d’écrire moi aussi mes souvenirs, mais je me suis dis à quoi bon? Les Guinéens ont refusé de tirer les leçons de tous les drames vécus par certains de leurs compatriotes. Ils ont pourtant écrit ces choses horribles. On a beau scandé Plus Jamais Ça, malheureusement, Ça Continue.

Le 12 mai dernier, en plein mois de ramadan, la soldatesque d’Alpha Condé a abattue comme des chiens leurs propres compatriotes et la vie continue tranquillement. Imperturbable, il déroule son programme en toute impunité. Aucune clameur publique ne lui interdit de massacrer selon son bon vouloir les citoyens Guinéens.

Le général Nouhou Thiam avait la passion de son métier. Lui aussi d’ailleurs avait eu la vie sauve au PM grâce à l’intervention inattendue d’un jeune béret rouge qui était révolté par le mauvais traitement que lui infligeaient d’autres bérets revanchards. Il a armé son fusil et menacé d’abattre celui qui va toucher son général. Le calme est revenu difficilement dans leur rang, mais cette intervention de ce courageux jeune soldat qui les a empêché d’amener le général Nouhou Thiam à une destination inconnue.

Le général est resté digne, altier jusqu’au bout. Ils ont poussé la méchanceté jusqu’à l’empêcher de se recueillir sur la dépouille de son père décédé alors qu’il était en prison. Dans les faits, il était en résidence surveillée jusqu’à sa mort.

C’est la seule armée qui a laissé mourir ses chefs dans l’humiliation, du général Noumandian Keita au général Nouhou Thiam.

Mes pensées émues vont à sa brave et courageuse femme.

Paix aux âmes de tous mes compagnons d’infortune. »

Guinee28

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Guinée : les bourses des militaires en hausse de 100%, celles des étudiants augmentées

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Dans un décret lu à la télévision nationale, vendredi 12 août, le président de la transition, le colonel Mamadi Doumbouya, a revu à la hausse les compléments des bourses des militaires.

Initialement fixés à 60 USD par mois, désormais, ils passent à 120 USD par mois, soit une augmentation de 100%. La décision entre en vigueur à partir du 1er septembre prochain.

Dans un autre décret, le chef de la junte a aussi augmenté la bourse des étudiants. Désormais, elle est fixée à 100.000gnf pour la première année, 200.000gnf pour la deuxième année, 300 000 gnf pour la troisième année, 400 000 gnf pour la quatrième année et 500 000 gnf pour la cinquième, sixième et septième année .

Pour la bourse extérieure, elle passe à 120 dollars pour les étudiants de l'enseignement supérieur et 80 dollars pour ceux de l'enseignement technique et de la formation professionnelle.

Pour les bourses d’études d’entretien d’excellence, les montants sont :  Licence: 500 000 francs guinéens ; Master: 1 000 000 francs guinéens; Doctorat: 1 5000 000 francs guinéens.

Par Mariam Bâ 

 

 

 

 

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L’exception sénégalaise ! (Par Tierno Monénembo)

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Macky Sall, à son tour,  succombera-t-il à la funeste tentation du troisième mandat, comme on lui en prête l’intention ou son échec relatif aux législatives finira-t-il par l’en dissuader ? Le proche avenir le dira.

S’il s’en va à la fin de son mandat, nous pousserons tous un grand ouf de soulagement. Sinon, cela ne nous inquiétera pas outre mesure car son coup de force institutionnel n’aurait aucune chance de passer. Nous sommes au Sénégal, le pays du lettré Senghor. Dans cette société tout en subtilités et en nuances, les différences ne sont pas conflictuelles et les contradictions, pas forcément mortelles. C’est un corps sain, disposant des anticorps qu’il faut pour résister aux virus qui empoisonnent la vie politique de ses voisins : coup d’Etat, troisième mandat, parti unique, guerre de clan ou de religion.

 

Non, l’exception sénégalaise n’est pas une fiction. François Hollande se voulait un « président normal », eh bien, le Sénégal peut  être traité de « pays normal », c’est-à-dire d’une terre à la  singularité presque miraculeuse dans le sordide contexte que l’on sait. C’est vrai que les trains n’y arrivent pas à l’heure, puisqu’ils sont souvent en panne quand ils existent. C’est vrai que les éboueurs ne passent pas tout le temps mais les facteurs sont à l’œuvre, le courrier arrive à destination. C’est vrai que parfois, le débat politique s’enflamme et les grèves deviennent dures mais dans l’ensemble, la courtoisie régnant partout -même chez les flics !-,  le climat social est agréable.

 

Si l’Etat sénégalais n’est pas parfait, il a au moins le mérite d’exister. Ici, contrairement à la Guinée par exemple, on a le sens de l’institution et le respect de la procédure. Le formalisme, le principe de base de l’Etat est la règle, ce qui fait qu’en toute circonstance, l’administration assure le service minimum. Rien d’étonnant à cela : ce pays n’a jamais connu de dirigeant catastrophique. S’ils n’ont pas réalisé des prouesses économiques, tous ceux qui se sont succédé à sa tête ont veillé à favoriser l’instruction, à respecter la vie humaine, à préserver la trame sociale et à protéger les élites.

 

Le Sénégal est sans doute, le pays le moins réprimé d’Afrique.  Cela donne cette société intelligente où les forces vives sont intactes physiquement aussi bien que mentalement. En cas de danger, les prêtres, les marabouts, les écrivains, les médecins, les avocats ont le réflexe de tous sortir du bois pour éviter la dérive. Le pays de Birago Diop et de Cheikh Hamidou Kane ne tombe jamais dans le fossé, il tient la route malgré les énormes défis économiques et sociaux qui jonchent son chemin.

 

Voilà ce que Senghor avait répondu à Ahmadou Ahidjo quand celui-ci lui avait confié son intention de quitter, à son instar, volontairement le pouvoir et de le céder à Paul Biya : « Faites attention, Monsieur Le Président. Le Cameroun, ce n’est pas le Sénégal. »  La Guinée, non plus n’est pas le Sénégal, est-on tenté d’ajouter. Impossible d’imaginer un troisième mandat suivi d’un coup d’Etat militaire, à Dakar ! Dans un pays où les Généraux quand ils ne sont pas philosophes, sont juristes ou  historiens, à 20 comme à 67 ans, nul ne peut commencer une carrière de dictateur.

Tierno Monénembo, in Le Point

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Dissolution de deux conseils communaux par le colonel Doumbouya

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Dans un décret lu jeudi 11 août à la télévision nationale, le président de la transition a décidé de mettre un terme à deux conseils communaux pour « mauvaise gestion et détournement des ressources de la collectivité ».

Il s’agit du conseil communal de la préfecture de Gaoual et celui de la sous préfecture de Dialakoro dans la préfecture de Mandiana.

Dans le décret, le colonel Mamadi Doumbouya instruit le ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation de s’activer pour la mise en place d’une délégation spéciale. Objectif, conduire les affaires courantes, de ces deux communes urbaine et rurale.

Par Guinee28

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