Connect with us

A LA UNE

Covid-19 : le gouvernement reconduit la gratuité de l’eau et de l’électricité

Publié

le

Votre publicité ici

Le premier ministre a présenté ce mardi 23 juin la phase 2 du plan économique de reposte à la pandémie de coronavirus.  Dans son discours, Kassory Fofana a annoncé que toutes les mesures destinées à soulager directement les populations, à savoir la gratuité de l’eau, de l’électricité et des transports publics (bus et train) sont reconduites pour trois mois, soit de juillet à septembre 2020.

Par la même occasion, il a annoncé aussi que le paiement de la redevance sur les droits de douane à l’importation pour les denrées de première nécessité (le riz, le sucre, le lait, l’huile et l’oignon) est suspendu jusqu’à la fin de l’année. Cette mesure est déjà effective depuis le 1er juin, souligne-t-il.

Lisez l’intégralité du discours

Conakry, le 23 Juin 2020-

Mes chers compatriotes,

Depuis l’apparition de la Covid-19, la vie est devenue différente et le monde a brusquement changé. Malgré la mobilisation et la détermination de tous les gouvernements du monde, le virus est encore là, avec nous, et met à risque notre santé et nos économies.

C’est pourquoi, il nous faut agir et réagir ensemble, afin de préserver nos vies, et que dis-je, garantir notre survie.

Le 6 avril dernier, par ma voix et au nom du Président de la République, le Gouvernement a pris l’engagement solennel de mener le combat contre la crise sanitaire liée à la COVID-19 en Guinée et de travailler à en atténuer les conséquences.

Le plan de riposte économique que je vous avais présenté à cette occasion constituait ainsi, vous vous en souviendrez, une première réponse du Gouvernement. Ce plan comporte une composante sanitaire, une composante sociale et une composante économique et financière, en guise d’appui au secteur privé.

Deux mois après la présentation de ce plan, je souhaite partager avec vous le bilan d’étape de la mise en œuvre des trente (30) premières mesures décidées. Je vous ferai aussi part des nouvelles initiatives du plan de riposte destinées à protéger et soutenir davantage nos concitoyens et notre économie face à cette menace mondiale.

Que retenir donc de la mise en œuvre de la phase 1 de la riposte ?

D’abord, la composante sanitaire.

Le dispositif de surveillance de l’épidémie et nos capacités de réponse sanitaire et de prise en charge des malades ont été renforcés grâce à la mise en œuvre de différentes actions, notamment :

– Le déploiement de la surveillance sanitaire, tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays, et tout particulièrement au niveau des postes frontières les plus fréquentés ;

– L’amélioration des capacités d’hébergement, pour une meilleure prise en charge des malades ;

– L’achat de tests rapides et de médicaments et la prise en charge des frais de laboratoires ;

– Le lancement d’essais cliniques par l’Institut de Recherche et de Développement des Plantes Médicinales et Alimentaires de Dubréka ;

– La venue de l’assistance médicale cubaine ;

– La mobilisation générale du corps médical guinéen ;

– Enfin, la consolidation du dispositif de riposte sanitaire sur les plans de renforcement des laboratoires, de la logistique, de la communication, de la coordination et de l’assistance technique.

À ce jour, cent cinquante-huit milliards de francs guinéens ont été mobilisés au titre  de la composante sanitaire.

Ensuite, la composante sociale.

L’Agence Nationale d’Inclusion Économique et Sociale (ANIES), le fer de lance de cette composante sociale, a déployé ces dernières semaines, dans le cadre de son plan d’urgence, un premier ensemble d’actions de sensibilisation, d’accompagnement communautaire, de distribution de kits sanitaires et de désinfection d’une vingtaine de marchés et lieux publics.

L’État a instauré la gratuité des transports publics (bus et trains) à Conakry et pris à sa charge le paiement des factures d’eau et d’électricité des abonnés au tarif social pour la période d’avril à juin 2020.

L’Etat a également soutenu le pouvoir d’achat de la ménagère au travers d’allègements fiscaux sur les importations de riz et autres denrées de première nécessité.

À ce jour, l’État a mobilisé au titre de la composante sociale du plan de riposte économique du Gouvernement deux cent vingt-cinq milliards de francs guinéens.

Enfin, l’appui au secteur privé.

L’allègement des charges fiscales a bénéficié comme prévu aux entreprises des secteurs économiques les plus touchés par la crise :

– ainsi, les secteurs professionnels  notamment de l’hôtellerie et du tourisme ont bénéficié de paiements au titre de la dette intérieure de l’État. Ils ont bénéficié également, de reports de paiement de leurs charges fiscales pour la période d’avril à juin 2020. Par ailleurs, l’État a renoncé, pour la même période, à la collecte de la TVA sur les entreprises de ces secteurs.

Ces mesures ont coûté (60) soixante milliards de francs guinéens à l’Etat.

– Les charges fiscales des entreprises du secteur du petit commerce (artisanat, maquis, bars et restaurants, cinémas et lieux de spectacle) ont été supprimées pour la période d’avril à juin 2020 ;

– Les moyennes entreprises réalisant un chiffre d’affaires compris entre                   500 000 000 et 1 500 000 000 de francs guinéens, qu’elles soient dans le commerce, l’industrie, les mines et carrières, la construction, ont bénéficié d’un report de paiement de leurs charges fiscales pour la même période allant d’avril à juin ;

– En outre, les pertes financières subies par les entreprises du secteur du spectacle ont été partiellement prises en charge par l’Etat ;

Au-delà de l’allègement fiscale des charges fiscales, la trésorerie des entreprises a aussi été soulagée grâce à la mise en œuvre d’autres mesures, notamment :

– La suspension de la facturation des pénalités de surestaries pour le secteur portuaire ;

– La mise à disposition d’un montant de deux cent milliards de francs guinéens dans un compte séquestre logé à la Banque centrale de la République de Guinée en vue d’accélérer les remboursements de crédits de TVA aux entreprises du secteur minier.

Mes chers compatriotes,

Dans le plan de riposte, il était prévu que les équipements de santé et produits assimilés entrant dans la lutte contre la COVID-19 soient exonérés de TVA à l’importation pour la période d’avril à juin 2020. Ceci a été mis en œuvre avec, à date, un coût pour l’État de cent milliards de francs guinéens.

Enfin, l’appui au secteur privé comprenait également deux mesures d’importance majeure destinées à renforcer les mécanismes de financement de l’économie. À ce titre :

– un Fonds de garantie bancaire a été mis en place pour un montant de cinquante milliards de francs guinéens, pour faciliter l’accès des PME-PMI au crédit bancaire ;

– un autre Fonds d’appui aux Groupements d’intérêt économique (GIE) et aux petites et moyennes entreprises les plus frappées par la crise et répondant aux conditions de financement, pour un montant de quarante (40) milliards de francs guinéens, a également été mis en place.

Le secteur de l’agriculture a déjà commencé à bénéficier de cet appui, notamment pour ce qui concerne l’anacarde et la pomme de terre. Nous sommes heureux de le dire à ce titre, quinze (15) milliards de francs guinéens ont été mis à la disposition des exportateurs d’anacarde, pour des subventions directes aux producteurs.

À ce jour, ce sont quatre cent quatre-vingt milliards de francs guinéens qui ont ainsi été mobilisés par l’État pour l’appui au secteur privé.

Au total, toutes composantes confondues, la mise en œuvre du plan de riposte à la COVID-19 pendant ces trois derniers mois aura représenté un montant de 845 milliards de francs guinéens, dont un effort budgétaire propre de l’Etat de 730 milliards de francs guinéens.

Mes chers compatriotes,

Mesdames et messieurs,

Ce bilan d’étape serait incomplet s’il ne mentionnait pas et ne mettait pas en exergue à juste titre, l’élan considérable de solidarité nationale qui s’est manifesté face aux difficultés et défis d’une crise inédite par son ampleur et ses effets.

Au titre de la solidarité nationale, c’est en effet un montant de trois cent cinquante-deux milliards de francs guinéens qui a déjà été encaissée en espèces, grâce à la contribution généreuse des acteurs nationaux, sur le compte spécial COVID-19 ouvert à la Banque centrale.

Par ailleurs, les dons effectués en nature dans le cadre du volet sanitaire du plan de riposte par le secteur privé national, les ONG et les entreprises multinationales ont été significatifs, pour une valeur totale de cent quatorze milliards de francs guinéens.

Au titre de la solidarité internationale, nos différents partenaires ont également apporté des appuis au Gouvernement. La Banque mondiale, par exemple, a mobilisé  vingt-trois millions de dollars américains pour le volet sanitaire du plan de riposte. Le conseil d’administration de ladite institution a également approuvé, le 29 mai dernier, un financement de soixante-dix millions de dollars américains pour l’ANIES, sur lequel vingt-cinq millions serviront à financer en partie le plan d’urgence de l’ANIES sous forme de transferts monétaires dès ce début de mois de juillet 2020.

Il y a également lieu de se réjouir de l’approbation, la semaine dernière, d’un appui de près de cent cinquante millions de dollars américains par le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI).

Mesdames et messieurs,

Il est certain que l’effort budgétaire très exceptionnel consenti par l’État, complété par les contributions financières de nos concitoyens, du secteur privé national et la communauté internationale, ont facilité et permis, de limiter la propagation du virus dans notre pays, par la mise en œuvre rigoureuse de la phase 1 du plan de riposte.

Nonobstant le fait que le développement de la pandémie de covid-19 a été moins spectaculaire en Afrique contrairement aux projections alarmistes d’il y a trois mois, nous devons nous abstenir de tout triomphalisme.

Il n’est pas permis de relâcher les efforts sur les gestes barrières et les mesures d’hygiène préconisées. Le virus est bel et bien là, toujours actif. Les statistiques internationales de ces dernières semaines prouvent même qu’il circule de plus en plus vite et frappe de plus en plus fort sur notre continent.

La Guinée, en dépit d’un taux de létalité parmi les plus faibles, n’échappe pas à cette tendance. C’est la raison pour laquelle Il est essentiel de ne pas baisser la garde, car nul ne peut prédire comment évoluera la situation sanitaire dans notre pays pour les mois à venir.

Conscient de cette réalité, le Gouvernement que j’ai l’honneur de conduire, sous la haute direction de Monsieur le Président de la République, le Professeur Alpha CONDÉ, s’est attelé ces dernières semaines à concevoir un nouveau train de mesures de riposte en vue de renforcer nos capacités de résilience à la crise de la COVID-19.

Que  sont-elles  ces nouvelles initiatives inscrites dans la phase 2 de la riposte ?

À l’instar de la phase 1, la phase 2 du plan de riposte sera composée de volets sanitaires, social et économique. Les nouvelles mesures vont nous permettre de consolider dans la durée les acquis déjà obtenus sur les différents fronts de la riposte.

Sur le front sanitaire, les efforts de prévention et de dépistage seront poursuivis, étendus et intensifiés. A ce titre :

– Dans la perspective de la réouverture prochaine des classes et pour protéger tant les élèves que le personnel enseignant, les établissements scolaires et universitaires feront l’objet d’opérations de désinfection. Des kits de protection sanitaire leur seront fournis de même qu’aux lieux de culte à l’intérieur du pays ;

– Les marchés seront périodiquement fermés pour le nettoyage et la désinfection, selon un calendrier à établir par les autorités compétentes ;

– Les administrations et les entreprises feront l’objet d’un dépistage systématique.

– Enfin les projets de recherche scientifique seront encouragés et soutenus financièrement par le Gouvernement pour contribuer à la lutte contre la pandémie.

Le volet sanitaire de la phase 2 coutera cent cinquante milliards de francs guinéens pour les trois mois à venir.

Sur le front social, des mesures fortes sont décidées pour protéger davantage nos concitoyens et notamment les plus vulnérables d’entre eux :

– L’Agence nationale d’inclusion économique et sociale (ANIES) déploiera, dans les prochaines semaines, un vaste programme de transferts monétaires au bénéfice d’un premier groupe cible de 240 000 ménages, à raison de 250 000 francs guinéens par ménage et par mois. Ces transferts seront accompagnés de distribution de vivres aux foyers communautaires infectés et de la poursuite de la campagne de sensibilisation et de distribution de kits sanitaires entreprises en phase 1;

– Toutes les mesures destinées à soulager directement les populations, à savoir la gratuité de l’eau, de l’électricité et des transports publics (bus et train) sont reconduites pour trois mois, soit de juillet à septembre 2020 ;

– Le paiement de la redevance sur les droits de douane à l’importation pour les denrées de première nécessité est suspendu jusqu’à la fin de l’année. Cette mesure est déjà effective depuis le 1er juin. Les denrées concernées sont le riz, le sucre, le lait, l’huile et l’oignon ;

– Une réserve de sécurité alimentaire sera créée pour parer tout risque de crise d’approvisionnement, notamment pendant la période de soudure (août et septembre 2020) ;

– Les droits de douane applicables à l’importation des produits de pêche sont suspendus, à l’exception de la RTL et un programme d’importation de 6 000 tonnes de poissons congelés va être mis en œuvre sous l’égide du ministère chargé de la pêche et de l’économie maritime pour résorber le déficit projeté ;

– Les taxes frappant les contrats d’assurance santé et d’assurance vie seront réduites et les primes d’assurances sur la vie seront désormais déductibles de l’assiette imposable au titre des années 2020 et 2021 ;

– L’inclusion financière sera encouragée par la facilitation de l’accès du plus grand nombre d’usagers aux services financiers digitaux ;

Sur le front économique, des appuis aux entreprises et aux activités économiques seront accentués et complétés. Ainsi :

– L’État a décidé de prendre à sa charge 50% des charges fiscales reportés en phase 1 pour les secteurs du tourisme et de l’hôtellerie, ainsi que les facture d’eau et d’électricité des établissements de ces secteurs économiques ;

– Pour le secteur du tourisme encore, l’effort de règlement des arriérés de l’Etat vis-à-vis des agences de voyage sera poursuivi.

– Dans la même logique, les entreprises du secteur de l’hôtellerie et du tourisme verront réduites de moitié le montant de leur contribution foncière unique et de leur patente, en contrepartie du renouvellement des contrats de travail en cours.

– Des subventions seront accordées aux institutions de microfinance, à travers le fonds d’appui aux Groupements d’intérêt économique (GIE), pour les aider à faire face aux charges liées à la pandémie et équilibrer leurs bilans.

– Toutes les entreprises seront exonérées du paiement de la taxe d’apprentissage jusqu’à la fin de l’année 2020, à condition qu’elles s’engageant pour toute la période à conserver leurs effectifs et à leurs payer au moins 70 % de leur salaire nominal d’aujourd’hui ;

Aussi, l’Etat veillera-t-il à ce que la libre circulation des marchandises soit facilitée sur le territoire national afin de garantir la stabilité des prix à la consommation. Nous sommes conscients que ceci est une condition sine qua non pour un bon approvisionnement des populations en produits alimentaires, et une nécessité pour la stabilité des prix.

C’est pourquoi des laissez-passer spécifiques continueront à être délivrés aux transporteurs qui acheminent les vivres et les matériaux de construction à Conakry et à l’intérieur du pays, sous la responsabilité des ministères chargés de la défense et de la sécurité.

La phase 2 du plan de riposte se devait de reconnaître l’implication exceptionnelle qui a été et qui est toujours celle des personnels de santé ainsi que des forces de défense et de sécurité qui les accompagne dans la lutte contre la COVID-19. Les effectifs impliqués dans la riposte percevront donc des primes exceptionnelles sur la période de trois mois de juillet à septembre 2020.

Les différents ministres concernés par les mesures que je viens d’indiquer présenteront dans les prochains jours chacun en ce qui le concerne les détails des différentes actions du Gouvernement.

Mes chers compatriotes,

Je mesure les bouleversements de notre mode de vie et les sacrifices consentis par chacun et tous depuis l’apparition de la COVID-19.

Comme l’a fait remarquer le Président de la République, nous devons faire le choix de la responsabilité, pour lutter efficacement contre la pandémie et briser la chaine de contamination dans notre pays.

À ce propos, il me plait de redire les félicitations de Monsieur le Président de la République, au peuple de Guinée qui s’est montré à la hauteur des attentes en observant avec discipline et sacrifice les recommandations des autorités sanitaires.

Comme d’autres épreuves traversées, nous sommes convaincus que celle de la COVID-19 passera, elle aussi, grâce à notre effort national de solidarité et notre capacité de résilience quand il s’agit de notre pays, notre chère Guinée, que nous sommes disposés à aimer, défendre et protéger. C’est en fait l’héritage de notre histoire et notre espérance pour assurer des lendemains meilleurs à chacun et à tous.

Que Dieu bénisse la Guinée et les Guinées.

Je vous remercie

Transmis par la Cellule de Communication du Gouvernement

Votre publicité ici

Guinee28.info est un site d’informations générales et d’analyses sur la Guinée. Il couvre au quotidien l’actualité en toute indépendance et impartialité. Il offre aussi à ses lecteurs un débat d’idées, favorisant l’établissement d’une culture démocratique. Vous êtes annonceurs ? Vous voulez publier un article sponsorisé ? Nous contacter: alfaguinee28@gmail.com

A LA UNE

La Guinée barricade ses frontières avec le Sénégal, quelques jours après le passage de Dalein à Dakar

Publié

le

Par

Votre publicité ici

Les autorités guinéennes ont procédé ce 28 septembre, à la fermeture de ses frontières avec le Sénégal et la Guinée-Bissau.

Si aucune raison officielle n’a été donnée par le gouvernement guinéen,  le gouverneur de la région de Labé a évoqué la période électorale.

« Nous sommes dans une période électorale. Partout ça se ferme » a confié Madifing Diané à africaguinée, ajoutant que « la fermeture des frontières n'est pas un tabou, ni un secret »

Du côté de Dakar, on apprend que les autorités sénégalaises n’ont pas été encore informées de cette décision. Une décision qui intervient quelques jours après le passage de Cellou Dalein Diallo, le principal candidat de l’opposition à l’élection présidentielle du 18 octobre prochain, dans la capitale sénégalaise, mais aussi quelques jours après une sortie médiatique du président Bissau-guinéen, Cissoko Emballo, sortie dans laquelle il a ouvertement apporté son soutien à Mr Dalein Diallo, rendant ainsi la monnaie à Alpha Condé qui avait soutenu son adversaire lors de la présidentielle Bissau-guinéenne.

Plusieurs camions de marchandises seraient bloquer à cause de la fermeture de ces frontières.

Par Guinee28

 

Votre publicité ici
Cliquez et continuer à lire

A LA UNE

Massacre du 28 septembre : plusieurs ONG dénoncent le manque de volonté du gouvernement à tenir un procès

Publié

le

Par

Votre publicité ici

Aujourd’hui, cela fait onze ans jour pour jour que plus de 150 guinéens ont été massacrés au stade du 28 septembre, par la junte militaire d’alors dirigée par le capitaine Moussa Dadis Camara.  A l’occasion de ce triste anniversaire, six organisations ont dénoncé le manque de volonté des autorités guinéennes à ouvrir un procès sur ce dossier.  

Il s’agit de l’Association des victimes, parents et amis du 28 septembre 2009 (AVIPA), Les Mêmes Droits Pour Tous (MDT), l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme (OGDH), la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), Amnesty International et Human Rights Watch.

Ces organisations ont indiqué qu’elles sont de plus en plus préoccupées par le manque de volonté affiché à organiser ce procès en Guinée.

« A cet égard, le fait que le gouvernement actuel ait commis de nombreuses violations des droits humains pourrait entraver sa volonté d’organiser un procès contre des auteurs de crimes antérieurs à son avènement au pouvoir », soutiennent-t-elles.

En effet, « ces derniers mois, les autorités guinéennes ont harcelé, intimidé et arrêté arbitrairement des membres de l’opposition et des défenseurs des droits humains, dans une atmosphère d’insécurité liée aux restrictions imposées par la pandémie de Covid-19. Cela faisait suite à la violente répression des membres et sympathisants de l’opposition à laquelle se sont livrées les forces de sécurité avant et pendant les scrutins controversés du 22 mars, le référendum constitutionnel et les élections législatives », rappelle ces ONG

« Dans un tel contexte, les six organisations craignent que les autorités actuelles retardent encore davantage la perspective de tenir un tel procès. Il est important de prendre des mesures pour protéger les témoins, les victimes et les avocats concernés par l’affaire de 2009 », ont déclaré les organisations, expliquant que la tentative d’intrusion du siège des locaux de l’AVIPA pendant les scrutins controversés du 22 mars est une illustration des risques sécuritaires encourus par les acteurs dans ce procès.

Le 28 septembre 2009, des éléments des forces armées guinéennes sous la junte du capitaine Moussa Dadis Camara, prenaient d'assaut un stade de Conakry, la capitale, où s'étaient réunis plusieurs milliers d'opposants. Près de 160 personnes ont alors été tuées dans l'attaque et 1 400 autres blessées et plus d'une centaine de femmes ont été violées.

Plus de 13 suspects ont été inculpés – et 11 d’entre eux renvoyés au procès – dont d’actuels et d’anciens responsables de haut niveau.

Parmi eux figurent Moussa Dadis Camara – actuellement en exil au Burkina Faso, l’ancien chef de la junte appelée Conseil national pour la démocratie et le développement, qui gouvernait la Guinée en septembre 2009, ainsi que son vice-président, Mamadouba Toto Camara. Certains suspects inculpés occupent toujours des postes d’influence, notamment Moussa Tiegboro Camara, qui est chargé de la lutte contre le trafic de stupéfiants et le crime organisé.

Abubakar « Toumba » Diakité, l’aide de camp de Dadis Camara, a également été inculpé. Après avoir échappé à la justice pendant plus de cinq ans, il a été extradé du Sénégal vers la Guinée en mars 2017.

Quatre autres personnes inculpées sont détenues à la prison centrale de Conakry, respectivement depuis 2010, 2011, 2013 et 2015. Leur détention provisoire est illégale, vu qu’elle excède la limite maximale autorisée par la loi guinéenne : 18 à 24 mois en matière criminelle.

L’enquête menée par des juges d’instruction guinéens, ouverte en février 2010 a été  bouclée fin 2017.

En janvier dernier, le ministre de la justice avait promis que le procès sera organisé cette année.

Le budget et le lieu du procès ont été fixés. Sékou Keïta, chargé de communication au ministère de la Justice, assure à RFI que tous les obstacles matériels ont été levés et qu’il revient maintenant au procureur de Dixinn, Sidi Souleymane Ndiaye de l’organiser. Ce dernier, cité par la même source, dit régler actuellement les dernières formalités indiquées par le code de procédure pénale.

Mais la Fédération internationale des droits de l’homme, partie civile dans le procès, affirme dans un communiqué que « sans actes concrets pour qu’un procès s’ouvre d’ici la fin de l’année 2020, le Bureau de la procureure de la Cour pénale internationale (…) doit prendre les mesures nécessaires et ouvrir une enquête, en application du principe de complémentarité. »

Par Alpha Abdoulaye Diallo

Votre publicité ici
Cliquez et continuer à lire

A LA UNE

Le FNDC dans la rue, malgré l’interdiction des autorités

Publié

le

Par

Votre publicité ici

Le front national pour la défense de la Constitution (FNDC) sera dans la rue demain mardi 29 septembre à Conakry, malgré l’interdiction de leur marche par les autorités.

« En prenant acte de cette décision illégale de privation de l’exercice des libertés publiques en Guinée, le FNDC maintient sa marche sous la forme de résistance et invite les citoyens à désobéir à cette décision illégale pour faire valoir leur opposition à la candidature illégale de M. Alpha Condé pour un troisième mandat. », a déclaré le front dans un communiqué.

« Le FNDC prend l’opinion nationale et internationale a témoin que M.Alpha CONDÉ sera le seul responsable de ce qui adviendra pendant la manifestation du peuple martyr de Guinée à la quête de sa souveraineté », prévient-t-il, ajoutant qu’il « ne renoncera à son combat tant que M. Condé ne renonce pas à son troisième mandat ».

La marche est prévue sur l’autoroute Fidel Castro.

Par Mariam Bâ

Votre publicité ici
Cliquez et continuer à lire

Facebook

Devenez annonceur sur guinee28.info

Créez votre site INTERNET 250000FG MOIS

Créez votre site INTERNET 250000FG MOIS
Devenez annonceur sur guinee28.info

A PROPOS DE GUINEE28

Siège social : Lansanaya barrage commune de Matoto.

Télél : +224 624 24 93 98 – 656 92 41 62 – 666 39 29 09

Email : alfaguinee28@gmail.com

Tendance

Vous aimez lire guinee28.info merci par avance de votre soutien «Veuillez désactiver votre bloqueur de publicité». Nous n'affichons que des publicités natives qui rendent le site agréable.

Avis aux utilisateurs d'AdBlock

Vous aimez lire guinee28.info merci par avance de votre soutien «Veuillez désactiver votre bloqueur de publicité». Nous n'affichons que des publicités natives qui rendent le site agréable.