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COVID-19 : voici l’intégralité du plan de riposte du gouvernement

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Alors que la pandémie du coronavirus avoisine les 130 cas confirmés en Guinée, le premier ministre, Kassory Fofana, a dévoilé un plan de riposte de 3500 milliards de francs guinéens.

Dans ce plan qui vise à minimiser les effets du COVID19 sur notre économie et sur les ménages des plus défavorisés, l’État prendra à sa charge pour trois mois les factures des abonnés au tarif social de l’électricité et de l’eau.  Les prix des produits de santé (c’est-à-dire produits pharmaceutiques et équipements de santé) et des denrées de première nécessité sont aussi gelés sur la période de la pandémie, les loyers sur les bâtiments publics et privés sont bloqués d’avril à décembre 2020 ( c'est-à-dire pas d’augmentation), les transports publics en bus sont rendus gratuits pour trois mois à partir de ce mois d’avril et le transport public par voie ferroviaire (Conakry Express) est également rendu gratuit pour trois mois à compter de ce mois d’avril 2020.

Lisez l’intégralité du discours du premier ministre :

Mes chers compatriotes,

C’est avec gravité que je m’adresse à vous aujourd’hui, au nom du Chef de l’État et du Gouvernement de la République.

En effet, notre pays, la Guinée, à l’instar d’autres nations, vit une crise sanitaire dramatique, liée au coronavirus ou COVID-19, qui se répand avec une rapidité vertigineuse, endeuille les familles, bouleverse les modes de vie et ralentit l’activité économique.

Selon les données de l’Organisation mondiale de la santé, à ce jour, ce sont 202 pays et territoires qui sont touchés, comptant plus d’un million de cas de contamination dans le monde, avec plus 60 000 décès.

En Guinée, les services du ministère chargé de la santé et l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS) dénombrent plus de 120 cas confirmés, dont cinq personnes guéries, et plus de 3 000 personnes ayant été en contact avec les cas confirmés.

Mes chers compatriotes,

Les projections disponibles ne sont pas rassurantes non plus. La progression déjà inquiétante du virus pourrait être encore plus fulgurante.

Les données disponibles prédisent que 20 à 60% de la population mondiale pourraient être contaminées et les pertes consécutives en vies humaines pourraient se compter en millions de victimes.

Les projections pour l’Afrique, notre continent, dont les dispositifs de santé publique sont déficients et où la solution de confinement présente une complexité de mise en œuvre, sont encore plus alarmantes.

Le 23 mars dernier, dans son adresse solennelle à la Nation, le Président de la République a instauré l’état d’urgence dans notre pays, pour renforcer de manière plus efficace la lutte contre la propagation du COVID-19 en Guinée.

Des mesures strictes ont été édictées, les forces de défense et de sécurité ont été mobilisées et les administrations appelées à se réorganiser et à s’adapter à la situation d’urgence.

Le Gouvernement n’ignore rien des contraintes que la situation actuelle fait peser ainsi sur les droits et libertés, de même qu’il mesure l’impact social de la crise sanitaire pour nos populations, en particulier les plus démunies, ainsi que pour l’économie nationale, avec des contraintes pesant sur le secteur privé.

« Préoccupé » par cette situation, le Président de la République m’a chargé, dans son adresse à la Nation, je cite, de « proposer un plan de riposte économique susceptible de soutenir notre économie et aider le secteur privé à absorber les chocs induits par le ralentissement prévisible de l’activité économique. » Fin de citation.

Sur la base des orientations qu’il a données, le plan de riposte présenté au nom du Gouvernement a ainsi été amendé et adopté.

Le but de ma présente communication est donc de vous présenter les grandes lignes dudit plan de riposte.

 

Chers compatriotes,

Comme vous pouvez le constater, les perspectives économiques mondiales sont incertaines et l’économie guinéenne ne sera pas épargnée. Elle sera tout aussi impactée par la crise sanitaire actuelle.

Le FMI prévoyait un taux de croissance de l’économie guinéenne de 6% en 2020 (contre 5,6% en 2019). Il est fort probable que les conséquences du COVID-19 se traduiront par une baisse qui pourrait atteindre environ 1% de PIB en 2020.

Outre la baisse du taux de croissance annuelle, le niveau de l’inflation devrait aussi s’écarter de la trajectoire prévue, tandis que le déficit budgétaire devrait s’aggraver, en passant de 3,4 à 6% de PIB, face à l’accroissement inévitable des besoins de financement pour apporter une riposte économique à la pandémie.

En plus du ralentissement général du système productif et la perte consécutive de recettes fiscales, induits par la situation économique mondiale, il convient de relever la position particulière de notre pays du fait de sa dépendance aux importations et vis-à-vis du secteur minier.

Par ailleurs, les restrictions internationales aux mouvements de personnes placent nos secteurs du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration dans une situation de fragilité inédite.

Il apparait clairement que la crise sanitaire actuelle aura de lourdes conséquences sur l’activité économique et sur le niveau de vie des populations.

Mes chers compatriotes,

 

Il est, dans la vie et l’histoire des Nations, des moments qui interpellent les gouvernants face à leur responsabilité de réduire les incertitudes et produire l’universel.

C’est tout le sens des directives de Monsieur le Président de la République, qui a instruit au Gouvernement que j’ai l’honneur de diriger de prendre toutes les dispositions qui s’imposent pour atténuer les effets de la pandémie du COVID-19.

Je dois avouer que nous avons pris du recul, sur la base de l’expérience acquise il y a quelques années dans la gestion de l’épidémie à virus Ébola, afin d’apporter une réponse coordonnée et appropriée à la situation actuelle.

À cet égard, une certaine prudence s’imposait à nous. Le Gouvernement ne souhaitait pas seulement faire des annonces fantaisistes.  Il nous a fallu établir, très clairement, les contours du plan de riposte et les moyens de le financer en tenant compte de la nécessité de maintenir la stabilité macroéconomique, et préserver ainsi les acquis chèrement conquis par la gouvernance du Professeur Alpha CONDÉ sur la décennie écoulée.

Après des consultations avec le secteur privé, qui m’a fait remonter ses observations et ses propositions, et en étroite concertation avec les départements ministériels économiques concernés et la Banque centrale de la République de Guinée, le Gouvernement guinéen s’est doté d’un plan rigoureux de riposte économique à la crise sanitaire actuelle.

Le coût global de ce plan de riposte économique est de plus de 3 000 milliards de francs guinéens.

Notre plan de riposte est adossé à trente (30) mesures spécifiques. Il s’articule autour de trois axes :

-        une composante sanitaire, destinée à contenir et juguler l’épidémie ;

-        une composante sociale, qui a pour but d’atténuer les conséquences de la crise sanitaire pour les ménages, notamment ceux en situation de précarité ;

-        et une composante appui au secteur privé, pour mitiger les effets  de l’épidémie sur les entreprises, en particulier les secteurs les plus affectés.

J’ai la ferme conviction que les trente (30) mesures retenues nous permettront de mieux protéger la société, prendre en charge nos malades, aider les plus démunis et prévenir l’effondrement de notre système économique.

La composante sanitaire du plan concerne l’amélioration de la prévention ainsi que des conditions dans lesquelles les personnes atteintes par le virus sont prises en charge de façon décente.

À ce titre, pour un coût total de 1 125 milliards de nos francs, la composante sanitaire du plan de riposte économique vise les objectifs suivants :

-        le renforcement du dispositif de surveillance et de prise en charge, tant à Conakry qu’aux trente-quatre (34) postes frontières identifiés et jugés comme étant les plus sensibles ;

 

-        le renforcement des infrastructures et du système national de santé.

La composante sociale du plan, quant à elle, vise à apporter une aide appropriée aux populations, en particulier les plus démunies. Elle comporte le plan de l’ANIES et des mesures sociales complémentaires. À cet effet :

-        l’Agence nationale d’inclusion économique et sociale (ANIES), fer de lance de la politique sociale du Gouvernement,  commencera à exécuter, à partir de cette semaine, un plan d’urgence de 439 milliards de francs guinéens, déjà disponible, pour mener une campagne de sensibilisation et la distribution de kits de protection, la réalisation de travaux à haute intensité de main d’œuvre (HIMO) destinés à assainir le cadre de vie à Conakry, et la réalisation de transferts monétaires pour 240 000 ménages vulnérables visés (soit 1,6 millions de Guinéens) ;

-        au titre des mesures sociales complémentaires, l’État prendra à sa charge pour trois mois les factures des abonnés au tarif social de l’électricité à compter de ce mois d’avril, pour un coût de 456 milliards de francs guinéens ;

 

-        l’État prendra également à sa charge pour trois mois les factures des abonnés au tarif social de l’eau à compter de ce mois d’avril, pour un coût de 24 milliards de francs guinéens ;

 

-        les échéances de paiement des factures d’eau et d’électricité pour l’ensemble des autres abonnés non commerciaux seront décalées de trois mois ;

 

-        les prix des produits de santé (c’est-à-dire produits pharmaceutiques et équipements de santé) et des denrées de première nécessité sont gelés sur la période de la pandémie ;

 

-        les loyers sur les bâtiments publics et privés sont bloqués d’avril à décembre 2020 ;

 

-        les transports publics en bus sont rendus gratuits pour trois mois à partir de ce mois d’avril, ce qui représente un effort de l’État à hauteur de 6 milliards de francs guinéens ;

 

-        le transport public par voie ferroviaire (Conakry Express) est également rendu gratuit pour trois mois à compter de ce mois d’avril 2020, soit un coût pour l’État de 2 milliards de francs guinéens ;

J’ai instruit tous les ministres sectoriels de prendre les dispositions requises pour l’application de ces mesures.

La composante appui au secteur privé consistera en un appui significatif au secteur privé, en particulier les secteurs les plus affectés que sont le tourisme, l’hôtellerie et l’artisanat. Ainsi il est décidé :

-        le report (pour trois mois) de l’ensemble des charges fiscales et sociales des entreprises du secteur du tourisme et de l’hôtellerie ;

 

-        un effort de paiement sans délai des arriérés dus par l’Etat aux secteurs du tourisme et de l’hôtellerie ;

 

-        un report pour trois mois du paiement des factures d’eau et d’électricité pour les entreprises du tourisme et de l’hôtellerie ;

 

-        l’État renonce pour trois mois à la TVA sur les factures d’eau et d’électricité des entreprises du secteur du tourisme et de l’hôtellerie ;

 

-        les échéances de remboursement des prêts bancaires au secteur du tourisme seront reportées de trois mois sans coût financier pour les entreprises ;

-        les équipements de santé et produits assimilés et entrant dans le cadre de la lutte contre le COVID-19 sont exonérés de tous droits et taxes pour toute la durée de la crise sanitaire ;

 

-        le paiement des impôts, taxes et versements assimilés est reporté de trois mois pour l’ensemble des petites et moyennes entreprises ;

 

-        les délais de remboursement des crédits de TVA aux entreprises sont réduits à deux semaines, et le ministre chargé du budget prendra toutes les dispositions en ce sens ;

 

-        la facturation des surestaries au port et à l’aéroport est suspendue pour trois mois ;

 

-        la dette intérieure de l’État, qui pénalise aujourd’hui nos PME, fera l’objet d’un effort progressif et significatif de règlement ;

 

-        les arriérés portant sur les marchés publics préfinancés par les entreprises au moyen d’emprunts bancaires feront également l’objet d’un effort significatif de règlement ;

 

-        les pénalités de retard dans le cadre de l’exécution des marchés et commandes publics de l’État et ses démembrements sont annulées ;

 

-        un fonds de garantie des prêts bancaires aux petites et moyennes entreprises (PME) sera créé, avec une dotation initiale de 50 milliards de francs guinéens ;

-        un fonds spécifique pour les groupements d’intérêt économique sera mis en place, pour un montant de 20 milliards de francs guinéens, pour les aider à mieux absorber le choc économique de la crise sanitaire et les accompagner dans leur formalisation ;

-        les exigences pesant sur les banques commerciales au titre de leurs réserves obligatoires auprès de la banque centrale seront assouplies, pour garantir le financement de l’économie ;

 

-        pour la même raison, les conditions de refinancement des banques commerciales auprès de la banque centrale seront allégées, avec une réduction du taux directeur de l’institut d’émission  ;

-        les modes de paiement par voie digitale (ou monnaie électronique) seront facilités et amplifiés.

 Mesdames et messieurs,

 Chers compatriotes,

Pour assurer le financement des mesures que je viens d’annoncer, un Fonds spécial de riposte et de stabilisation de l’économie, appelé Fonds de riposte COVID-19, sera créé dès cette semaine.

Ce fonds, qui s’élèvera à un montant minimum de 2 500 milliards de francs guinéens, sera alimenté par l’État à travers différentes sources de financement déjà identifiées et par les contributions volontaires des particuliers et des entreprises.

À cet effet, le Gouvernement lance un appel public à la solidarité nationale, pour que, ensemble, État, particuliers et entreprises, nous mutualisions nos efforts pour combattre plus efficacement la crise sanitaire actuelle.

Je voudrais également porter à votre connaissance que des discussions sont en cours avec nos partenaires techniques et financiers, bi et multilatéraux, pour garantir leur indispensable soutien dans le cadre de la lutte contre la pandémie liée au COVID-19. Je tiens ici à leur exprimer la reconnaissance de toute la Nation pour leur constant appui

Chers compatriotes,

La crise sanitaire que nous traversons est sans précédent. C’est la deuxième épidémie que nous connaissons en Guinée, en moins de dix ans, après celle liée au virus Ébola. La résilience des braves populations guinéennes est, encore une fois, mise à très rude épreuve.

Dans la lutte contre la maladie virale Ébola, chaque Guinéenne, chaque Guinéen, à son échelle, a donné du sien. Comme un seul homme, la Nation guinéenne tout entière s’est dressée pour lutter pour sa survie et notre Nation est restée debout.

 C’est dans cette force que nous devons à nouveau puiser aujourd’hui les ressources nécessaires pour venir à bout de la présente crise.

À chaque fois que l’avenir de la Guinée a été en jeu, nous avons su, nous Guinéens, trouver la force nécessaire pour nous réinventer.

Au-delà des divergences politiques, des considérations sociale, ethnique, religieuse ou des spécificités de nos mœurs et coutumes, il nous appartient d’adopter des attitudes responsables face au péril.

Braves populations guinéennes,

Je tiens à réitérer l’invitation de Monsieur le Président de la République à observer les mesures de prévention édictées par les autorités sanitaires, en particulier les gestes barrières et les réflexes hygiéniques associés.

Vous comprendrez à sa juste valeur, la décision prise par Son Excellence Monsieur le Président de la République, Professeur Alpha CONDE, de déclarer l’état d’urgence en Guinée, pour mieux livrer cette guerre sanitaire, face à un ennemi invisible, vicieux et dangereux, dont les effets dévastateurs sont visibles et ressentis à bien des égards.

Je veux lancer un appel à toutes les forces morales, politiques et sociales de notre pays, pour l’effort individuel et collectif exigé par l’état d’urgence. Déjà, il est heureux de noter l’élan de solidarité et de mobilisation observé dans le discours politique face à l’épreuve de la crise sanitaire.

Le moment exige une synergie d’actions coordonnées et déterminées de toutes les forces vives de la Nation. Nous devons cela aux plus vulnérables de la société, notamment les femmes, en raison même du rôle qui leur revient dans l’équilibre familiale et sociétale.

C’est vrai, la démocratie, ce n’est pas simplement la faculté d’exprimer librement son opinion ou de porter la contradiction. La démocratie, c’est aussi, et peut-être surtout, la volonté et la capacité à se rassembler, pour garantir une communauté de destin, lorsque la société fait face à une situation exceptionnelle et que le péril menace l’existence même de la Nation.

Chers compatriotes,

Je tiens à vous rassurer que le Gouvernement est et demeurera mobilisé pour mettre en œuvre toutes les dispositions que je viens de présenter dans les grandes lignes.

Au nom du Président de la République, le Gouvernement, par ma voix, prend devant vous l’engagement solennel de mener ce combat avec toute la détermination requise.

Je voudrais, pour terminer, féliciter, remercier et encourager les professionnels de santé, notamment les personnels soignants qui, malgré la faiblesse des moyens à leur disposition, assurent efficacement la prise en charge des malades, parfois au péril de leur vie. La Nation toute entière leur doit une reconnaissance infinie.

Pour lutter contre le COVID-19, apporter une aide aux plus démunis et soutenir nos entreprises, Vous pouvez compter sur nous !

 Je vous remercie.

Transmis par la Cellule de Communication du Gouvernement 

 

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Tierno Monénembo : le ventre d’un intellectuel guinéen est dix fois plus curieux que sa tête !

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L’intellectuel guinéen a un gros problème : son ventre est dix fois plus curieux que sa tête. Préoccupé de belle maison et de bonne  bouffe, de bolides et de blazers, englué jusqu’au cou dans le plus sordide des quotidiens, notre bonhomme a définitivement déserté le champ historique et culturel. Ce qui laisse la porte grandement ouverte aux  crétins et aux fripouilles. Est-ce bien malin que de se faire guider par plus petit, plus vil et plus ignorant que soi ?

Vous l’avez compris : tous les malheurs de ce pays viennent de lui. Si, dès le début, il avait pris ses responsabilités, la Guinée aurait été tout autre. Et comme notre pays est une espèce de Balnibarbi (ce pays fictif et mal fichu, imaginé par Jonathan Swift) où l’on passe son temps à dire la même chose et à répéter les mêmes gestes bref, à commettre les mêmes erreurs,  rien ne dit que le passé est derrière nous. Pour que le passé passe, il faut un minimum de rupture. Or, de rupture, il n’y en a point eu. Nos grosses têtes d’aujourd’hui ressemblent point par point à celles d’hier. Le même manque d’idéalisme, la même paresse d’esprit, le même individualisme, le même carriérisme, le même culte fanatique du quotidien, la même inguérissable naïveté ! A chaque fois que je pense à nos regrettés, brillants et prestigieux martyrs du camp Boiro, me revient en tête ce vers du poète turc, Nazim Hikmet :

« …tu es comme le mouton et quand le bourreau habillé de ta peau quand le bourreau lève son bâton tu te hâtes de rentrer dans le troupeau et tu vas à l’abattoir en courant, presque fier… »

Parfois, je sens dans l’air quelque chose qui rappelle l’odeur sulfureuse des années Sékou Touré, 1967 en particulier.  Ce fut cette année-là que notre sanguinaire « Responsable Suprême »réussit à concentrer tous les pouvoirs dans ses mains : après la chefferie traditionnelle, les partis d’opposition, les syndicats, l’armée, elle aussi passe à la trappe. C’est exactement ce qui se répète aujourd’hui : Alpha Condé est devenu aussi puissant que le Sékou Touré de 1967. Que nous réserve-t-il : un nouveau Camp Boiro ou carrément un Auschwitz voire un Buchenwald  pour engloutir à son tour ce qui nous reste de roseaux pensants ? Faudrait-il dans ce cas, rouler dans la poussière et verser des larmes de sang ? Je ne le pense pas. Les intellectuels de ce pays (de l’Afrique, plus généralement) ne sont pas  des victimes pures et simples, ce sont les complices actifs de leur propre anéantissement. Le monde est foutu quand les grands clercs plient sous le charme de la démagogie et ajoutent leur voix au bruit étourdissant de la vox populi. Penser, c’est garder à tout moment, en toute circonstance, un autre son de cloche !

Pourquoi d’après vous, les Indépendances africaines si chèrement acquises sont très vite devenues des usines à broyer des Nègres ? Tout simplement parce l’intellectuel africain (guinéen, en l‘occurrence) a renoncé au principe-même qui fait qu’un intellectuel est un intellectuel : l’esprit critique. Cette propriété qui porte les deux valeurs essentielles de la pensée : la lucidité et la liberté.

Nos intellectuels ont-ils été lucides ? Nos intellectuels ont-ils été libres ?

Critiquer les conneries du Blanc, c’était bien et même très bien mais cela ne pouvait suffire. Il fallait aussi et dès le début, critiquer nos propres conneries. Je vous assure que si dès le 3 Octobre 1958, Aimé Césaire, Cheik Anta Diop, Ki-Zerbo avaient mis le holà, Sékou Touré n’aurait pas osé faire ce qu’il a fait.

Le rôle d’une élite, c’est de tirer la société vers le haut. Et cela n’est possible que si elle se prémunit de la médiocrité et garde comme un inestimable trésor, son libre-arbitre. Le rôle d’une élite ce n’est pas de revendre des parcelles et d’amasser des dollars ; de spéculer sur le diamant ou de vendre des clous rouillés,  c’est de produire des idées fortes et des émotions saines, bref de galvaniser le peuple, de lui donner de quoi se projeter dans l’avenir en toute lucidité et en confiance. Si la dictature se perpétue dans ce pays, c’est à cause du manque cruel de parapets, de garde-fous, de contre-pouvoirs. Et il va de soi que le premier moyen de résistance est d’ordre mental ; il va de soi que le  premier contre-pouvoir est d’ordre intellectuel. La dictature reculera dans ce pays le jour où les intellectuels se réveilleront, le jour où ils se réconcilieront avec les notions d’idéal (c’est le plus beau des rêves, l’idéal !), de solidarité,  d’indépendance d’esprit et de débat d’idées.

Que nos intellectuels ne se leurrent pas : Sékou Touré, Lansana Conté, Dadis Camara, Sékouba Konaté et Alpha Condé ont trouvé leur raison d’être et leur force dans leur laxisme ou dans leur opportunisme. Qu’ils sachent bien qu’en cas de grabuge, aujourd’hui comme hier, ils seront les premiers à remplir les prisons et les tombes.

Tierno Monénembo

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Fin de la deuxième épidémie d’Ebola en Guinée

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L'Organisation mondiale de la santé (OMS) et les autorités guinéennes ont officiellement annoncé samedi à Nzérékoré la fin de la deuxième épidémie d'Ebola dans le pays, quelques mois après la réapparition de cette maladie.

"J'ai l'honneur de prendre la parole en ce jour de déclaration de la fin de la maladie à virus Ebola" en Guinée, a déclaré un responsable de l'OMS, Alfred Ki-Zerbo, lors d'une cérémonie officielle à Nzérékoré où la maladie était réapparue fin janvier.

"Je voudrais, au nom du chef de l'Etat (le président Alpha Condé), déclarer la fin de la résurgence de la maladie à virus Ebola en République de Guinée", a pour sa part indiqué le ministre guinéen de la Santé, le médecin général Rémy Lamah.

Un total de 16 cas confirmés et sept cas probables ont été recensés lors de cette dernière épidémie en Guinée. Onze patients ont survécu et 12 sont décédés, selon un communiqué de l'OMS publié samedi.

Le communiqué ne donne pas le détail des morts parmi les cas confirmés et probables.

Un précédent bilan donné par l'organisation jeudi faisait état de cinq décès.

L'épidémie de 2021 a été rapidement vaincue par rapport à 2013-2016. Elle était partie à l'époque de cette même Guinée forestière.

Elle s'était propagée au Liberia et à la Sierra Leone. Entre fin 2013 et 2016, la pire épidémie au monde depuis l'identification du virus en 1976 avait tué plus de 11.300 personnes, principalement en Guinée (2.500 morts), au Liberia et en Sierra Leone, trois des pays les plus pauvres au monde. Un bilan sous-évalué, de l'aveu même de l'OMS.

Avec AFP

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Alpha Condé à Accra pour la 59è session ordinaire de la Cédeao

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Le président Alpha Condé est arrivé vendredi soir à Accra au Ghana, où il doit assister, ce samedi 19 juin 2021, à la 59è session ordinaire de la Cédeao

Les participants à ce sommet vont aborder des questions de paix et la stabilité dans la sous-région, l'avancement des réformes institutionnelles de la CEDEAO, la vision 2050 et le projet de monnaie unique.

Cette 59e session ordinaire de la CEDEAO qui se tient aujourd’hui, a été précédée par la 46ème session ordinaire du Conseil de médiation et de Sécurité de même que la 86e session ordinaire du Conseil des ministres de la Communauté.

Par Guinee28

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