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Alpha Saliou Wann : pourquoi la Guinée doit impérativement confier ses élections à l’ONU ?

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Je vais expliciter les raisons qui justifient l'implication directe d'une agence onusienne comme le PNUD dans l'organisation de nos élections. Soyons pragmatiques et cessons d'être des idéologues impénitents qui invoquent l'indépendance nationale pour refuser l'aide extérieure, alors qu'en réalité leur volonté cachée est de confisquer notre souveraineté populaire. D'ailleurs, comment être souverain avec un Etat mendiant comme le nôtre ?

Concrètement, quels sont nos problèmes électoraux? Nous avons tout d'abord des Guinéens qui veulent se faire recenser pour participer aux élections en vertu des articles 2 et 22 de la Constitution, mais qui sont empêchés par la CENI qui, en même temps, fait recenser des mineurs et des électeurs fictifs. Ensuite, il y a toutes les entraves à la bonne distribution des cartes d'électeurs aux citoyens, les difficultés logistiques créées artificiellement pour ne pas que les zones réputées proches de l'opposition puissent disposer de matériels électoraux suffisants. Puis, il y a la pagaille orchestrée dans le transport des procès verbaux à leurs destinataires, notamment les Commissions administratives de centralisation des votes dans le but de les falsifier. Les forces de sécurisation des élections quant à elles intimident les représentants de l'opposition (voire empêchent leur accès aux lieux de vote et de centralisation des résultats ou les arrêtent) et les électeurs. Ce sont ces forces qui sécurisent les opérations de falsification des procès verbaux sur le trajet bureau de vote-commission administrative de centralisation des votes. Enfin, pour couronner la pyramide des fraudes, on a l'autorité judiciaire. C'est leur cas qui est le plus scandaleux, car lorsque le magistrat qui est sensé combattre la fraude, devient un maillon important de la chaine, c'est le monde à l'envers. Pourtant, l'article 109 alinéa 1 de la Constitution dispose : "Les magistrats ne sont soumis qu'à l'autorité de la loi". Or, dans le cas précis de ces élections locales, la loi est sans ambiguïté en son article 86, alinéa 4 du Code électoral qui dispose : " Les résultats arrêtés par chaque bureau de vote et les pièces annexées ne peuvent en aucun cas être modifiés". C'est sur l'autorité de quelle loi dont s'appuient les magistrats qui président les CACV et ceux qui jugent sur le contentieux électoral dans les tribunaux pour ignorer sciemment cette disposition de la loi organique portant Code électoral? Nous avons l'obligation de respecter l'autorité judiciaire tant qu'elle se soumet à l'autorité de la loi et non pas en la violant de façon aussi flagrante. C'est pourquoi, en contrepartie de son indépendance, le pouvoir judiciaire doit veiller scrupuleusement à la préservation de la confiance du public sur le respect des règles déontologiques aux fins d'entretenir l'impartialité, l'éthique, la probité, l'honneur ou la dignité des magistrats. Les mauvais comportements des magistrats, notamment leur forfaiture ou leur méconnaissance du droit, voire le fait d'être inféodés au pouvoir exécutif et au pouvoir de l'argent, conduisent à la fissuration de l'indépendance de la Justice. Toutefois, nous devons reconnaître que notre pouvoir judiciaire n'est nullement indépendant, bien au contraire, il est de par la Constitution soumis au pouvoir exécutif à travers le Conseil Supérieur de la Magistrature dont la présidence est assurée par le Président de la République et la vice présidence par le Ministre de la Justice. Montesquieu disait : "Point de puissance de juger si cette fonction est confondue avec le législatif ou l'exécutif". Comment comprendre qu'un juge recruté et nommé par l'exécutif et dont la gestion de carrière est soumise à l'appréciation du même pouvoir pourrait prétendre jouir d'une indépendance?

Voilà donc les problèmes récurrents auxquels nous sommes confrontés aux élections en Guinée. En attendant que de vrais démocrates obtiennent la majorité à l'Assemblée nationale pour amender nos lois sur l'indépendance de la Justice, nous devons trouver des solutions pour favoriser des élections libres et transparentes dans notre pays. Nous voyons bien que le pouvoir exécutif contrôle la CENI, les forces de sécurité et l'autorité judiciaire. C'est pourquoi, il faut faire intervenir un acteur plus puissant que l'Etat guinéen pour permettre aux citoyennes et citoyens Guinéens d'exprimer en toute transparence leur pouvoir constitutionnel d'élire leurs dirigeants. C'est un rapport de force entre nous et ceux qui ont pris en otage l'Etat à leur profit exclusif depuis 60 ans. Ils instrumentalisent nos sensibilités ethniques, mais qu'est ce qui a changé en bien dans la vie de la majorité de nos populations de Faranah, Dubréka et Kouroussa, les préfectures d'où sont originaires les trois présidents Guinéens? Si leurs votes étaient tenus en compte, aucun de ces trois n'allait gagner dans sa région en raison de la déception des attentes des habitants de ces contrées abandonnées à elles-mêmes. Il n'y a pas que les présidents, c'est le cas de tous ces hauts fonctionnaires de l'Etat qui se sont partagés le butin de nos labeurs depuis 60 ans en laissant leurs villages et préfectures dans la pauvreté. C'est par le pouvoir de notre vote que nous pourrons obliger ces fauves féroces, cupides et égoïstes à se mettre à notre service où on les dégage du pouvoir. Ils ne défendent aucune ethnie, ils ne défendent que leurs propres intérêts. La vérité est que, même si une communauté vote pour un des leurs, l'expérience a prouvé qu'elle s'en détache s'il ne respecte pas ses engagements. Ah oui, la configuration électorale est telle que pour gagner, un candidat est obligé de prendre des engagements au-delà de sa communauté ou de son fief. Qui pouvait imaginer en 1993, qu'Alpha Condé puisse être obligé de dépenser des milliards pour se faire accueillir en Haute Guinée? Ne désespérons pas de la puissance du bulletin de vote, c'est pourquoi nous devons tous nous mobiliser pour détenir ce pouvoir, de reprendre notre pouvoir souverain, celui de voter. Nous avons plusieurs niveaux de pouvoir, lointains et proches : président de la République, députés, présidents de régions, maires et chefs de quartiers et de districts. Donnons nous le pouvoir de les révoquer aux élections si nous sommes insatisfaits de leur gestion, c'est la force de l'occident. Sachez que l'ONU est la seule organisation internationale autorisée à intervenir dans les affaires intérieures des Etats. Ce n'est donc pas humiliant pour nous, qu'elle nous aide à nous débarrasser du joug étouffant de nos propres concitoyens qui confisquent à leur profit le pouvoir d'Etat. Si vous acceptez le principe, ensemble, nous allons imposer à Alpha Condé la participation de l'agence onusienne PNUD comme partenaire technique chargé de la gestion de l'ensemble du processus électoral, soit du recensement électoral à la certification des résultats des élections. On va en finir avec la cacophonie, le non respect des délais légaux et l'exclusion de milliers d'électeurs.

Comprenons nous bien, qu'est ce qui est le plus important pour nous? C'est le respect du sacro-saint principe de souveraineté populaire que nous exerçons à travers nos représentants élus. Les lois sont faites pour être appliquées. A quoi bon voter des lois, si mêmes les magistrats ne les appliquent pas? A chaque élection, nous constatons les défaillances de la CENI, de l'administration territoriale et des magistrats qui refusent obstinément d'appliquer les lois. Les articles 84 et 85 du Code électoral répartissent les exemplaires des procès verbaux des bureaux de vote entre les commissions administratives de centralisation des votes (transmis sans délai par les démembrements de la CENI dont relèvent les bureaux de vote) le Président de la CENI et le Ministre de l'Administration du Territoire, qui les reçoivent sous plis scellés par les voies les plus rapides, ainsi que les CESPI, CEPI et CECI, et enfin les représentants des candidats. Même au cas où (ce qui est écarté par la loi) les magistrats ont des doutes sur les procès verbaux des bureaux de vote, ils ont la possibilité de les confronter aux copies détenues par tous les acteurs cités plus haut. C'est clair qu'ils font partie intégrante de la conspiration électorale du pouvoir, c'est inacceptable. La CENI et le Ministère de l'Administration du Territoire et de la Décentralisation détiennent les vrais résultats. L'opposition doit exercer de très fortes pressions sur eux pour les obliger à reculer.

Maintenant, il est de notre responsabilité de préparer la bataille pour des élections propres avec l'implication d'un acteur indépendant et neutre comme le PNUD. Il y va de notre intérêt collectif.

Par Alpha Saliou Wann

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Guinée : à quand le retour d’Alpha Condé ?

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Chassé du pouvoir le 05 septembre dernier, Alpha Condé a été finalement autorisé à quitter la Guinée, lundi 17 janvier, par la junte au pouvoir.

Le président déchu est parti aux  Emirats Arabes Unis officiellement pour un exil médical. Mais si au départ les nouvelles autorités guinéennes assuraient qu’il devrait revenir dans un délai d’un mois, conformément à un engagement de la CEDEAO qui se serait portait garant, son retour pourrait être beaucoup plus long que prévu.

En effet, dans un nouveau communiqué le CNRD indique que désormais, le retour de l’ex président est attendu dès la fin de ses soins. Mais à quand prendront-t-ils fin ?

Par Guinee28

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Transition en Guinée et au Mali : Alpha Saliou Wann cite les  »bons » exemples à suivre

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Dans cette tribune, l’opposant Alpha Saliou Wann invite la junte guinéenne et celle du Mali à suivre la jurisprudence des armées de la Serbie, de l’Ukraine et de la Géorgie, en laissant la politique aux politiciens.

Lisez :

Nos armées doivent suivre la jurisprudence des armées de la Serbie, de l’Ukraine et de la Géorgie. Ces armées ont retiré leur confiance aux dictateurs en n’opposant aucun obstacle à la prise de contrôle par les manifestants des édifices publics symboles du pouvoir comme les parlements. Les forces vives de ces pays ont organisé elles-mêmes rapidement de nouvelles élections générales. Les armées sont restées discrètes  et à l’écart de tout le processus de transition.

C’est l’exemple à suivre. L’armée doit s’effacer et laisser les politiciens faire de la politique.

Alpha Condé est un cas d’école à étudier par tous les apprentis-politiciens. Nous devons apprendre de nos erreurs et nous appliquer de manière studieuse à ne plus les commettre.

La Guinée et le Mali s’entêtent dans leur rôle de mauvais élèves de la classe CEDEAO. Aucun patriote qui aime l’Afrique ne doit encourager ces deux juntes militaires qui ont confisqué à leur profit des luttes citoyennes formidables contre des pouvoirs civils autoritaires. Il n’est pas de leur rôle de se substituer aux forces vives de la nation.

En Ukraine, malgré la partition de fait du pays, l’annexion de la Crimée par la Russie, les élections présidentielles et législatives ont bien été tenues.

Au Mali, c’est donc un argument fallacieux que  d’invoquer l’impossibilité d’organiser les élections en raison de l’occupation des 2/3 du territoire par les insurgés djihâdistes. On omet de préciser que ce tiers du territoire représente 90% de la population malienne. Ce qui est clair, le président élu par ce tiers du territoire représente la légalité et la légitimité aux yeux de la communauté internationale contrairement au chef d’une junte militaire. C’est Dionkounda Traoré et non le capitaine Sanogo qui a eu le soutien de la communauté internationale au travers de son bras armé la France.

Par Alpha Saliou Wann

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Surmonter nos angoisses envers l’avenir

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La seconde quinzaine du mois de janvier nous fait observer les débuts difficiles d’une année particulière faite de rêve de voir tout tracé le chemin du retour à l’ordre constitutionnel qui se dessine à l’horizon.

Elle nous permet d’écrire qu’il n’est pas dangereux de croire en nos capacités et nos chances de surmonter à l’unisson nos angoisses envers cette transition -à longueur inconnue pour le moment- et l’avenir de la démocratie pour laquelle la communauté des voisins et nous tous continuons de payer un lourd tribut en termes de sacrifices de tout genre.

Démocrates de tous les rangs en communion avec les républicains et les plus rigoristes partisans de la gestion de la cité par un régime civil, nous sommes conscients de l’impact des premières retombées du coup d’Etat du 5 septembre bien que nous ne pouvons-nous donner la peine d’applaudir hâtivement l’entrée en scène du Gentil géant de peur de piétiner notre sacerdoce ou plus exactement de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Alors, surmontons nos angoisses! Avisons Nos Patriotes du CNRD ! Refusons que leur Gentil géant perde son signe de lion noir de Dramouss et qu’à leur tour, ils finissent tous en Terroriste (s) noir (s).

J'ai dit.

Par Diallo Alpha Abdoulaye

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