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Comment pouvons-nous nous taire sur tous ces crimes abominables ?

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Un général a le cœur qui saigne en regardant les corps de ses hommes tombés sur les champs de bataille. Mais, il est obligé de serrer ses dents et encourager les survivants à poursuivre le combat. Ainsi va l’histoire des hommes dans leur quête perpétuelle de la liberté et de la sécurité.

Roger Bamba est un combattant de la démocratie qui est tombé dans l’honneur sur le champ de bataille pour que les survivants puissent jouir des libertés démocratiques.

Ça fait 30 ans que je vois tomber des combattants comme lui, 30 ans de tristesse intérieure, la plus pénible qui puisse être. On nous a appris, dès l’enfance,  à pleurer en silence comme un homme.

Mais, quand j’ai vu la photo de Roger Bamba avec ses deux petits garçons, tous si joyeux et heureux d’être ensemble, je n’ai pu m’empêcher de pleurer à chaudes larmes comme une femme. Oui, tout bon africain comprend parfaitement ce que cela veut dire.

Je me suis dis, tiens, j’aurais pu être comme lui, car mes deux derniers garçons avaient l’âge des siens au moment de mon incarcération dans cette même maison centrale dans l’affaire du 19 juillet 2011.

Mes pensées les plus émues vont à cette brave femme de Roger Bamba ainsi qu’à ses innocents petits garçons qui n’auront plus la joie de serrer sur leurs petites poitrines leur papa bien-aimé. Cette courageuse jeune dame qui est restée toute seule avec le corps de son mari  toute la nuit jusqu’au matin. Quelle terrible souffrance ! Quelle injustice !

Les Guinéens doivent se ressaisir et se mettre à la place de toutes celles et tous ceux qui subissent ces drames humains depuis notre indépendance. C’est insoutenable.

Ils sont si nombreux les membres de nos élites qui sont morts si jeunes, l’écrasante majorité d’entre eux avaient entre la trentaine et la quarantaine comme Roger Bamba, c’est Barry Diawadou avec sa cinquantaine qui était l’un des plus vieux. Tous sont partis avec des femmes jeunes et des enfants en bas âge.

Et comble du malheur pour nous, rien n’a changé depuis 60 ans.

Personne ne dira qu’il n’a pas vu les corps déchiquetés de ces bébés et de ces adolescents assassinés froidement lors de la crise post-électorale de 2020. Ces jeunes mères de famille fauchées par les balles des criminels au service d’Alpha Condé. Des assassinats ciblés qui sont perpétrés en marge des manifestations. Vérifiez bien tous ces cas qui sont bien documentés, vous verrez que plus de 90% des victimes ont été lâchement abattues en dehors des lieux de manifestations. Ces tueries et ces viols de femmes sont des crimes prémédités pour ancrer dans nos esprits la terreur et donc nous obliger à la soumission au régime criminel. Ne voyez-vous pas les appels à la soumission se multiplier ? On nous demande de nous taire, d’abandonner toute manifestation de protestation, de courber l’échine devant le dictateur pour avoir la vie sauve. Nous ne l’accepterons jamais, nous continuerons à nous battre contre la dictature. Nous n’avons même pas le choix que de lutter pour nos libertés.

Ne vous y trompez pas, personne n’est à l’abri y compris les assassins et leurs commanditaires du jour, qui peuvent subir les mêmes violences. Dans notre histoire n’est-ce pas que des bourreaux ont été victimes des mêmes sévices, qu’ils faisaient subir à leurs compatriotes ? Qu’ils ont été eux-mêmes jetés dans des fosses communes comme ils l’ont fait avec leurs victimes innocentes ? Quelle barbarie !

Alors, pourquoi continuons-nous à perpétuer ce système fondé sur l’arbitraire, le non-droit ?

Demandez à Alpha Condé, s’il souhaite encore retourner à la maison centrale? Pense-t-il que ça n’arrivera jamais ?

Il doit savoir que dès lors qu’il a mis fin à l’ordre constitutionnel, rien n’empêchera d’autres putschistes comme lui de le débarquer par un autre coup d’Etat dont le premier acte sera son arrestation.

Que tous les exécutants de ses basses besognes pensent à ce qui est arrivé à leurs bourreaux de prédécesseurs.

Nous devons tous accepter de sortir de l’état de nature au sens de Thomas Hobbes pour respecter le contrat social et donc respecter l’Etat de droit. Nos élites qui nous dirigent ne savent sans doute pas que l’Etat lui-même est soumis au droit qui doit s’appliquer à tous. Ils piétinent toutes les règles qui fondent la vie en société.

Je vous assure que je n’arrive pas à comprendre ce qui nous arrive. Comment pouvons-nous nous taire collectivement sur tous ces crimes abominables ? Comment pouvons-nous soutenir des dirigeants qui n’ont aucun respect pour nos vies?

Que celles et ceux qui n’ont rien perdu de leur humanité continuent à se battre pour le respect de la dignité humaine et du droit. Que rien, ni personne ne nous décourage sur le sentier de ce noble combat. Nous ne sommes pas du règne animal pour vivre comme des animaux.

Que la lutte continue!

« Ceux qui luttent, ce sont ceux qui vivent »

Par Alpha Saliou Wann, opposant

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