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Politique

«A quelque chose, malheur est bon»,Tierno Monénembo

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PARIS- C’est un machin tout nouveau, apparu à la fin de la guerre froide. Un ovni en quelque sorte dans le ciel jamais rassurant de la diplomatie où, à défaut de faire bouger les lignes, les ronds-de cuir des chancelleries se contentent de rafistoler la terminologie.

Cela s’appelle la Communauté Internationale pour se distinguer peut-être de ses antiques prédécesseurs : SDN, ONU  et autres fausses promesses de l’humanisme et de la paix. Son nom vague, aux consonances presque angéliques séduisent mais ses tentacules surdimensionnées et ses effets dévastateurs commencent à inquiéter en Afrique surtout dans les pays les plus démunis.

Après l’Esclavage et la colonisation, le Sida et Ebola, la Communauté internationale donc ! L’Afrique  qui en a vu d’autres n’est pas dupe. A court  d’arguments, ses maîtres d’hier avancent dorénavant à visage couvert comme les malades de la vérole et les bandits de grand-chemin. En apparence, la démocratie et les droits de l’homme; derrière le masque, une coterie internationale qui a réussi, on ne sait trop comment, à privatiser le droit et la morale, le pouvoir et les minerais sous le sceau de la légalité internationale.

La mafia n’est plus italienne, elle est devenue  universelle ! Universelle et souveraine ! Et comme toujours, l’Afrique en est la première victime, ce ventre mou du monde où n’importe quel quidam peut se proclamer calife  n’importe quel loubard, césar ou proconsul.

Le Congo et le Rwanda l’avaient déjà fait ciller. La dernière élection présidentielle en Guinée lui a définitivement ouvert les yeux. Elle  pensait, la pauvre, qu’après les coups d’Etat et les élections truquées, on lui aurait proposé autre chose. Non, c’est encore pire qu’au temps des partis uniques. Un score à près des 60% et dès le premier tour ! Pitié dieux de la Francophonie,  de l’Onu, de l’Union  Européenne et d’ailleurs !

Un observateur européen parle d’une élection exemplaire. Les observateurs européens, c’est connu,  ne voient que ce qu’ils veulent bien voir et surtout, ils ne manquent pas de toupet ! Exemplaire oui dans le sens où l’entendait Omar Bongo : « En Afrique, un président en exercice ne peut pas perdre une élection » ! Ce serait, cela va de soi, enfreindre le rite, faire  honte au clan ! Du blasphème en quelque sorte !

Toutes les vieilles recettes sont là : les listes falsifiées, le bourrage des urnes,  les cartes d’électeurs distribuées à la tête du client, la bastonnade et l’emprisonnement des assesseurs de l’opposition etc.

Ce qui est nouveau dans cette triste histoire, c’est la désinvolture avec laquelle la communauté internationale s’est immiscée dans le jeu. D’habitude, elle se contente de tirer les ficelles et de pondre des communiqués certes tendancieux mais conçus sous le vernis de l’élégance. Cette fois-ci, on a jeté l’habit du diplomate pour revêtir le cache-sexe du partisan. On a délibérément soutenu le régime en place, et sans vergogne, justifié ses mensonges et ses crimes. On a été jusqu’à menacer le chef de l’opposition des foudres de Jupiter puisqu’il avait songé, le trublion, à appeler à manifester pour protester contre la fraude.

Le droit de manifester est pourtant écrit noir sur blanc dans la constitution guinéenne. Mais c’était avant que les hordes des fonctionnaires internationaux ne débarquent à Conakry. A ce compte-là, ce droit élémentaire sera bientôt considéré comme un  crime contre l’humanité, passible donc sinon d’un séjour au camp Boiro*, du moins d’une inculpation en bonne et due forme à la CPI. Ce nouveau « Nuremberg » qui n’incrimine que des Nègres et où, comme au temps de l’Esclavage, c’est un nègre justement (ou plutôt une négresse) qui tient le fouet du commandeur !

A quelque chose, malheur est bon, ce simulacre d’élection a permis de découvrir le vrai visage de la Communauté Internationale ! Ce cénacle de la combine et du bluff a fini  par écœurer le pays tout entier par son arrogance, sa mauvaise foi et sa propension systématique à soutenir le régime archaïque et corrompu d’Alpha Condé. Les Guinéens restent sereins malgré tout. Ils savent parfaitement ce qui leur reste à faire.

Par chance, l’Histoire n’est pas un décret administratif. Elle ne découle ni du tampon de l’Onu ni des logiciels de l’Elysée ou de la Maison-Blanche. C’est un phénomène violent et imprévisible, mû non par la volonté des dieux et des maîtres mais par la simple détermination des hommes à forcer les portes du destin quand tous les autres recours se sont épuisés.

Tierno Monénembo

Ecrivain guinéen, Prix Renaudot 2008.

Dernier roman paru : Les coqs     cubains chantent à minuit, Seuil, Janvier 2015, Paris.

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Transition : l’ultimatum de la Cedeao à la junte guinéenne

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Si la Guinée a, une nouvelle fois, échappé aux sanctions de la Cedeao, le pays reste sous la menace des dirigeants ouest-africains qui donnent aux autorités guinéennes au plus tard le 1er août 2022, pour parvenir à un calendrier de transition acceptable pour la transition. Passé ce délai, des sanctions économiques et financières seront appliquées ainsi que des sanctions ciblées, préviennent-t-ils à l’issue du 61ème sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao qui s’est tenu  dimanche 03 juillet à Accra, au Ghana.

Ci-dessous  l’extrait du Communiqué final  du sommet sur la Guinée.

« - Sur la Guinée, les Chefs d’Etat et de gouvernement réitèrent leur position en jugeant  que le  calendrier de transition de 36 mois annoncé par les Autorités guinéennes est  inacceptable.

  • Les Chefs d’Etat et de gouvernement prennent acte de la décision des autorités de transition d’ouvrir un dialogue national qui a débuté le lundi 27 juin 2022 sous l’égide du Premier ministre.
  • Les Chefs d’Etat et de gouvernement prennent acte de la démission du Dr Mohammed Ibn Chambas en tant que Médiateur de la CEDEAO en Guinée. En conséquence, les Chefs d’Etat et de gouvernement  nomment  Son Excellence  Yayi BONI, ancien Président de la République du Bénin en tant que nouveau Médiateur de la CEDEAO en Guinée.
  • Les Chefs d’Etat et de gouvernement demandent  au Médiateur de travailler avec les Autorités de transition pour parvenir à un calendrier de transition acceptable pour la transition au plus tard le 1er août 2022. Passé ce délai, des sanctions économiques et financières seront appliquées ainsi que des sanctions ciblées
  • Les Chefs d’Etat et de gouvernement décident de maintenir la suspension de la Guinée de tous les organes de décision de la CEDEAO.
  • Les Chefs d’Etat et de gouvernement décident de rester saisis de la situation au Burkina Faso, en Guinée et au Mali. »

Par Mariam Bâ

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A LA UNE

La Guinée échappe à nouveau aux sanctions de la Cedeao

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Alors que l'inquiétude était palpable, la Guinée a échappé à nouveau aux sanctions de la Cedeao. Les leaders ouest-africains réunis dimanche 03 juillet à Accra ont toutefois rejeté une nouvelle fois les 36 mois de transition proposés par la junte guinéenne.

Ils ont nommé un nouveau médiateur à la crise guinéenne. Il s'agit de l'ancien président béninois Thomas Boni Yayi.

Pour le Mali,  la Cédéao a levé les sanctions économiques et financières . Elle a aussi trouvé un accord avec le Burkina Faso pour un calendrier de 24 mois avant un retour des civils au pouvoir, à compter du 1er juillet 2022.

Il faut noter que les dirigeants ouest-africains ont par ailleurs choisi comme nouveau président en exercice de la Cédéao, Umaro Sissoco Embalo, président de la Guinée-Bissau et lui aussi victime d'une tentative de Coup d'État en février dernier.

Par Guinee28

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Sanctions: sommet décisif de la Cédéao ce dimanche à Accra

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L'organisation ouest-africaine avait remis à ce 3 juillet les décisions liées aux sanctions à lever ou à prendre pour le Mali, la Guinée et le Burkina Faso. Les trois pays ont redoublé d’efforts ces dernières semaines pour prouver leur bonne volonté.

Pour la Guinée, le Burkina Faso et le Mali, le sommet de la Cédéao qui s'ouvre ce dimanche à Accra est décisif. Les deux premiers cités sont en effet sous la menace d’éventuelles sanctions économiques, la transition de trois années qu'ils proposent avant le retour à l’ordre constitutionnel étant jugée bien trop longue par les chefs d’État de la sous-région.

Pour le Mali, c'est tout l'inverse. Bamako espère que les sanctions économiques et financières qui le frappent depuis le 9 janvier dernier seront enfin levées. Les déconvenues des précédents sommets appellent à la prudence, mais que ce soit chez les sources diplomatiques ouest-africaines ou du côté des dirigeants maliens, l’optimisme prévaut à la veille du sommet.

Un compromis envisageable

Il faut dire que les autorités maliennes de transition ont redoublé d’efforts pour faire la preuve de leur engagement à ne pas s’éterniser au pouvoir. En début de semaine, elles ont notamment annoncé le calendrier des futures élections communales, régionales (juin 2023), législatives (octobre 2023) et surtout présidentielle (février 2024) qui marqueront la fin de la période de transition, d’ici mars 2024.

Il s’agit d’un délai supérieur aux exigences initiales de la Cédéao – opposée à une prolongation de la transition au-delà de 16 mois –, mais qui pourrait suffire à arracher un compromis. D’autant que Bamako a aussi mis en place une commission chargée de rédiger la nouvelle Constitution, amorcé un dialogue avec la classe politique qui le réclamait de longue date et a aussi adopté une nouvelle loi électorale.

Selon les experts électoraux maliens, cette loi pourrait cependant permettre une candidature de l’actuel président de transition, le colonel Assimi Goïta. Aussi, dans cette dernière ligne droite, Bamako et la Cédéao ont notamment discuté du mécanisme de suivi à mettre en place pour la fin de la période de transition.

Dernier enjeu de taille : l’ampleur de la levée des sanctions qui, si elle était actée, pourrait ne pas être totale, mais progressive, en fonction de la concrétisation des engagements maliens.

Situation plus tendue en Guinée

La situation est plus tendue pour la Guinée. Les autorités de transition ont enfin ouvert un dialogue avec la classe politique, mais les principales formations ne le jugent pas crédible. Les procédures judiciaires visant les anciens responsables du régime d’Alpha Condé, l’interdiction de manifester et surtout le délai annoncé de trois années avant l’organisation d’élections continuent d’inquiéter les chefs d’État de la sous-région qui ont déjà menacé d’infliger des sanctions économiques au pays, en plus des sanctions ciblées déjà imposées aux dirigeants de la transition militaire.

Quant au Burkina, si la Cédéao reste inquiète de la dégradation sécuritaire sur le territoire et continue de rejeter les trois années réclamées par les nouvelles autorités avant l’organisation d’élections, le dialogue est jugé satisfaisant et pourrait susciter davantage d’indulgence de la part de l’organisation ouest-africaine.

RFI

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