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Alpha Condé « un petit président qui menace les journalistes », Reporters sans frontières

A travers une infographie, Reporters sans frontières (RSF) recense des propos méprisants, injurieux, voire accusateurs ou racistes que des chefs d’Etat et de gouvernement ont tenus contre des journalistes. Des déclarations publiques contraires au principe de la liberté de l’information, qui illustrent les tensions auxquelles sont soumis les journalistes dont le seul tort est d’avoir exercé leur métier.

“Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur ; et il n’y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits”, écrivait Beaumarchais dans Le Mariage de Figaro. Aujourd’hui RSF dénonce les "petits présidents", ceux qui choisissent de s’attaquer publiquement aux journalistes et aux médias plutôt que de répondre à la critique.

Informer peut se révéler une tâche périlleuse dans certains pays, et les journalistes dont les questions déplaisent ou dont les enquêtes s’attachent à mettre en lumière la corruption des pouvoirs publics peuvent s’exposer aux foudres des chefs d’Etat. Certains ne tolèrent aucun désaccord, ni même aucun débat. D’autres associent systématiquement toute remise en cause à une opposition, un acte de sédition, un complot, une ingérence étrangère. D’autres encore, que l’on pourrait qualifier de “multirécidivistes”, semblent mener des campagnes de harcèlement contre un média ou un journaliste qui a l’art de leur déplaire. Enfin, il y a ceux qui ne se prononcent pas, car disposant d’un système de censure si efficace qu’il n’est nul besoin de rappeler à l’ordre les médias déjà mis au pas. De l’allusion discrète aux menaces de mort, les styles changent selon les régions, mais l’objectif reste le même : museler l’information.

“Quand un chef d’État en exercice se permet des invectives contre les représentants des médias qui ne font que leur travail d’information, un cap est franchi, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Comment les journalistes peuvent-ils ensuite travailler dans des conditions sereines quand l’Etat, supposé leur garantir une protection, est incarné par une autorité qui les méprise, intimide, brime, récrimine, ouvrant ainsi la voie aux exactions impunies contre la presse ?”

Les exemples choisis soulignent, pour chaque région, les tendances dans les rapports entre le pouvoir étatique et les journalistes. Ces phrases qui individuellement peuvent sembler anodines, dénoncent ensemble le climat de tensions dans lequel les journalistes doivent travailler dans certains pays.

En Guinée, voici les propos qu’avaient tenus Alpha Condé en 2014. des propos  qui lui vaut  d'être  parmi les "petits présidents"du monde

Sous des cieux peut-être plus cléments mais non moins irrespectueux, les journalistes (et ceux qui les défendent) sont balayés d’un revers de main. Les journalistes “font n’importe quoi, (...) Ils peuvent écrire ce qu’ils veulent, cela n’a aucune importance. Je ne lis aucun journal, je ne vais pas sur Internet et je n’écoute pas les radios", déclare le président guinéen Alpha Condé en novembre 2014. Et d’ajouter à propos de RSF : “Je m’en fous (sic) de ce que Reporters sans frontières va écrire (...). Ce n’est pas eux qui dirigent la Guinée. Moi, je n’ai aucune crainte des lois internationales ou des droits de l’homme (...). Chacun va respecter la loi en Guinée”. Si les journalistes ne suscitent qu’indifférence du pouvoir, on peut légitimement se demander alors pourquoi la Haute autorité de la communication guinénenne a décidé d’interdire les émissions de débat en direct, ou de limiter les revues de presse dans les médias nationaux à l’approche des échéances électorales ?

Lire l’intégralité de l’article sur reporters sans frontiers.org

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