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Afrique

Burundi : manifestation contre la France et l’ONU

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Le gouvernement du Burundi a organisé samedi une manifestation devant l'ambassade de France à Bujumbura, pour manifester son hostilité à la résolution de l'ONU adoptée vendredi à l'initiative de la France et prévoyant le déploiement de 228 policiers dans le pays.

Les autorités burundaises n’ont pas réagi officiellement à l’adoption de cette résolution. Mais elles ont montré, en mobilisant près d’un millier de leurs partisans dans les rues de la capitale, qu’elles n’entendaient pas s’y soumettre facilement.

Clairement « organisée par le pouvoir », selon une source diplomatique occidentale à Bujumbura interrogée par l’AFP, cette manifestation est partie de la place de l’indépendance en plein centre-ville de la capitale, pour se diriger vers l’ambassade de France.

Le maire de Bujumbura, Freddy Mbonimpa, et de nombreux hauts cadres du parti au pouvoir (Cndd-FDD), de l’administration et des députés figuraient au premier rang des manifestants.

Encadrés par de nombreux policiers, ceux-ci ont organisé un sit-in de plusieurs minutes devant l’ambassade, en lançant des slogans hostiles à la France et au déploiement de la future force de police prévue par la résolution de l’ONU.

« Le peuple burundais dit non à la résolution 2303 de l’ONU », proclamait l’une des pancartes brandies par les manifestants, selon des photos publiées par les médias burundais.

« La France a besoin de Casques bleus pour sa sécurité. Plus de 100 personnes tuées à Nice », pouvait-on lire sur une autre pancarte, en référence à l’attentat de Nice qui a fait 84 morts le 14 juillet.

« La France veut envoyer des hommes armés au Burundi pour commettre un génocide comme au Rwanda en 1994 », accusait une troisième.

La manifestation s’est toutefois déroulée dans le calme. « C’était très bon enfant, il n’y a eu aucun problème », a expliqué l’ambassadeur de France, Gerrit van Rossum, interrogé par l’AFP au téléphone depuis Nairobi.

« Il y a une incompréhension profonde sur le rôle de la France au Conseil de sécurité. Mais ça n’a aucun lien avec les relations bilatérales. Et puis cette résolution est bonne pour le Burundi », a ajouté l’ambassadeur, qui est descendu dans la rue pour parler aux manifestants et tenter de faire passer ce message.

‘Ils vont tout faire pour refuser’

Les manifestants ont également défilé devant l’ambassade du Rwanda – pays que Bujumbura accuse d’entraîner des rebelles burundais – pour lui témoigner leur hostilité.

Le Conseil de sécurité a voté vendredi une résolution proposée par la France et prévoyant le déploiement progressif de 228 policiers de l’ONU au Burundi, pour tenter d’y ramener le calme et de faire respecter les droits de l’Homme.

Ce petit pays d’Afrique des Grands lacs est plongé dans une grave crise émaillée de violences, qui ont fait plus 500 morts, depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature pour un troisième mandat, avant d’être réélu en juillet.

Les policiers de l’ONU seront envoyés à Bujumbura et dans tout le Burundi « pour une période initiale d’un an ». Et leur mandat pourra être prolongé ou modifié si la situation empire.

Ce texte demande au gouvernement burundais de « coopérer pleinement » avec la force de police onusienne. Il risque toutefois de se heurter à son refus, celui-ci n’ayant pour l’instant accepté d’accueillir que 50 policiers.

« Ils vont tout faire pour refuser, pour que la résolution ne soit pas suivie d’effets », prévient la même source diplomatique. « Il suffit de regarder les observateurs de l’Union africaine: ils devaient être 200, ils sont 30 ou 40. »

Le gouvernement burundais a accepté en principe le déploiement de 100 observateurs et 100 experts militaires envoyés par l’Union africaine, mais seuls 32 observateurs et 14 experts sont effectivement sur le terrain.

Bujumbura peut compter sur le soutien de certains membres du Conseil de sécurité. Lors des négociations autour de cette résolution, la Chine, la Russie, l’Angola, l’Egypte, et le Venezuela ont insisté sur la nécessité d’obtenir au préalable un accord du pouvoir burundais.

L’envoi de ces 228 policiers aurait pourtant le mérité de « rassurer » les Burundais, estime la source diplomatique interrogée par l’AFP, qui décrit une situation caractérisée par « l’intimidation, la peur, la répression » et évoque une « population tétanisée ».

AFP

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A LA UNE

Le chef de la diplomatie européenne demande le retour à l’ordre constitutionnel au Burkina Faso

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Pas de session plénière finalement, mercredi 26 janvier, à Bruxelles entre les ministres des Affaires étrangères des pays du G5 Sahel et l'Union européenne en raison du coup d'État au Burkina Faso. Mais les ministres présents se sont entretenus avec le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell. Et les conversations ont, bien sûr, tourné autour du Mali, du Burkina et de Wagner.

La septième réunion entre les ministres des Affaires étrangères des pays du G5 Sahel et l’Union européenne devait se tenir mercredi 26 janvier à Bruxelles. Mais en raison de la situation au Burkina Faso, la présidence du G5, actuellement exercée par le Tchad, a consulté ses partenaires et renoncé à tenir une session plénière. En revanche, chacun des quatre ministres présents, Abdoulaye Diop pour le Mali, Ismaïl Ould Cheikh Ahmed pour la Mauritanie, Hassoumi Massoudou pour le Niger et Chérif Mahamat Zene pour le Tchad, s’est entretenu individuellement avec le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

Des rencontres avec ses homologues du Sahel qui ont été pour le chef de la diplomatie européenne l’occasion de condamner l’arrestation du président burkinabè et de demander au nom de l’UE sa libération et le retour de l’ordre constitutionnel au Burkina Faso. Les Européens veulent continuer la coopération avec le Niger et la Mauritanie et soutiennent la transition tchadienne ainsi que l’ensemble de la région.

La question du Mali

« L’Union européenne maintient son engagement au Sahel, a-t-il insisté. Elle en est un partenaire fiable et de longue durée. Les populations ont des besoins urgents en termes de sécurité, d’aide humanitaire et de perspectives sociales et économiques. Les impatiences grandissent et tôt ou tard ces fragilités nourrissent les mouvements terroristes que nous combattons tous et qui sont une menace pour tous. »

La relation avec le Mali est plus compliquée et l’UE a rappelé être prête à des sanctions individuelles contre ceux qui entravent la transition : elle demande rapidement un « calendrier électoral crédible ». Surtout, l’Union européenne avertit que la présence des mercenaires russes de Wagner est incompatible avec son engagement au Mali.

RFI

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A LA UNE

Coup d’Etat au Burkina Faso : qui est le lieutenant-colonel Paul-Henry Sandaogo Damiba?

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Le Mouvement Patriotique pour la Sauvegarde et la Restauration a à sa tête le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba. Mais qui est celui qui a mis fin au régime du président Roch Marc Kaboré ?

Le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, 41 ans, est un officier supérieur d'infanterie Burkinabè. Il était jusque-là commandant de la 3e région militaire qui couvre Ouagadougou la capitale.

Le Colonel Damiba est un ancien du régiment de sécurité présidentielle, ancien garde de Blaise Compaoré qu'il a quitté en 2011 après une mutinerie de l'armée.

En 2015, il fait partie des officiers qui s'opposent au coup des éléments de ce même régiment, dissout dans la foulée. Il a été cité comme témoin dans le procès qui a suivi pour avoir été en contact avec le général Djibril Bassolé.

Depuis 2016, il est aux avant-postes de la lutte antiterroriste.

Il a participé à presque toutes les formations opérationnelles de la plupart des unités spéciales. Il a d'ailleurs publié un ouvrage intitulé : Armées ouest-africaines et terrorisme : réponses incertaines ?

Paul-Henri Damiba a été chef de plusieurs régiments de l'armée dont Dori et Ouahigouya, région en proie à des attaques récurrentes.

Le président du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration est promotionnaire de Emmanuel Zoungrana, mis aux arrêts le 8 janvier dernier pour tentative d'attentat à la sûreté de l'État.

BBC

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A LA UNE

Épidémie de coups d’Etat : mais comment un organe malade peut-il soigner le corps tout entier ?

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Opinion/ Les militaires prennent le pouvoir, selon eux, pour remettre de l’ordre dans l’Etat en luttant contre la corruption endémique et faire face au défi sécuritaire lancé par des mouvements djihâdistes. Mais, comment un organe malade peut-il soigner le corps tout entier?

C’est bien de ça qu’il s’agit dans la mesure où toutes nos armées sont gangrenées par la corruption, désorganisées, traversées par le fléau du tribalisme et surtout elles ont toujours été les bras armés des pouvoirs pour réprimer les populations.

On ne s’en rendait pas compte tant qu’elles n’étaient pas confrontées à une menace réelle comme celle des rebelles djihâdistes.

Elles sont inaptes à combattre efficacement. Le métier militaire requiert une forte technicité. Toute la chaîne de commandement a besoin d’officiers bien formés capables de conduire les opérations avec efficacité. Ce sont ces  critères de compétence, d’endurance et de loyauté qui sont ignorés dans nos armées.

C’est en temps de paix qu’on prépare la guerre. La guerre éclate au Mali, les armées de la CEDEAO étaient incapables de se déployer sur le terrain. Elles n’étaient pas prêtes. J’ai lu le sévère jugement d’un  général américain sur l’état de ces armées à l’époque. Le cas de l’armée guinéenne est encore plus symptomatique.

Au Mali, nous voyons bien que l’arrivée au pouvoir du colonel Goita n’a pas renversé le rapport de force militaire sur le terrain. Sachant que la France ne partage pas son ambition de s’incruster au pouvoir, il fait appel aux mercenaires de Wagner pour faire sa guerre à sa place. Nous savons tous que si la France se désengage, les djihâdistes, mieux préparés et fanatisés, ne feront qu’une bouchée de ces armées.

Dans tous les grands pays du monde, l’armée est un pôle d’excellence. C’est le pilier de l’Etat. Si nos armées étaient mieux gérées avec des officiers respectueux de l’éthique militaire, nos pays n’auraient pas connu ce déclin inexorable après les indépendances.

En lieu et place des coups d’Etat, que les chefs militaires gèrent correctement l’armée qui est en réalité un État dans l’État. S’ils sont incapables de gérer leur État, comment peuvent-ils être qualifiés pour diriger le pays?

La longue période des pouvoirs kaki des années 1960-1990 sont des décennies perdues pour l’Afrique. C’est insensé de retomber dans ces travers au moment où l’Afrique renaît économiquement.

Nous devons nous retrouver pour discuter de la place de l’armée au cœur de notre État, sur les moyens humains, techniques et financiers à engager pour la rendre performante.

Le vrai enjeu, c’est la réforme de l’armée.

Par Alpha Saliou Wann

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