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Communales 2018 en Guinée: un rendez-vous manqué?

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En Guinée plus deux semaines après le scrutin, on ne connaît toujours pas les résultats définitifs complets des élections communales du 4 février dernier. Marqué par l’abstention, les irrégularités et des violences post-électorales, ce vote tant attendu a déçu beaucoup d’espoirs.

Treize ans que les Guinéens n’avaient pas trempé leur doigt dans l’encre pour élire leurs maires. L’enjeu était d’importance : donner une nouvelle légitimité à des représentants locaux « périmés » depuis des années ou nommés à la suite d’arrangements politiques, regagner la confiance des investisseurs et relancer le processus de décentralisation. Néanmoins le scrutin du 4 février n’a pas déplacé les foules. Après une morne campagne, l’abstention devrait avoisiner les 60%, hormis dans quelques communes où l’on observe des singularités comme des taux de participation à 96% ou 1% de bulletins nuls.

« D’abord le fichier électoral n’a pas été révisé, avance le juriste et consultant Mady Camara. Ensuite, les citoyens semblent déçus par les partis traditionnels mais n’ont pas pour autant choisi le saut vers l’inconnu que représentaient les candidats indépendants. »

« Présidentialisation du scrutin »

« Le RPG (parti au pouvoir) voulait justifier sa présence dans toutes les communes et renforcer son maillage territorial, analyse un diplomate, car les chefs de quartier (nommés au prorata des résultats du scrutin) ont un pouvoir considérable en termes d’influence sur la population. » « Finalement tout le monde est déçu, juge Mady Camara, puisque ni l’UFDG (Union des forces démocratiques de Guinée, principal parti d’opposition) ni le RPG n’a atteint les scores attendus. »

Sékou Koureissy Condé, de l’African Crisis Group enfonce le clou : « La classe politique a donné une allure de présidentielle à ce scrutin local. On a vu les ministres et les chefs de parti battre campagne, ce qui a suscité l’incompréhension des électeurs et exacerbé les tensions ». En effet, le jour du vote, de nombreux électeurs interrogés par RFI croyaient se rendre aux urnes pour « changer le président ».

« Les tensions étaient déjà là et il ne manquait plus que des irrégularités pour déclencher les violences, poursuit Sékou Koureissy Condé. Les irrégularités ont instillé le doute dans les esprits et les gens n’ont donc pas attendu les résultats finaux pour sortir dans la rue. »

« Difficultés d’organisation »

Près de 6 millions d’électeurs, environ 30 000 candidats et 342 bulletins différents répartis dans plus de 15 000 bureaux de vote : le défi logistique était considérable. « Nous sommes la première CENI à tenir des élections dans les délais prévus, se félicite Etienne Soropogui, commissaire chargé des opérations. Nous avons redessiné la carte des bureaux de vote en un temps record, quant au matériel, il a été commandé, reçu et installé sans délai. »

A Conakry néanmoins, la lenteur du processus exaspère : « Qu’ils donnent les résultats une fois pour toutes et qu’on en finisse ! », s’insurge une mère de famille en assurant d’une main experte la rotation de ses brochettes de volaille au-dessus de charbons incandescents.

« A l’impossible nul n’est tenu », avait prévenu Etienne Soropogui, l’avant-veille du scrutin. La Commission électorale avait suggéré un traitement informatisé des résultats mais la proposition a provoqué une levée de boucliers chez les partis politiques. « On a dû revenir à l’âge de la pierre taillée, déplore Me Salif Kébé, le président de la CENI. Les opérations de décompte, de centralisation se sont faites à la main ! »

Irrégularités

Plus acerbe, une source diplomatique évoque un scrutin marqué par des « faiblesses d’organisation, l’absence de procédures juridiques claires et un net recul par rapport à la présidentielle de 2015 ». Vote par procuration, distribution des cartes d’électeur… la CENI à fait plusieurs mises au point sur les imprécisions du code électoral. Le jour J, on notait quelques retards à l’ouverture, du matériel et des procès-verbaux en quantité insuffisante ou un accès parfois restreint aux salles de dépouillement mais c’est à la nuit tombée, lors des opérations de centralisation, que se sont produits les incidents les plus graves.

A Conakry, plusieurs urnes ont été transportées par l’USSEL (Unité Spéciale de Sécurisation des Elections Locales), sans que les observateurs puissent monter à bord des véhicules. « Dès lors que la chaîne de surveillance des urnes a été rompue, on ne peut plus parler d’élection transparente », tranche l’une de nos sources.

A Kaloum devant les grilles de la mairie, les services de sécurité en sont venus aux mains avec les agents électoraux provoquant plusieurs mouvements de foule. Dans la cour, les urnes, dont certaines grandes ouvertes, étaient entassées de manière chaotique. RFI a pu constater que des personnes non identifiées manipulaient le contenu de certaines, comme le confirment ces images. La scène filmée à Matam par Evasion TV  témoigne d’incidents plus violents.

Sur ce montage photo, on distingue la manipulation de bulletins dans des urnes ouvertes. © Montage photo / DR

Contentieux électoraux

« Toutes nos plaintes pour fraude ont été rejetées par les tribunaux», s’indignait jeudi dernier 15 février le président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo. En effet, sur la vingtaine de décisions de justice consultées par RFI, seul un recours a pu aboutir… en faveur du RPG. Quatre d’entre eux ont été déposés hors délais, deux ont été jugés non-recevables et tous les autres non-fondés.

En l’absence de procédure établie par des documents à valeur réglementaire, les juges ont parfois tranché de manière contradictoire selon les localités. Ainsi à Boké, le magistrat n’a pas pris en compte la limite de cinq procurations par bureau édictée par la CENI la veille du scrutin.

Par ailleurs, le code électoral stipulait qu‘un procès-verbal devait être remis à chaque délégué de parti. Par manque de documents, la CENI leur a substitué des « fiches de résultats » qui n’ont pas été considérées comme des preuves suffisantes par la justice dans la commune de Mamou notamment. « Les magistrats ne peuvent se baser que sur les textes de loi, explique le juriste Mady Camara, et la loi ne reconnaît que les PV. » « Il était trop tard pour faire autrement, concède Etienne Soropogui. Le code électoral contient des imperfections qui devront être corrigées par le législateur. »

Plus étonnant, pour la commune de Mafara il y a deux décisions successives sur le même contentieux conduisant la CENI à proclamer tour à tour deux résultats différents, tous deux consultables lundi 20 février au soir sur le site de la CENI. Selon le premier, l’UFDG a encore la majorité malgré l'annulation d'un bureau de vote. D'après le second, l'annulation d'un nouveau bureau de vote fait basculer la balance en faveur du RPG  après la décision rectificative du juge.

Le RPG remporte finalement la majorité mais l’opposition réplique en attaquant la CENI devant le TPI de Dixxin lundi soir.

PV perdus ou annulés

Outre les PV annulés, entre 300 et 400 ne sont pas parvenus à destination pour la seule ville de Conakry, affirme une source proche de la CENI selon qui le phénomène pourrait concerner 15 à 20% des votes au niveau national. Des chiffres « irréalistes » selon Etienne Soropogui, ajoutant que « beaucoup de PV perdus ont ensuite été retrouvés ». A Ratoma (banlieue de Conakry), environ un cinquième des PV ont disparu ou ont été écartés par la justice. Dans ce fief de l’opposition, son chef de file Cellou Dalein Diallo refuse de croire à un hasard.

D’ici deux semaines, les chefs de quartier et de district doivent être nommés. De quelle légitimité pourront-ils se prévaloir dans ces localités ? Et que penser du district de Tangan à Dubreka où le PV de l’unique bureau de vote n’est jamais arrivé à destination ? « Pour l’instant nous n’avons pas de solution », admet Etienne Soropogui. « C’est une véritable bombe à retardement, prédit un diplomate, si les habitants voient que les résultats de leur bureau n’ont pas été pris en compte, ils n’accepteront jamais les nouveaux chefs de quartier et de nouvelles violences risquent d’éclater. »

Violences post-électorales

Dix jours après le vote, neuf personnes avaient perdu la vie lors d’affrontements avec la police ou entre militants, provoquant la colère du ministre de l'Unité nationale et de la citoyenneté Gassama Diaby qui a promis justice aux familles des victimes.

Dans les chancelleries comme à la CENI, ce scrutin était perçu comme une opportunité de changer l’image de la Guinée à l’international. Aujourd’hui, l’espoir a laissé place à la colère et à la déception. « J’en garde un sentiment d’amertume, confie Etienne Soropogui. Les violences et la contestation des résultats montrent que l’objectif n’a pas été atteint ». « Cela ne laisse rien présager de bon pour les législatives ni pour la présidentielle à venir », déplore une source diplomatique. Et Sékou Koureissy Condé de conclure : « C’était un grand rendez-vous pour la Guinée, qu’on attendait depuis treize ans. Mais le rendez-vous a été manqué. »

Par RFI

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Alpha Condé quitte enfin Conakry

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Chassé du pouvoir le 05 septembre et retenu depuis par les mutins, Alpha Condé a finalement quitté Conakry ce lundi 17 janvier 2022, pour les Emirats Arabes Unis, où doit passer un exil médical.

L’ancien président a été autorisé en début d’année par la junte militaire à se rendre dans le pays de son choix pour aller se faire soigner.

Les militaires au pouvoir indiquent que la CEDEAO  s’est engagée à assurer son retour dans un délai d’un mois après ces consultations médicales.

Par Guinee28

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Le monde compte un nouveau milliardaire toutes les 26 heures depuis le début de la Covid-19

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La planète compte un nouveau milliardaire toutes les 26 heures depuis le début de la pandémie de la Covid-19, alors que les inégalités contribuent à la mort d’une personne toutes les quatre secondes, d’après l’ONG Oxfam.

La fortune des dix hommes les plus riches au monde a plus de doublé, passant de 700 milliards de dollars à 1 500 milliards de dollars, à un rythme de 15 000 dollars par seconde ou 1,3 milliard de dollars par jour pendant les deux premières années d’une pandémie au cours de laquelle 99 % de la population mondiale a eu des revenus moins importants que prévu et où plus de 160 millions de personnes supplémentaires auraient basculé dans la pauvreté.

Gabriela Bucher, directrice générale d’Oxfam International, a déclaré : « Si ces dix hommes perdaient demain 99,999 % de leur fortune, ils seraient toujours plus riches que 99 % de toute l’humanité. Ils sont désormais six fois plus riches que les 3,1 milliards de personnes les plus pauvres. »

Dans un nouveau rapport intitulé Les inégalités tuent, publié le jour de l’ouverture des « Agendas de Davos » organisés par le Forum économique mondial, Oxfam révèle que les inégalités contribuent à la mort d’au moins 21 000 personnes par jour, soit une personne toutes les quatre secondes. Ces chiffres sont établis sur la base d’estimations prudentes du nombre de décès dus au manque d’accès aux services de santé, aux violences basées sur le genre, à la faim et au dérèglement climatique.

« Il n’a jamais été aussi important de s’attaquer à ces inégalités indécentes et violentes. Il y a urgence à répartir plus équitablement les richesses et les pouvoirs titanesques accaparés par les élites, notamment par le biais de mesures fiscales, pour réinjecter cet argent dans l’économie réelle et sauver des vies », poursuit Gabriela Bucher.

La fortune des milliardaires a davantage augmenté depuis le début de la pandémie qu’au cours des 14 années précédentes. Estimée à 5 000 milliards de dollars, il s’agit de la plus forte augmentation de la fortune des milliardaires depuis que ce type de données est recensé. Un impôt exceptionnel de 99 % sur les richesses amassées pendant la pandémie par les dix hommes les plus riches du monde permettrait par exemple de :

  • financer suffisamment de vaccins pour immuniser le monde entier ;
  • financer la protection sociale et une santé universelle, de financer l’adaptation au changement climatique et de réduire les taux de violences basées sur le genre dans plus de 80 pays ;
  • et ce, tout en laissant à ces hommes quelque 8 milliards de dollars de plus qu’avant la pandémie.

« Pour les milliardaires, la pandémie a été une aubaine. Les banques centrales ont injecté des milliards de dollars dans les marchés financiers dans le but de sauver l’économie, mais une grande partie a fini dans les poches des milliardaires, profitant de la montée en flèche des cours des actions. Les vaccins étaient supposés mettre fin à la pandémie. Pourtant, les gouvernements des pays riches ont permis à des monopoles et des milliardaires de l’industrie pharmaceutique de bloquer leur approvisionnement à des milliards de personnes. Tout cela conduit à une aggravation de toutes les formes d’inégalités. Il est révoltant d’en arriver là alors que la situation était prévisible. Et les conséquences sont meurtrières. », continue Gabriela Bucher.

Les inégalités extrêmes sont une forme de violence économique. Les choix politiques consistant à perpétuer l’accaparement de la richesse et du pouvoir entre les mains une poignée de privilégié·es nuisent directement à la grande majorité des citoyen·nes ordinaires dans le monde et à notre planète.

« À travers le monde, la réponse à la pandémie a alimenté cette violence économique de manière particulièrement grave, en direction des personnes racisées, marginalisées et des femmes. Les vagues de COVID-19 entraînent des pics de violences basées sur le genre, alors même que le poids du travail de soin non rémunéré sur les femmes et les filles a augmenté. », affirme Gabriela Bucher.

La pandémie a fait reculer l’objectif d’atteindre la parité à 135 ans, contre 99 ans auparavant. Collectivement, les femmes ont perdu 800 milliards de dollars de revenus en 2020. En tout, 13 millions de femmes de moins travaillent aujourd’hui par rapport à 2019. 252 hommes se partagent plus de richesses que le milliard de filles et de femmes qui vivent en Afrique, en Amérique latine et aux Caraïbes réunies.

Les groupes racisés ont été les plus durement touchés par la pandémie. En Angleterre, pendant la deuxième vague de la pandémie, les personnes d’origine bangladaise étaient cinq fois plus susceptibles de mourir de la COVID-19 que la population britannique blanche. Au Brésil, les personnes issues des communautés noires sont 1,5 fois plus susceptibles de mourir de la COVID-19 que celles issues des communautés blanches. Aux États-Unis, 3,4 millions d’Afro-américain·es seraient en vie aujourd'hui si leur espérance de vie était la même que celle des personnes blanches. Ces inégalités prennent directement racines dans le racisme et le colonialisme.

Les inégalités entre pays devraient se creuser pour la première fois en une génération. Les pays en développement, s’étant vu refuser l’accès à des stocks de vaccins suffisants du fait de la protection accordée par les gouvernements des pays riches aux grandes entreprises pharmaceutiques, ont été forcés de restreindre leurs dépenses publiques, au vu de la montée en flèche des niveaux de dette. Ils devront probablement faire face à des mesures d’austérité. La proportion de personnes contaminées qui meurent des suites du virus est environ deux fois plus importante dans les pays en développement que dans les pays riches.

Gabriela Bucher poursuit : « La pandémie de COVID-19 a révélé comment les décideurs politiques et économiques utilisent, avec cynisme et cupidité, les inégalités extrêmes comme un instrument de violence politique. » « Au bout d’années de recherches et campagnes sur ce sujet, Oxfam arrive aujourd’hui à cette conclusion, choquante mais sans appel. »

Malgré le coût immense que représente la réponse à la pandémie, au cours des deux dernières années, les gouvernements des pays riches n’ont pas pris la décision d’augmenter les impôts sur la fortune des personnes les plus riches et ont continué à privatiser les biens publics, comme les technologies liées aux vaccins. Ils ont tant encouragé les multinationales à développer des monopoles que, rien que pendant la pandémie, l’augmentation de la concentration du marché pourrait dépasser en un an celle observée entre 2000 et 2015.

Les inégalités sont au cœur de la crise climatique. Les émissions de CO2 des 1 % les plus riches sont deux fois plus élevées que celles des 50 % les moins riches. Cela a eu des conséquences sur le changement climatique en 2020 et en 2021, causant incendies, inondations, tornades, mauvaises récoltes et faim.

Selon Gabriela Bucher, « des inégalités si rampantes et profondes ne sont pas le fruit du hasard, mais un choix. Non seulement nos structures économiques nous ont rendu·es plus vulnérables à cette pandémie, mais elles permettent aussi à des personnes déjà extrêmement riches et puissantes d’exploiter cette crise à leur profit. »

Le rapport montre que les dirigeants des deux plus grandes puissances économiques du monde (les États-Unis et la Chine) commencent à réfléchir à des politiques de réduction des inégalités, notamment en augmentant les impôts des particuliers fortunés et en prenant des mesures contre les monopoles. Pour Gabriela Bucher, « c’est une première lueur d’espoir pour qu’un nouveau modèle économique émerge ».

Guinee28

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Le corps d’Aminata Touré rapatrié ce lundi en Guinée

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La dépouille de l’ex maire de Kaloum, Aminata Touré, sera rapatriée en Guinée ce lundi 17 janvier 2022, a-t-on appris. L’avion devant envoyer son corps est attendu vers 20 heures TU à l’aéroport international de Conakry.

Fille aînée du premier président Guinéen, feu Sékou Touré, elle est morte le 13 janvier 22, au Maroc de suites de maladie, à l’âge de 66 ans. Elle était l’unique femme maire du pays.

Pour le moment on ignore le programme de ses obsèques.

Par Guinee28

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