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Alpha Saliou Wann : « l’opposition doit rester inflexible jusqu’au rétablissement des vrais résultats »

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Certes, il faut une petite dose d'utopie en politique, mais faire de la politique, c'est ancrer les actions dans le réel, c'est de tenter tous les possibles pour atteindre la finalité, qui reste l'amélioration des conditions de vie et la quête du bonheur des citoyens du pays. On ne doit pas continuer à suivre les mêmes recettes qui nous conduisent en permanence à l'échec.

Depuis 25 ans, les premières élections du multipartisme politique datent de 1993, les dirigeants et cadres de notre pays refusent systématiquement d'appliquer les lois de la République. Pourquoi, nous n'en tirons pas les leçons? Moi, j'ai clairement proposé l'aide de la seule institution internationale habilitée à intervenir dans les affaires intérieures de ses Etats membres : l'ONU et ses agences.
Alpha Condé et la CENI jouent théâtralement pour faire tourner en rond l'opposition et le pays tout entier. J'entends des politiciens, qui effectuent "la danse du ventre" pour séduire le pouvoir, dire qu'il faut appliquer la loi, c'est-à-dire selon eux, de ne plus revenir sur les résultats proclamés par la CENI. Comme ils parlent de respect de la loi, voici les articles concernés par ce contentieux électoral, chacun pourra voir par lui-même, car ils sont sans équivoque, que la CENI est responsable de l'imbroglio actuel :
Article 84-1 : Chaque bureau de vote transmet sans délai, une copie du procès-verbal au démembrement de la CENI dont il relève, accompagnée des pièces qui doivent y être annexées, le tout pour être remis à la Commission Administrative de Centralisation des Votes.
Article 85 : Le second exemplaire du procès-verbal du bureau de vote est adressé, SOUS PLI SCELLÉ, par les voies les plus rapides, au Président de la CENI.
Le troisième exemplaire est adressé, SOUS PLI SCELLÉ, par les voies les plus rapides, au Ministre chargé de l'administration du territoire, pour information.
Les quatrième et cinquième exemplaires sont transmis respectivement aux démembrements concernés (CESPI, CEPI et CECI).
Enfin, il doit être remis à chaque représentant de candidats ou liste de candidats une copie du procès-verbal des résultats provisoires.
Article 86 : Le recensement des Votes d'une circonscription électorale sera le décompte des résultats du scrutin présenté par les différents bureaux de vote de ladite circonscription.
Le recensement des votes est effectué en présence des représentants des candidats ou des listes de candidats par une Commission Administrative de Centralisation des Votes, NOMMÉE PAR ACTE DU PRÉSIDENT DE LA CENI.
Cette commission est composée comme suit :
*Président : un Magistrat de l'ordre judiciaire, proposé par la Cour Constitutionnelle;
*Vice-président : un représentant de l'Administration proposé par le Ministre chargé de l'administration du territoire;
*Rapporteur, proposé par la CENI;
*Deux Assesseurs tirés au sort parmi les représentants des candidats ou liste de candidats.
Les résultats arrêtés par chaque bureau de vote et les pièces annexées ne doivent, EN AUCUN CAS, être modifiés.
Article 87 : Le procès-verbal de recensement des résultats du vote qui constitue UN DOCUMENT RÉCAPITULATIF, est établi en plusieurs exemplaires, en présence des candidats ou de leurs représentants. Il est signé de tous les membres présents de la Commission Administrative de Centralisation des Votes qui en adresse un exemplaire au Président de la CENI.
Ma première remarque est que le législateur a pris le risque de ne pas exiger que la copie adressée à la CACV ne soit SOUS PLI SCELLÉ, contrairement à celles adressées au Président de la CENI et au Ministre chargé de l'administration du territoire, donc il ne faut pas s'étonner de la possibilité de falsification des résultats, ratures ou disparition des PV transmis aux CACV.
Le Président de la CENI est de mauvaise foi, lorsqu'il demande à l'opposition de lui montrer leurs preuves constatant les modifications des résultats par les CACV, car en vertu de l'article 85 du code électoral, il détient tous les procès verbaux des bureaux de vote, donc il sait pertinemment qu'ils ne sont pas conformes aux résultats recensés par les CACV. Personnellement, je lui aurais rétorqué qu'il a reçu sous pli scellé tous ces résultats et donc qu'il a dû faire le même constat que nous. Mais ce qui est consternant, c'est le fait que selon l'article 86 du code électoral, les CACV sont nommées par acte du président de la CENI, donc elles sont sous son autorité. Pourquoi, a-t-il publié, à juste titre, un communiqué enjoignant les CACV de respecter l'article 86 alinéa 4 qui dispose clairement qu'en AUCUN CAS, les résultats issus des bureaux de vote ne doivent être modifiés et finalement, qu'il ait refusé de faire appliquer strictement la loi par ces CACV récalcitrantes? Il détient les vrais résultats et le code électoral est son document de travail, pour le respect duquel il a prêté serment, pourquoi, en violation de cette loi organique, il a annoncé des résultats non conformes à ceux sortis des urnes? L'opposition n'avait même pas besoin de passer à l'étape du contentieux électoral devant les tribunaux, il lui fallait simplement exiger que le président de la CENI fasse respecter par une entité administrative qui est sous son autorité, en l'occurrence, la CACV, les articles 86 et 87 (nous voyons bien que sa mission se limite à un recensement récapitulatif des résultats des bureaux de vote de sa circonscription).
Quand aux juges du contentieux électoral, conformément à l'article 109 de la Constitution, ils ne sont soumis qu'à l'autorité de la loi dans l'exercice de leurs charges, donc ils n'ont pas le droit d'ignorer les dispositions du code électoral en validant des résultats qui les violent manifestement.
Nous sommes empêtrés dans une crise morale très profonde où le respect du serment donné n'a aucune valeur aux yeux du Président de la République, des Magistrats et des commissaires de la CENI.
La Guinée détient le triste record africain du pays qui est réfractaire au changement depuis 60 ans. Les différents politiques sont toujours réprimés dans le sang. C'est vraiment honteux pour nous, mais particulièrement pour ceux qui ont dirigé notre pays en écartant toutes les règles politiques et morales.
Alpha Condé en véritable maître du jeu, instrumentalise la CENI pour sortir le chiffon rouge du report des élections législatives, si le sempiternel point d'accord signé depuis 2013, renouvelé en 2015 et 2016, demandant l'audit du fichier électoral est appliqué. Le report de ces élections locales jusqu'en 2018 est fait exprès pour gagner du temps et obliger l'opposition à participer aux élections législatives et présidentielle avec ce fichier électoral corrompu.
La loi organique portant code électoral exige à la CENI de procéder à la révision du fichier électoral sur la période du 1er octobre au 31 décembre de chaque année. La CENI n'a jamais respecté cette disposition de la loi organique. Il suffit de profiter de cette révision obligatoire pour nettoyer le fichier électoral. Ils peuvent reconduire le mandat des mêmes experts retenus lors de la présidentielle. Il faut rappeler que ces derniers n'ont pu faire leur travail en raison des blocages de la mouvance pour empêcher d'expurger du fichier tous les mineurs et électeurs fictifs.
Mais je vous le répète encore, nous ne tirerons rien de bon de tous nos cadres impliqués dans nos processus électoraux. On a déjà connu l'expérience du ministère de l'administration du territoire et maintenant c'est la CENI dont les membres ont été renouvelés à plusieurs reprises, certains parlent d'une CENI technique, comme si ce ne sont pas les mêmes qui vont s'y retrouver pour faire exactement ce que veut le pouvoir. En conclusion, nos élites n'ont pas la culture du respect de la Constitution et des lois de la République. Je ne vois pas une issue, autre que le recensement électoral et les tâches logistiques soient effectués par une agence onusienne ainsi que la présence de ses représentants dans les bureaux de vote avec remise d'un exemplaire du procès-verbal. Il nous faut cette transition, le temps qu'on s'habitue aux élections transparentes et crédibles.
Mais pour le cas précis de cette élection locale, l'opposition doit rester inflexible jusqu'au rétablissement des vrais résultats dans les circonscriptions où il y a eu un contentieux électoral.

Par Alpha Saliou Wann

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Alpha Condé quitte enfin Conakry

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Chassé du pouvoir le 05 septembre et retenu depuis par les mutins, Alpha Condé a finalement quitté Conakry ce lundi 17 janvier 2022, pour les Emirats Arabes Unis, où doit passer un exil médical.

L’ancien président a été autorisé en début d’année par la junte militaire à se rendre dans le pays de son choix pour aller se faire soigner.

Les militaires au pouvoir indiquent que la CEDEAO  s’est engagée à assurer son retour dans un délai d’un mois après ces consultations médicales.

Par Guinee28

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Le monde compte un nouveau milliardaire toutes les 26 heures depuis le début de la Covid-19

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La planète compte un nouveau milliardaire toutes les 26 heures depuis le début de la pandémie de la Covid-19, alors que les inégalités contribuent à la mort d’une personne toutes les quatre secondes, d’après l’ONG Oxfam.

La fortune des dix hommes les plus riches au monde a plus de doublé, passant de 700 milliards de dollars à 1 500 milliards de dollars, à un rythme de 15 000 dollars par seconde ou 1,3 milliard de dollars par jour pendant les deux premières années d’une pandémie au cours de laquelle 99 % de la population mondiale a eu des revenus moins importants que prévu et où plus de 160 millions de personnes supplémentaires auraient basculé dans la pauvreté.

Gabriela Bucher, directrice générale d’Oxfam International, a déclaré : « Si ces dix hommes perdaient demain 99,999 % de leur fortune, ils seraient toujours plus riches que 99 % de toute l’humanité. Ils sont désormais six fois plus riches que les 3,1 milliards de personnes les plus pauvres. »

Dans un nouveau rapport intitulé Les inégalités tuent, publié le jour de l’ouverture des « Agendas de Davos » organisés par le Forum économique mondial, Oxfam révèle que les inégalités contribuent à la mort d’au moins 21 000 personnes par jour, soit une personne toutes les quatre secondes. Ces chiffres sont établis sur la base d’estimations prudentes du nombre de décès dus au manque d’accès aux services de santé, aux violences basées sur le genre, à la faim et au dérèglement climatique.

« Il n’a jamais été aussi important de s’attaquer à ces inégalités indécentes et violentes. Il y a urgence à répartir plus équitablement les richesses et les pouvoirs titanesques accaparés par les élites, notamment par le biais de mesures fiscales, pour réinjecter cet argent dans l’économie réelle et sauver des vies », poursuit Gabriela Bucher.

La fortune des milliardaires a davantage augmenté depuis le début de la pandémie qu’au cours des 14 années précédentes. Estimée à 5 000 milliards de dollars, il s’agit de la plus forte augmentation de la fortune des milliardaires depuis que ce type de données est recensé. Un impôt exceptionnel de 99 % sur les richesses amassées pendant la pandémie par les dix hommes les plus riches du monde permettrait par exemple de :

  • financer suffisamment de vaccins pour immuniser le monde entier ;
  • financer la protection sociale et une santé universelle, de financer l’adaptation au changement climatique et de réduire les taux de violences basées sur le genre dans plus de 80 pays ;
  • et ce, tout en laissant à ces hommes quelque 8 milliards de dollars de plus qu’avant la pandémie.

« Pour les milliardaires, la pandémie a été une aubaine. Les banques centrales ont injecté des milliards de dollars dans les marchés financiers dans le but de sauver l’économie, mais une grande partie a fini dans les poches des milliardaires, profitant de la montée en flèche des cours des actions. Les vaccins étaient supposés mettre fin à la pandémie. Pourtant, les gouvernements des pays riches ont permis à des monopoles et des milliardaires de l’industrie pharmaceutique de bloquer leur approvisionnement à des milliards de personnes. Tout cela conduit à une aggravation de toutes les formes d’inégalités. Il est révoltant d’en arriver là alors que la situation était prévisible. Et les conséquences sont meurtrières. », continue Gabriela Bucher.

Les inégalités extrêmes sont une forme de violence économique. Les choix politiques consistant à perpétuer l’accaparement de la richesse et du pouvoir entre les mains une poignée de privilégié·es nuisent directement à la grande majorité des citoyen·nes ordinaires dans le monde et à notre planète.

« À travers le monde, la réponse à la pandémie a alimenté cette violence économique de manière particulièrement grave, en direction des personnes racisées, marginalisées et des femmes. Les vagues de COVID-19 entraînent des pics de violences basées sur le genre, alors même que le poids du travail de soin non rémunéré sur les femmes et les filles a augmenté. », affirme Gabriela Bucher.

La pandémie a fait reculer l’objectif d’atteindre la parité à 135 ans, contre 99 ans auparavant. Collectivement, les femmes ont perdu 800 milliards de dollars de revenus en 2020. En tout, 13 millions de femmes de moins travaillent aujourd’hui par rapport à 2019. 252 hommes se partagent plus de richesses que le milliard de filles et de femmes qui vivent en Afrique, en Amérique latine et aux Caraïbes réunies.

Les groupes racisés ont été les plus durement touchés par la pandémie. En Angleterre, pendant la deuxième vague de la pandémie, les personnes d’origine bangladaise étaient cinq fois plus susceptibles de mourir de la COVID-19 que la population britannique blanche. Au Brésil, les personnes issues des communautés noires sont 1,5 fois plus susceptibles de mourir de la COVID-19 que celles issues des communautés blanches. Aux États-Unis, 3,4 millions d’Afro-américain·es seraient en vie aujourd'hui si leur espérance de vie était la même que celle des personnes blanches. Ces inégalités prennent directement racines dans le racisme et le colonialisme.

Les inégalités entre pays devraient se creuser pour la première fois en une génération. Les pays en développement, s’étant vu refuser l’accès à des stocks de vaccins suffisants du fait de la protection accordée par les gouvernements des pays riches aux grandes entreprises pharmaceutiques, ont été forcés de restreindre leurs dépenses publiques, au vu de la montée en flèche des niveaux de dette. Ils devront probablement faire face à des mesures d’austérité. La proportion de personnes contaminées qui meurent des suites du virus est environ deux fois plus importante dans les pays en développement que dans les pays riches.

Gabriela Bucher poursuit : « La pandémie de COVID-19 a révélé comment les décideurs politiques et économiques utilisent, avec cynisme et cupidité, les inégalités extrêmes comme un instrument de violence politique. » « Au bout d’années de recherches et campagnes sur ce sujet, Oxfam arrive aujourd’hui à cette conclusion, choquante mais sans appel. »

Malgré le coût immense que représente la réponse à la pandémie, au cours des deux dernières années, les gouvernements des pays riches n’ont pas pris la décision d’augmenter les impôts sur la fortune des personnes les plus riches et ont continué à privatiser les biens publics, comme les technologies liées aux vaccins. Ils ont tant encouragé les multinationales à développer des monopoles que, rien que pendant la pandémie, l’augmentation de la concentration du marché pourrait dépasser en un an celle observée entre 2000 et 2015.

Les inégalités sont au cœur de la crise climatique. Les émissions de CO2 des 1 % les plus riches sont deux fois plus élevées que celles des 50 % les moins riches. Cela a eu des conséquences sur le changement climatique en 2020 et en 2021, causant incendies, inondations, tornades, mauvaises récoltes et faim.

Selon Gabriela Bucher, « des inégalités si rampantes et profondes ne sont pas le fruit du hasard, mais un choix. Non seulement nos structures économiques nous ont rendu·es plus vulnérables à cette pandémie, mais elles permettent aussi à des personnes déjà extrêmement riches et puissantes d’exploiter cette crise à leur profit. »

Le rapport montre que les dirigeants des deux plus grandes puissances économiques du monde (les États-Unis et la Chine) commencent à réfléchir à des politiques de réduction des inégalités, notamment en augmentant les impôts des particuliers fortunés et en prenant des mesures contre les monopoles. Pour Gabriela Bucher, « c’est une première lueur d’espoir pour qu’un nouveau modèle économique émerge ».

Guinee28

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Le corps d’Aminata Touré rapatrié ce lundi en Guinée

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La dépouille de l’ex maire de Kaloum, Aminata Touré, sera rapatriée en Guinée ce lundi 17 janvier 2022, a-t-on appris. L’avion devant envoyer son corps est attendu vers 20 heures TU à l’aéroport international de Conakry.

Fille aînée du premier président Guinéen, feu Sékou Touré, elle est morte le 13 janvier 22, au Maroc de suites de maladie, à l’âge de 66 ans. Elle était l’unique femme maire du pays.

Pour le moment on ignore le programme de ses obsèques.

Par Guinee28

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