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Covid-19 : le gouvernement reconduit la gratuité de l’eau et de l’électricité

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Le premier ministre a présenté ce mardi 23 juin la phase 2 du plan économique de reposte à la pandémie de coronavirus.  Dans son discours, Kassory Fofana a annoncé que toutes les mesures destinées à soulager directement les populations, à savoir la gratuité de l’eau, de l’électricité et des transports publics (bus et train) sont reconduites pour trois mois, soit de juillet à septembre 2020.

Par la même occasion, il a annoncé aussi que le paiement de la redevance sur les droits de douane à l’importation pour les denrées de première nécessité (le riz, le sucre, le lait, l’huile et l’oignon) est suspendu jusqu’à la fin de l’année. Cette mesure est déjà effective depuis le 1er juin, souligne-t-il.

Lisez l’intégralité du discours

Conakry, le 23 Juin 2020-

Mes chers compatriotes,

Depuis l’apparition de la Covid-19, la vie est devenue différente et le monde a brusquement changé. Malgré la mobilisation et la détermination de tous les gouvernements du monde, le virus est encore là, avec nous, et met à risque notre santé et nos économies.

C’est pourquoi, il nous faut agir et réagir ensemble, afin de préserver nos vies, et que dis-je, garantir notre survie.

Le 6 avril dernier, par ma voix et au nom du Président de la République, le Gouvernement a pris l’engagement solennel de mener le combat contre la crise sanitaire liée à la COVID-19 en Guinée et de travailler à en atténuer les conséquences.

Le plan de riposte économique que je vous avais présenté à cette occasion constituait ainsi, vous vous en souviendrez, une première réponse du Gouvernement. Ce plan comporte une composante sanitaire, une composante sociale et une composante économique et financière, en guise d’appui au secteur privé.

Deux mois après la présentation de ce plan, je souhaite partager avec vous le bilan d’étape de la mise en œuvre des trente (30) premières mesures décidées. Je vous ferai aussi part des nouvelles initiatives du plan de riposte destinées à protéger et soutenir davantage nos concitoyens et notre économie face à cette menace mondiale.

Que retenir donc de la mise en œuvre de la phase 1 de la riposte ?

D’abord, la composante sanitaire.

Le dispositif de surveillance de l’épidémie et nos capacités de réponse sanitaire et de prise en charge des malades ont été renforcés grâce à la mise en œuvre de différentes actions, notamment :

– Le déploiement de la surveillance sanitaire, tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays, et tout particulièrement au niveau des postes frontières les plus fréquentés ;

– L’amélioration des capacités d’hébergement, pour une meilleure prise en charge des malades ;

– L’achat de tests rapides et de médicaments et la prise en charge des frais de laboratoires ;

– Le lancement d’essais cliniques par l’Institut de Recherche et de Développement des Plantes Médicinales et Alimentaires de Dubréka ;

– La venue de l’assistance médicale cubaine ;

– La mobilisation générale du corps médical guinéen ;

– Enfin, la consolidation du dispositif de riposte sanitaire sur les plans de renforcement des laboratoires, de la logistique, de la communication, de la coordination et de l’assistance technique.

À ce jour, cent cinquante-huit milliards de francs guinéens ont été mobilisés au titre  de la composante sanitaire.

Ensuite, la composante sociale.

L’Agence Nationale d’Inclusion Économique et Sociale (ANIES), le fer de lance de cette composante sociale, a déployé ces dernières semaines, dans le cadre de son plan d’urgence, un premier ensemble d’actions de sensibilisation, d’accompagnement communautaire, de distribution de kits sanitaires et de désinfection d’une vingtaine de marchés et lieux publics.

L’État a instauré la gratuité des transports publics (bus et trains) à Conakry et pris à sa charge le paiement des factures d’eau et d’électricité des abonnés au tarif social pour la période d’avril à juin 2020.

L’Etat a également soutenu le pouvoir d’achat de la ménagère au travers d’allègements fiscaux sur les importations de riz et autres denrées de première nécessité.

À ce jour, l’État a mobilisé au titre de la composante sociale du plan de riposte économique du Gouvernement deux cent vingt-cinq milliards de francs guinéens.

Enfin, l’appui au secteur privé.

L’allègement des charges fiscales a bénéficié comme prévu aux entreprises des secteurs économiques les plus touchés par la crise :

– ainsi, les secteurs professionnels  notamment de l’hôtellerie et du tourisme ont bénéficié de paiements au titre de la dette intérieure de l’État. Ils ont bénéficié également, de reports de paiement de leurs charges fiscales pour la période d’avril à juin 2020. Par ailleurs, l’État a renoncé, pour la même période, à la collecte de la TVA sur les entreprises de ces secteurs.

Ces mesures ont coûté (60) soixante milliards de francs guinéens à l’Etat.

– Les charges fiscales des entreprises du secteur du petit commerce (artisanat, maquis, bars et restaurants, cinémas et lieux de spectacle) ont été supprimées pour la période d’avril à juin 2020 ;

– Les moyennes entreprises réalisant un chiffre d’affaires compris entre                   500 000 000 et 1 500 000 000 de francs guinéens, qu’elles soient dans le commerce, l’industrie, les mines et carrières, la construction, ont bénéficié d’un report de paiement de leurs charges fiscales pour la même période allant d’avril à juin ;

– En outre, les pertes financières subies par les entreprises du secteur du spectacle ont été partiellement prises en charge par l’Etat ;

Au-delà de l’allègement fiscale des charges fiscales, la trésorerie des entreprises a aussi été soulagée grâce à la mise en œuvre d’autres mesures, notamment :

– La suspension de la facturation des pénalités de surestaries pour le secteur portuaire ;

– La mise à disposition d’un montant de deux cent milliards de francs guinéens dans un compte séquestre logé à la Banque centrale de la République de Guinée en vue d’accélérer les remboursements de crédits de TVA aux entreprises du secteur minier.

Mes chers compatriotes,

Dans le plan de riposte, il était prévu que les équipements de santé et produits assimilés entrant dans la lutte contre la COVID-19 soient exonérés de TVA à l’importation pour la période d’avril à juin 2020. Ceci a été mis en œuvre avec, à date, un coût pour l’État de cent milliards de francs guinéens.

Enfin, l’appui au secteur privé comprenait également deux mesures d’importance majeure destinées à renforcer les mécanismes de financement de l’économie. À ce titre :

– un Fonds de garantie bancaire a été mis en place pour un montant de cinquante milliards de francs guinéens, pour faciliter l’accès des PME-PMI au crédit bancaire ;

– un autre Fonds d’appui aux Groupements d’intérêt économique (GIE) et aux petites et moyennes entreprises les plus frappées par la crise et répondant aux conditions de financement, pour un montant de quarante (40) milliards de francs guinéens, a également été mis en place.

Le secteur de l’agriculture a déjà commencé à bénéficier de cet appui, notamment pour ce qui concerne l’anacarde et la pomme de terre. Nous sommes heureux de le dire à ce titre, quinze (15) milliards de francs guinéens ont été mis à la disposition des exportateurs d’anacarde, pour des subventions directes aux producteurs.

À ce jour, ce sont quatre cent quatre-vingt milliards de francs guinéens qui ont ainsi été mobilisés par l’État pour l’appui au secteur privé.

Au total, toutes composantes confondues, la mise en œuvre du plan de riposte à la COVID-19 pendant ces trois derniers mois aura représenté un montant de 845 milliards de francs guinéens, dont un effort budgétaire propre de l’Etat de 730 milliards de francs guinéens.

Mes chers compatriotes,

Mesdames et messieurs,

Ce bilan d’étape serait incomplet s’il ne mentionnait pas et ne mettait pas en exergue à juste titre, l’élan considérable de solidarité nationale qui s’est manifesté face aux difficultés et défis d’une crise inédite par son ampleur et ses effets.

Au titre de la solidarité nationale, c’est en effet un montant de trois cent cinquante-deux milliards de francs guinéens qui a déjà été encaissée en espèces, grâce à la contribution généreuse des acteurs nationaux, sur le compte spécial COVID-19 ouvert à la Banque centrale.

Par ailleurs, les dons effectués en nature dans le cadre du volet sanitaire du plan de riposte par le secteur privé national, les ONG et les entreprises multinationales ont été significatifs, pour une valeur totale de cent quatorze milliards de francs guinéens.

Au titre de la solidarité internationale, nos différents partenaires ont également apporté des appuis au Gouvernement. La Banque mondiale, par exemple, a mobilisé  vingt-trois millions de dollars américains pour le volet sanitaire du plan de riposte. Le conseil d’administration de ladite institution a également approuvé, le 29 mai dernier, un financement de soixante-dix millions de dollars américains pour l’ANIES, sur lequel vingt-cinq millions serviront à financer en partie le plan d’urgence de l’ANIES sous forme de transferts monétaires dès ce début de mois de juillet 2020.

Il y a également lieu de se réjouir de l’approbation, la semaine dernière, d’un appui de près de cent cinquante millions de dollars américains par le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI).

Mesdames et messieurs,

Il est certain que l’effort budgétaire très exceptionnel consenti par l’État, complété par les contributions financières de nos concitoyens, du secteur privé national et la communauté internationale, ont facilité et permis, de limiter la propagation du virus dans notre pays, par la mise en œuvre rigoureuse de la phase 1 du plan de riposte.

Nonobstant le fait que le développement de la pandémie de covid-19 a été moins spectaculaire en Afrique contrairement aux projections alarmistes d’il y a trois mois, nous devons nous abstenir de tout triomphalisme.

Il n’est pas permis de relâcher les efforts sur les gestes barrières et les mesures d’hygiène préconisées. Le virus est bel et bien là, toujours actif. Les statistiques internationales de ces dernières semaines prouvent même qu’il circule de plus en plus vite et frappe de plus en plus fort sur notre continent.

La Guinée, en dépit d’un taux de létalité parmi les plus faibles, n’échappe pas à cette tendance. C’est la raison pour laquelle Il est essentiel de ne pas baisser la garde, car nul ne peut prédire comment évoluera la situation sanitaire dans notre pays pour les mois à venir.

Conscient de cette réalité, le Gouvernement que j’ai l’honneur de conduire, sous la haute direction de Monsieur le Président de la République, le Professeur Alpha CONDÉ, s’est attelé ces dernières semaines à concevoir un nouveau train de mesures de riposte en vue de renforcer nos capacités de résilience à la crise de la COVID-19.

Que  sont-elles  ces nouvelles initiatives inscrites dans la phase 2 de la riposte ?

À l’instar de la phase 1, la phase 2 du plan de riposte sera composée de volets sanitaires, social et économique. Les nouvelles mesures vont nous permettre de consolider dans la durée les acquis déjà obtenus sur les différents fronts de la riposte.

Sur le front sanitaire, les efforts de prévention et de dépistage seront poursuivis, étendus et intensifiés. A ce titre :

– Dans la perspective de la réouverture prochaine des classes et pour protéger tant les élèves que le personnel enseignant, les établissements scolaires et universitaires feront l’objet d’opérations de désinfection. Des kits de protection sanitaire leur seront fournis de même qu’aux lieux de culte à l’intérieur du pays ;

– Les marchés seront périodiquement fermés pour le nettoyage et la désinfection, selon un calendrier à établir par les autorités compétentes ;

– Les administrations et les entreprises feront l’objet d’un dépistage systématique.

– Enfin les projets de recherche scientifique seront encouragés et soutenus financièrement par le Gouvernement pour contribuer à la lutte contre la pandémie.

Le volet sanitaire de la phase 2 coutera cent cinquante milliards de francs guinéens pour les trois mois à venir.

Sur le front social, des mesures fortes sont décidées pour protéger davantage nos concitoyens et notamment les plus vulnérables d’entre eux :

– L’Agence nationale d’inclusion économique et sociale (ANIES) déploiera, dans les prochaines semaines, un vaste programme de transferts monétaires au bénéfice d’un premier groupe cible de 240 000 ménages, à raison de 250 000 francs guinéens par ménage et par mois. Ces transferts seront accompagnés de distribution de vivres aux foyers communautaires infectés et de la poursuite de la campagne de sensibilisation et de distribution de kits sanitaires entreprises en phase 1;

– Toutes les mesures destinées à soulager directement les populations, à savoir la gratuité de l’eau, de l’électricité et des transports publics (bus et train) sont reconduites pour trois mois, soit de juillet à septembre 2020 ;

– Le paiement de la redevance sur les droits de douane à l’importation pour les denrées de première nécessité est suspendu jusqu’à la fin de l’année. Cette mesure est déjà effective depuis le 1er juin. Les denrées concernées sont le riz, le sucre, le lait, l’huile et l’oignon ;

– Une réserve de sécurité alimentaire sera créée pour parer tout risque de crise d’approvisionnement, notamment pendant la période de soudure (août et septembre 2020) ;

– Les droits de douane applicables à l’importation des produits de pêche sont suspendus, à l’exception de la RTL et un programme d’importation de 6 000 tonnes de poissons congelés va être mis en œuvre sous l’égide du ministère chargé de la pêche et de l’économie maritime pour résorber le déficit projeté ;

– Les taxes frappant les contrats d’assurance santé et d’assurance vie seront réduites et les primes d’assurances sur la vie seront désormais déductibles de l’assiette imposable au titre des années 2020 et 2021 ;

– L’inclusion financière sera encouragée par la facilitation de l’accès du plus grand nombre d’usagers aux services financiers digitaux ;

Sur le front économique, des appuis aux entreprises et aux activités économiques seront accentués et complétés. Ainsi :

– L’État a décidé de prendre à sa charge 50% des charges fiscales reportés en phase 1 pour les secteurs du tourisme et de l’hôtellerie, ainsi que les facture d’eau et d’électricité des établissements de ces secteurs économiques ;

– Pour le secteur du tourisme encore, l’effort de règlement des arriérés de l’Etat vis-à-vis des agences de voyage sera poursuivi.

– Dans la même logique, les entreprises du secteur de l’hôtellerie et du tourisme verront réduites de moitié le montant de leur contribution foncière unique et de leur patente, en contrepartie du renouvellement des contrats de travail en cours.

– Des subventions seront accordées aux institutions de microfinance, à travers le fonds d’appui aux Groupements d’intérêt économique (GIE), pour les aider à faire face aux charges liées à la pandémie et équilibrer leurs bilans.

– Toutes les entreprises seront exonérées du paiement de la taxe d’apprentissage jusqu’à la fin de l’année 2020, à condition qu’elles s’engageant pour toute la période à conserver leurs effectifs et à leurs payer au moins 70 % de leur salaire nominal d’aujourd’hui ;

Aussi, l’Etat veillera-t-il à ce que la libre circulation des marchandises soit facilitée sur le territoire national afin de garantir la stabilité des prix à la consommation. Nous sommes conscients que ceci est une condition sine qua non pour un bon approvisionnement des populations en produits alimentaires, et une nécessité pour la stabilité des prix.

C’est pourquoi des laissez-passer spécifiques continueront à être délivrés aux transporteurs qui acheminent les vivres et les matériaux de construction à Conakry et à l’intérieur du pays, sous la responsabilité des ministères chargés de la défense et de la sécurité.

La phase 2 du plan de riposte se devait de reconnaître l’implication exceptionnelle qui a été et qui est toujours celle des personnels de santé ainsi que des forces de défense et de sécurité qui les accompagne dans la lutte contre la COVID-19. Les effectifs impliqués dans la riposte percevront donc des primes exceptionnelles sur la période de trois mois de juillet à septembre 2020.

Les différents ministres concernés par les mesures que je viens d’indiquer présenteront dans les prochains jours chacun en ce qui le concerne les détails des différentes actions du Gouvernement.

Mes chers compatriotes,

Je mesure les bouleversements de notre mode de vie et les sacrifices consentis par chacun et tous depuis l’apparition de la COVID-19.

Comme l’a fait remarquer le Président de la République, nous devons faire le choix de la responsabilité, pour lutter efficacement contre la pandémie et briser la chaine de contamination dans notre pays.

À ce propos, il me plait de redire les félicitations de Monsieur le Président de la République, au peuple de Guinée qui s’est montré à la hauteur des attentes en observant avec discipline et sacrifice les recommandations des autorités sanitaires.

Comme d’autres épreuves traversées, nous sommes convaincus que celle de la COVID-19 passera, elle aussi, grâce à notre effort national de solidarité et notre capacité de résilience quand il s’agit de notre pays, notre chère Guinée, que nous sommes disposés à aimer, défendre et protéger. C’est en fait l’héritage de notre histoire et notre espérance pour assurer des lendemains meilleurs à chacun et à tous.

Que Dieu bénisse la Guinée et les Guinées.

Je vous remercie

Transmis par la Cellule de Communication du Gouvernement

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Un mandat d’arrêt émis contre lui, mais Elie Kamano se la coule douce à Conakry

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Elie Kamano est en conflit avec la loi. Son attitude dans l’affaire qui l’oppose à l’homme d’affaires Super V devant le Tribunal de première instance de Kaloum lui a valu un mandat d’arrêt ce 16 juin. Comme dans l’affaire Gnelloy, ses fans qui redoutaient un sale temps pour le chanteur de reggae devenu homme politique, peuvent être rassurés : l’homme qui n’entonne plus l’hymne anti-3e mandat, se la coule douce à Conakry.  Au plus grand dam des ceux qui se battent pour une plus grande indépendance de la justice sous le régime Condé.

Le jeudi 16 juin 2021, un mandat d’arrêt a été émis par le Tribunal de première instance de Kaloum contre l’ancien reggaeman Elie Kamano. Le juge à la section pénale du TPi de Kaloum, Mohamed Diawara, reproche au prévenu d’avoir refusé de répondre à plusieurs reprises à une convocation dans l’affaire d’«injures et diffamations par le biais d’un système informatique» au préjudice de l’homme d’affaires Salifou Camara alias Super V.

Elie Kamano est poursuivi pour publication sur un réseau social d’«une vidéo dans laquelle il qualifie M. Salifou Camara d’ennemi de la Guinée, explique Abdoulaye Israël Kpoghomou, substitut du procureur de la République de Kaloum. Il a aussi déclaré qu’il va mettre en place un tribunal devant lequel tous les ennemis de la Guinée vont comparaître et que c’est lui le juge de ce tribunal».

Comme si cela ne suffisait pas, Elie Kamano «s’est invité dans des médias pour accuser le procureur de s’acharner sur sa personne, d’avoir des liens de parenté avec le plaignant, et de tenir l’image de la justice guinéenne», ajoute M.Kpoghomou. Après deux audiences successives, Elie Kamano n’a toujours pas daigné comparaître. Lors de la troisième, ouverte jeudi 16 juin 2021, le juge Mohamed Diawara a donc émis un mandat d’arrêt contre Elie Kamano.

En fin de semaine dernière M. Kamano laissait entendre au site internet Visionguinee.info qu’il s’agissait d’un «acharnement contre sa personne» et qu’il n’a jamais refusé de répondre à une convocation du Tpi de Kaloum.

Une posture qui laisse voir qu’Elie Kamano est très serein.

Bien assis dans son fauteuil. N’étant plus du camp de l’opposition au régime en place, il ne craint pas d’être inquiété dans cette affaire l’opposant à Super V, un autre allié du système actuel. En effet. Avec ses dernières sorties médiatiques contre les acteurs de l’opposition politique et de la lutte contre le changement de Constitution opéré le 22 mars 2020, et le 3e mandat acquis par Alpha Condé le 18 octobre 2020, Elie Kamano s’est mué en grand soutien du régime du sexennat.

Récemment, dans une affaire similaire de diffamation et d’injure publique, le militant du Rpg Arc-en-ciel et pro-3e mandat, Ousmane Gnelloy Diallo, avait été trimballé devant la justice par Kadiatou Biro Diallo, la ben- de la famille de l’ancien président du Parlement, Elhadj Boubacar Biro Diallo, dont le soutien à Alpha Condé est de notoriété publique. Condamné à 5 ans de prison, il se la coule douce actuellement dans la ville de Conakry.

Pourtant, la justice étant le premier attribut de la souveraineté, même dans un système de 3e mandat, il ne devrait pas y avoir d’un côté des citoyens ne pouvant subir la rigueur de la loi et de l’autre, des cibles faciles pour les restrictions des droits et libertés. Qui dit mieux?

Par Diallo Alpha (Le Populaire)

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Tierno Monénembo : le ventre d’un intellectuel guinéen est dix fois plus curieux que sa tête !

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L’intellectuel guinéen a un gros problème : son ventre est dix fois plus curieux que sa tête. Préoccupé de belle maison et de bonne  bouffe, de bolides et de blazers, englué jusqu’au cou dans le plus sordide des quotidiens, notre bonhomme a définitivement déserté le champ historique et culturel. Ce qui laisse la porte grandement ouverte aux  crétins et aux fripouilles. Est-ce bien malin que de se faire guider par plus petit, plus vil et plus ignorant que soi ?

Vous l’avez compris : tous les malheurs de ce pays viennent de lui. Si, dès le début, il avait pris ses responsabilités, la Guinée aurait été tout autre. Et comme notre pays est une espèce de Balnibarbi (ce pays fictif et mal fichu, imaginé par Jonathan Swift) où l’on passe son temps à dire la même chose et à répéter les mêmes gestes bref, à commettre les mêmes erreurs,  rien ne dit que le passé est derrière nous. Pour que le passé passe, il faut un minimum de rupture. Or, de rupture, il n’y en a point eu. Nos grosses têtes d’aujourd’hui ressemblent point par point à celles d’hier. Le même manque d’idéalisme, la même paresse d’esprit, le même individualisme, le même carriérisme, le même culte fanatique du quotidien, la même inguérissable naïveté ! A chaque fois que je pense à nos regrettés, brillants et prestigieux martyrs du camp Boiro, me revient en tête ce vers du poète turc, Nazim Hikmet :

« …tu es comme le mouton et quand le bourreau habillé de ta peau quand le bourreau lève son bâton tu te hâtes de rentrer dans le troupeau et tu vas à l’abattoir en courant, presque fier… »

Parfois, je sens dans l’air quelque chose qui rappelle l’odeur sulfureuse des années Sékou Touré, 1967 en particulier.  Ce fut cette année-là que notre sanguinaire « Responsable Suprême »réussit à concentrer tous les pouvoirs dans ses mains : après la chefferie traditionnelle, les partis d’opposition, les syndicats, l’armée, elle aussi passe à la trappe. C’est exactement ce qui se répète aujourd’hui : Alpha Condé est devenu aussi puissant que le Sékou Touré de 1967. Que nous réserve-t-il : un nouveau Camp Boiro ou carrément un Auschwitz voire un Buchenwald  pour engloutir à son tour ce qui nous reste de roseaux pensants ? Faudrait-il dans ce cas, rouler dans la poussière et verser des larmes de sang ? Je ne le pense pas. Les intellectuels de ce pays (de l’Afrique, plus généralement) ne sont pas  des victimes pures et simples, ce sont les complices actifs de leur propre anéantissement. Le monde est foutu quand les grands clercs plient sous le charme de la démagogie et ajoutent leur voix au bruit étourdissant de la vox populi. Penser, c’est garder à tout moment, en toute circonstance, un autre son de cloche !

Pourquoi d’après vous, les Indépendances africaines si chèrement acquises sont très vite devenues des usines à broyer des Nègres ? Tout simplement parce l’intellectuel africain (guinéen, en l‘occurrence) a renoncé au principe-même qui fait qu’un intellectuel est un intellectuel : l’esprit critique. Cette propriété qui porte les deux valeurs essentielles de la pensée : la lucidité et la liberté.

Nos intellectuels ont-ils été lucides ? Nos intellectuels ont-ils été libres ?

Critiquer les conneries du Blanc, c’était bien et même très bien mais cela ne pouvait suffire. Il fallait aussi et dès le début, critiquer nos propres conneries. Je vous assure que si dès le 3 Octobre 1958, Aimé Césaire, Cheik Anta Diop, Ki-Zerbo avaient mis le holà, Sékou Touré n’aurait pas osé faire ce qu’il a fait.

Le rôle d’une élite, c’est de tirer la société vers le haut. Et cela n’est possible que si elle se prémunit de la médiocrité et garde comme un inestimable trésor, son libre-arbitre. Le rôle d’une élite ce n’est pas de revendre des parcelles et d’amasser des dollars ; de spéculer sur le diamant ou de vendre des clous rouillés,  c’est de produire des idées fortes et des émotions saines, bref de galvaniser le peuple, de lui donner de quoi se projeter dans l’avenir en toute lucidité et en confiance. Si la dictature se perpétue dans ce pays, c’est à cause du manque cruel de parapets, de garde-fous, de contre-pouvoirs. Et il va de soi que le premier moyen de résistance est d’ordre mental ; il va de soi que le  premier contre-pouvoir est d’ordre intellectuel. La dictature reculera dans ce pays le jour où les intellectuels se réveilleront, le jour où ils se réconcilieront avec les notions d’idéal (c’est le plus beau des rêves, l’idéal !), de solidarité,  d’indépendance d’esprit et de débat d’idées.

Que nos intellectuels ne se leurrent pas : Sékou Touré, Lansana Conté, Dadis Camara, Sékouba Konaté et Alpha Condé ont trouvé leur raison d’être et leur force dans leur laxisme ou dans leur opportunisme. Qu’ils sachent bien qu’en cas de grabuge, aujourd’hui comme hier, ils seront les premiers à remplir les prisons et les tombes.

Tierno Monénembo

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Fin de la deuxième épidémie d’Ebola en Guinée

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L'Organisation mondiale de la santé (OMS) et les autorités guinéennes ont officiellement annoncé samedi à Nzérékoré la fin de la deuxième épidémie d'Ebola dans le pays, quelques mois après la réapparition de cette maladie.

"J'ai l'honneur de prendre la parole en ce jour de déclaration de la fin de la maladie à virus Ebola" en Guinée, a déclaré un responsable de l'OMS, Alfred Ki-Zerbo, lors d'une cérémonie officielle à Nzérékoré où la maladie était réapparue fin janvier.

"Je voudrais, au nom du chef de l'Etat (le président Alpha Condé), déclarer la fin de la résurgence de la maladie à virus Ebola en République de Guinée", a pour sa part indiqué le ministre guinéen de la Santé, le médecin général Rémy Lamah.

Un total de 16 cas confirmés et sept cas probables ont été recensés lors de cette dernière épidémie en Guinée. Onze patients ont survécu et 12 sont décédés, selon un communiqué de l'OMS publié samedi.

Le communiqué ne donne pas le détail des morts parmi les cas confirmés et probables.

Un précédent bilan donné par l'organisation jeudi faisait état de cinq décès.

L'épidémie de 2021 a été rapidement vaincue par rapport à 2013-2016. Elle était partie à l'époque de cette même Guinée forestière.

Elle s'était propagée au Liberia et à la Sierra Leone. Entre fin 2013 et 2016, la pire épidémie au monde depuis l'identification du virus en 1976 avait tué plus de 11.300 personnes, principalement en Guinée (2.500 morts), au Liberia et en Sierra Leone, trois des pays les plus pauvres au monde. Un bilan sous-évalué, de l'aveu même de l'OMS.

Avec AFP

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