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ALPHA CONDÉ : QUE DE REGRETS ET QUEL GACHIS !

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Il est plus court, sa pente plus glissante qu’on ne croit, le chemin qui mène de Mandela à Mugabe et la brutale chute de Alpha Condé, illustration de cette vérité selon laquelle le pouvoir change un homme et le pouvoir absolu le change absolument, nous plonge dans la perplexité et dans une grande tristesse.

PARADOXAL ET PREVISIBLE ?

Sa chute est un paradoxe parce qu’elle est le fait de celui qui, au propre (si l’on se fie à l’image le montrant tenant un parapluie au-dessus de la tête du président guinéen) comme au figuré, était chargé de lui servir de bouclier contre ses potentiels ennemis. Mamady Doumbouya commandait en effet ce qu’on pourrait appeler la garde prétorienne de Condé, une unité d’élite mieux équipée que le reste de l’armée, choyée par le président de la République qui vantait l’efficacité et la séduction de son chef. Doumbouya était si sûr de ses pouvoirs qu’il aurait, nous dit-on, cherché à s’émanciper de son ministre de tutelle pour ne plus relever que de la seule autorité du chef de l’exécutif.

Pourtant, si sa rébellion (sa trahison diront certains, qui oublient que lorsque la trahison réussit on lui donne un autre nom) constitue un paradoxe, elle n’est pas une exception dans le monde politique, comme le montrent les déboires rencontrés par le roi Hassan II avec les généraux Oufkir et Dlimi, élevés l’un et l’autre au rang de maires du Palais. On peut même dire que, dans le cas du colonel Doumbouya, cette rébellion était prévisible et que c’est plutôt Alpha Condé qui a manqué de vigilance ou qui a fait trop confiance à sa bonne étoile, peut-être parce que, comme le disait De Gaulle, « la vieillesse est un naufrage ».

L’ancien président guinéen ne pouvait pas ignorer les prises de position vigoureuses exprimées par celui qui n’était encore que le Commandant Doumbouya à l’occasion d’un colloque organisé en 2017 par l’Etat-major français sur le thème « Prise en compte de l’inter culturalité (sic) dans les actions militaires ».

Seul Africain à présenter une communication devant un aréopage de haut gradés français, celui qui était désigné par l’appellation « stagiaire à l’Ecole de Guerre », n’avait caché ni sa frustration ni ses critiques devant ceux qu’il appelait les « Blancs » et qui étaient peu coutumiers à ce ton de la part de leurs partenaires africains, civils ou militaires. Il avait exprimé son dépit de voir que ses homologues français qui étaient en mission dans son pays, et passaient une bonne partie de leur temps à faire du tourisme, étaient reçus et consultés par le président de la République qui les traitait en conseillers avisés, alors qu’aucun officier africain ne pouvait avoir un accès direct auprès du président de la République française. Il avait même, d’une certaine manière, annoncé les couleurs en s’étonnant que les militaires français appelés à des taches de formation en Guinée obtiennent systématiquement du pays hôte tous les moyens nécessaires à leur mission, alors que lui, officier supérieur guinéen, se voyait refuser les armes et les munitions nécessaires à l’entraînement de ses troupes, au motif qu’il pourrait s’en servir pour faire un coup d’Etat !

Malgré tout, la semonce du Commandant Doumbouya n’avait pas été prise au sérieux et, quatre ans plus tard, le Colonel Doumbouya est donc passé à l’offensive, justifiant par la même occasion les craintes de ses supérieurs. Les armes dont il déplorait l’insuffisance suffisaient pour l’occasion, surtout qu’il a fait un coup d’Etat low cost, sans grandes démonstrations de forces, (…) se contentant de capturer le Chef, ce qui est la meilleure illustration que dans nos pays le pouvoir repose entre les mains d’un seul. Après cette prise majeure, les ministres et chefs des institutions ont préféré déférer à sa convocation plutôt que de passer pour des « rebelles »,au risque de se faire huer par des badauds et moquer par les journalistes, la télévision nationale a fait comme si rien ne s’était passé, pendant vingt-quatre heures on parlait toujours de « tentative » de coup d’Etat, et ce sont les « jakartas » de Conakry qui serviront d’escorte à la première sortie des putschistes!

Si Alpha Condé avait le cœur à regarder les images de cette journée du 6 septembre, il verrait les membres de son gouvernement, dont beaucoup avaient retourné leur veste pour bénéficier de ses faveurs, alignés en rangs d’oignons pour écouter la tirade de son bourreau et invoquer la volonté divine pour expliquer ce brutal changement…

QUE DE REGRETS ET QUEL GACHIS !

Mais le coup d’état du 5 septembre est d’abord une source de tristesse. Parce que la prise des rênes de l’Etat par les armes n’est jamais une bonne solution et que la destitution de Condé brise encore notre rêve d’une passation de pouvoir en Afrique par la seule voie des urnes, pacifique et démocratique. Parce que sa déconfiture met à mal une autre de nos illusions, celle qui nous faisait croire qu’en élevant le niveau de recrutement de nos chefs d’Etat nous avions plus de chance de voir éclore des régimes attachés aux droits des citoyens et au respect de nos différences.

Dans cette épreuve, le perdant, ce n’est ni Idy Amin Dada ni Yahya Jammeh, ce n’est pas un affreux brutalement propulsé à la tête de l’Etat sans aucune initiation ni bagage politique, mais un universitaire, un acteur de la vie politique de son pays qui en a subi les affres, connu la prison et le bannissement et même peut-être risqué la mort. Non content d’accéder au pouvoir dans des conditions pour le moins troubles, il a vite renié les idéaux dont il se réclamait dans sa jeunesse quand il militait au sein de la FEANF, et plus tard comme opposant aux régimes de Sékou Touré puis de Lassana Conté. On espérait qu’il serait Mandela, sans la légende, il aura été Mugabe, sans la hargne nationaliste, le Mugabe de la fin, qui n’avait plus d’autre ambition que celle de durer. Il aura gouverné la Guinée pendant plus longtemps qu’aucun président américain n’a dirigé les Etats-Unis, à une exception près, mais les images que l’on gardera de sa chute et de celle d’un autre universitaire, Laurent Gbagbo, pour illustrer les revers de fortune de nos dirigeants politiques, pourraient se réduire à celles distillées par les réseaux sociaux et les montrant incrédules et solitaires, habillés de chemises de couleur, faussement décontractés…avec cette différence que l’ancien président ivoirien avait l’air moins désinvolte et n’était pas houspillé par un soldat qui le sommait de reconnaître qu’il n’avait pas été maltraité.

Alpha Condé n’a pas transformé le sort de ses concitoyens, il n’a pas su tenir tête aux manœuvres d’affairistes comme Bolloré, il n’a pas su faire front aux démons de l’ethnicisme et de la corruption, il n’a pas vidé ses prisons de leurs détenus politiques, il a réprimé les manifestations dans le sang, il s’est mis à dos ses voisins en fermant ses frontières sur des allégations mensongères… Et puis il y a eu la faute de trop : il n’a pas pu résister au démon du troisième mandat.

Par Fadel Dia - Sud Quotidien

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Guinée : plainte contre Alpha Condé

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Alpha Condé sera-t-il bientôt face à la justice ? Alors  que  les partisans de l’ancien président réclament sa libération, 48 personnes ont porté plainte contre lui « pour les crimes dont ils ont été victimes du fait des forces de défense et de sécurité en exécution des ordres reçus de leurs chefs hiérarchiques ayant agi eux-mêmes sous les ordres directs du même Alpha Condé ».

La plainte a été déposée ce lundi 6 décembre 2021,  au Tribunal de première instance de Dixinn.

Au pouvoir depuis 2010, Alpha Condé a été déposé par l’armée le 05 septembre dernier, après une grave crise politique liée à la modification de la Constitution, l’ayant permis à briguer un troisième mandat. Mandat de trop qui a fini par l’emporter.

Après quelques mois de détention au palais Mohamed V, il a été transféré il y’a une semaine à la résidence de son épouse Diéné Kaba, à Landréya, dans la commune de Dixinn.

Par Guinee28

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Présidentielle en Gambie : le sortant Adama Barrow déclaré vainqueur

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Le président sortant de la Gambie, Adama Barrow, a été officiellement déclaré vainqueur, dimanche, de la présidentielle par la commission électorale. Avant même la proclamation finale, ses adversaires ont dit contester ces résultats et se réserver "tous les moyens d'action".

Candidat à sa réélection, Adama Barrow a été officiellement déclaré vainqueur de la présidentielle en Gambie, dimanche 5 décembre, par la commission électorale. Il est arrivé en tête, après décompte de la quasi totalité des votes, au lendemain d'un vote crucial pour une jeune démocratie qui cherche à surmonter son passé dictatorial.

Mais ses adversaires ont dit contester ces résultats avant même la proclamation finale, et se réserver "tous les moyens d'action".

Adama Barrow, dont l'accession à la présidence il y a cinq ans avait mis fin à plus de vingt ans de dictature, devançait clairement son principal concurrent, Ousainou Darboe, dans la quasi totalité des quelque 50 circonscriptions (sur 53) dont la commission électorale avait communiqué les résultats dimanche en fin d'après-midi.

L'élection, qui a eu lieu samedi, se joue sur un seul tour.

Le camp d'Adama Barrow a commencé à célébrer dans les rues de Banjul.

"À ce stade nous rejetons les résultats annoncés jusqu'à présent" par la commission, a dit devant la presse Ousainou Darboe, au côté de deux autres des six concurrents.

"Tous les moyens d'action sont sur la table", a-t-il ajouté en appelant "tous les Gambiens à rester calmes et pacifiques" le temps que des investigations soient conduites. Les représentants de ces candidats présents lors des opérations de comptage ont constaté "un certain nombre de problèmes", a-t-il dit.

Les Gambiens se sont pressés en masse dans les isoloirs, samedi, et, en guise de bulletin, ont voté avec une bille introduite par un tuyau dans un des bidons aux couleurs et à l'effigie de chaque candidat, procédé institué sous la colonisation à cause d'un illettrisme largement répandu.

Environ un million de Gambiens, sur une population de deux millions, étaient appelés à choisir parmi six candidats, tous des hommes, celui qui dirigera pendant cinq ans le plus petit pays d'Afrique continentale, qui est aussi l'un des plus pauvres au monde.

L'élection était annoncée comme un duel entre le sortant Barrow et l'opposant historique Darboe.

Cinq ans après la fin de la dictature, la consolidation démocratique est un des enjeux de l'élection. Le sort de l'ancien dictateur Yahya Jammeh et la crise économique en sont d'autres.

La communauté internationale sera attentive à l'acceptation ou la contestation par les perdants des résultats officialisés par la commission, a dit un haut diplomate international parlant de "moment capital".

La Communauté des États ouest-africains (Cédéao), acteur majeur de la crise post-électorale de 2015 et du départ contraint du dictateur Jammeh, a appelé dans un communiqué "tous les candidats à accepter de bonne foi l'issue de cette élection qui n'aura ni gagnant, ni perdant, mais un seul vainqueur, le peuple gambien".

Il y a cinq ans, Adama Barrow, ancien promoteur immobilier aujourd'hui âgé de 56 ans et alors quasiment inconnu, avait déjoué les pronostics et battu le dictateur Jammeh après plus de vingt ans de régime caractérisé par une multitude d'atrocités commises par l'État et ses agents : assassinats, disparitions forcées, viols, actes de torture...

Crise économique

Yahya Jammeh, qui refusait de reconnaître sa défaite, a été forcé de s'exiler en Guinée équatoriale sous la pression d'une intervention militaire ouest-africaine.

La présidentielle de 2021 est la première sans lui depuis 1996.

Adama Barrow revendique le retour des libertés, la construction de routes et de marchés, et la pacification des relations avec la communauté internationale.

Ousainou Darboe, 73 ans, avocat, quatre fois deuxième derrière Yahya Jammeh à la présidentielle, accuse Adama Barrow d'avoir manqué à tous ses engagements pour rester au pouvoir.

Adama Barrow est revenu sur sa promesse initiale de ne rester que trois ans au pouvoir. Il a beaucoup atténué ses engagements passés à faire rendre des comptes aux responsables des crimes des années Jammeh. Son parti nouvellement créé a, au contraire, noué une alliance avec celui de l'ancien autocrate.

Le prochain président devra décider s'il suit ou non les recommandations d'une commission chargée d'enquêter sur la période Jammeh, qui a demandé que les responsables des crimes commis à cette époque soient jugés.

Des Gambiens interrogés par l'AFP exprimaient d'autres préoccupations. Près de la moitié des Gambiens vivent sous le seuil de pauvreté. Le pays a été durement touché par le Covid-19. En dehors de l'agriculture, le pays, avec ses plages sur l'Atlantique, vivait du tourisme, dont les flux se sont taris. Les Gambiens souffrent du chômage, de l'augmentation des prix du riz, du sucre ou de l'huile, et du manque d'accès aux soins.

France24 avec AFP

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Mali: au moins trente civils tués dans une attaque dans le centre du pays ( RFI)

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C’est une nouvelle attaque contre des civils qui a eu lieu, vendredi 3 décembre, dans centre du pays. Des hommes armés, des jihadistes présumés, ont mitraillé un bus et tiré sur les passagers. L'attaque est survenue près de la localité de Bandiagara, dans la région de Mopti, dans le centre du pays. Au moins trente civils ont été tués.

Les images sont insoutenables. Le camion de transport, en partie calciné, a été retrouvé au bord d’une route. A l’intérieur, des corps d’une trentaine de civils méconnaissables. Parmi eux, des femmes et des enfants.

On compte également des survivants blessés mais aussi des portés disparus. Ont-ils été emmenés par les jihadistes, accusés d’être responsables de l’attaque, ou bien ont-ils pu à un moment s’échapper du groupe ? Pas de précisions pour le moment.

De sources concordantes, le véhicule et ses passagers se dirigeaient, vendredi, vers la localité de Bandiagara, située dans le centre du pays, pour participer à une foire. Tous étaient des civils.

Sur le trajet, entre le village malien de Songho et la route nationale 15, des hommes armés ont surgi. Ils étaient plutôt bien renseignés. Des coups de feu ont alors éclaté. Panique à bord. Le chauffeur du véhicule aurait tenté de s’échapper. De nouveaux coups de feu ont retenti. Par la suite, les assaillants dont certains étaient à moto, ont mis le feu aux camions.

Il n'y a pas de revendications pour le moment. On s’interroge sur les intentions des jihadistes. Ce qui revient dans les analyses, c’est que par ce genre d’opérations, ils ont notamment l’intention d’opposer les communautés les unes contre les autres.

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