Connect with us

Politique

« Nous n’allons pas participer à une mascarade électorale », Cellou Dalein Diallo

Published

on

En Guinée, la présidentielle approche à grands pas. Le premier tour aura lieu dans dix semaines, le 11 octobre. Et c'est dans cette perspective que Cellou Dalein Diallo, a été désigné candidat par le parti UFDG, l'Union des forces démocratiques de Guinée. C'était avant-hier (samedi) au terme d'un congrès de trois jours à Conakry. Quelle sont les chances de l'opposition face au président sortant Alpha Condé ? Pourquoi cette alliance surprise avec le très controversé Moussa Dadis Camara ? Sans détours, le numéro un de l'opposition répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

RFI : Cellou Dalein Diallo, vous avez perdu deux fois à la présidentielle de 2010 et aux législatives de 2013. Qu’est-ce qui vous fait penser que, cette fois, vous pouvez gagner la présidentielle d’octobre prochain ?

Cellou Dalein Diallo : Grâce aux erreurs, aux incohérences et aux échecs de M. Alpha Condé, aujourd’hui l’UFDG [Union des forces démocratiques de Guinée, le parti de Cellou Dallein Diallo, NDLR] est beaucoup plus fort qu’à la veille du premier tour de 2010. Parce que beaucoup sont déçus de la manière dont le pays est géré, de la gouvernance d’Alpha Condé. Il n’y a pas eu de progrès et on a moins de sécurité, moins d’unité nationale. Malheureusement, il n’y a pas eu de croissance : la croissance en 2013 a été de 2,3 %, elle a été nulle en 2014, elle sera négative en 2015.

L’épidémie Ebola ne peut-elle expliquer ces chiffres ?

Ça c’est 2014. En 2013 déjà, l’économie guinéenne n’a crû que de 2,3 %, alors que la Côte d’Ivoire faisait 9%, la Sierra Léone 14,8, le Libéria 7...

Samedi, lors de la clôture du congrès de votre parti, l’UFDG, vous vous êtes posé en « candidat du rassemblement », face à Alpha Condé, « candidat de la division ». Mais votre ancien allié Sidya Touré vous renvoie tous les deux dos à dos et affirme que vous êtes tout aussi communautariste que le président sortant Alpha Condé…

Ce sont des affirmations qui ne peuvent pas se vérifier sur le terrain. Je suis implanté dans l’ensemble des sous-préfectures du pays et les responsables du parti dans ces localités-là sont des gens issus de toutes les communautés nationales. Et croyez-moi, si j’ai fait 44 % au premier tour de l’élection présidentielle ce n’était pas que des ressortissants de ma communauté !

Votre force, c’est votre implantation dans la communauté peule. Mais n’est-ce pas aussi votre faiblesse ?

Non. Je ne suis pas implanté que dans la communauté peule. Aujourd’hui, si vous venez en Basse-Guinée ou en Basse-Forêt, je suis fortement implanté. Je crois même être la première force politique en Basse-Guinée !

Vous parlez de la Forêt. Pour sortir de votre isolement, vous avez conclu le mois dernier un accord électoral avec Moussa Dadis Camara, l’ancien putschiste qui serait encore influent en Guinée Forestière. Mais tout le monde se souvient du massacre du 28 septembre 2009. N’avez-vous pas fait alliance avec le diable ?

D’abord, je n’étais pas isolé. L’UFDG dispose de 54 fédérations, de plus de 300 sections dans le pays. Je ne suis pas isolé. C’est vrai qu’à l’approche de l’élection présidentielle, je cherche des alliances pour obtenir l’alternance en 2015. Mais je ne suis pas juge, je ne suis pas la justice. Je suis un homme politique et la justice doit continuer son travail.

Oui, mais, le 28 septembre 2009 157 personnes ont été tuées par balle ou à l’arme blanche. 109 femmes ont été violées. Tout cela s’est passé sous vos yeux. Vous avez vous-même été roué de coups… Et parmi toutes ces victimes, il y avait beaucoup de militants de votre parti, l’UFDG. Qu’est-ce que vous dites, aujourd’hui, aux survivants et aux proches de tous ceux qui sont morts ce jour-là ?

Oui. Moi-même j’ai été évacué très difficilement, ici, sur Paris, grâce notamment à l’intervention du président [sénégalais de l’époque, Abdoulaye] Wade. Mais ceci dit, je ne suis pas la Justice. En attendant, Monsieur Dadis Camara jouit de la présomption d’innocence. Il est à la tête d’un parti régulièrement agréé qui a un potentiel électoral important. Et on a décidé de conjuguer nos efforts pour obtenir cette alternance.

Mais croyez-vous que tous les proches des victimes de ce 28 septembre 2009 peuvent comprendre votre alliance avec l’homme qui gouvernait ce jour-là ?

Oui. Ils comprennent parfaitement. Je n’ai pas eu de reproches de la part de mes nombreux militants et même des associations des victimes que je soutien. Mais je dis : c’est à la justice de faire le travail. Moi, je suis leader d’un parti. En face, il y a un parti politique qui a un potentiel électoral important.

Et souvenez-vous qu’en 2010, Alpha Condé a demandé pour le deuxième tour le soutien de Dadis Camara… M. Dadis Camara a décidé de demander publiquement à ses partisans de soutenir Monsieur Alpha Condé. Et personne n’a rien dit !

En 2013, à l’occasion des élections législatives, M. Alpha Condé s’est déplacé pour aller à Ouagadougou pour demander à Dadis Camara de le soutenir. Dadis Camara a accepté et a demandé publiquement à ses partisans de le soutenir. Pourquoi on n’a pas reproché à M. Alpha Condé d’avoir fait ça en 2010 et en 2013 ?

Le 8 juillet dernier, Moussa Dadis Camara a été inculpé par la justice de votre pays pour le massacre du 28 septembre 2009. Toutes les organisations de défense des droits de l’homme se sont félicitées de cette décision de justice. En restant allié avec cet individu, ne risquez-vous risquez pas d’entacher votre réputation d’honnête homme ?

Non, pas du tout ! Parce que je pense que les gens peuvent faire la différence entre l’alliance entre deux partis politiques régulièrement agréés et la nécessité de rendre justice. Nous sommes tous – et M. Dadis Camara et moi – pour la manifestation de la vérité et pour la justice.

Si le scrutin n’est pas organisé comme vous le souhaitez le 11 octobre prochain, vous irez quand même à la bataille ?

Non. Nous n’allons pas vraiment participer à une mascarade électorale, si le dialogue n’aboutit pas. Et actuellement c’est l’agenda de M. Alpha Condé qui est en train de marcher : on traîne les pas, pour qu’à la dernière minute on dise qu’on ne peut pas faire les corrections, nous avons un fichier complètement tripatouillé ! Dans le fief de M. Alpha Condé, on a recensé les enfants, tous les enfants de plus de 8 ans ! Ils sont dans le fichier ! C’était au grand jour ! Nous ne pouvons pas aller aux élections avec un fichier qui ne peut pas garantir l’équité de cette élection présidentielle.

A quelles conditions accepterez-vous d’aller à l’élection du 11 octobre ?

On a envisagé de trouver une solution pour les communes : c’est de composer des délégations spéciales à la lumière des résultats de la proportionnelle aux dernières élections législatives, pour que chaque parti puisse être représenté en fonction du score qu’il a réalisé lors de ces élections.

Donc, à cette condition, vous irez le 11 octobre ?

A cette condition, mais aussi si l’on réussit à assainir complètement le fichier, pour qu’il soit un fichier qui représente la réalité du corps électoral.

Guinee28.info est un site d’informations générales et d’analyses sur la Guinée. Il couvre au quotidien l’actualité en toute indépendance et impartialité. Il offre aussi à ses lecteurs un débat d’idées, favorisant l’établissement d’une culture démocratique. Vous êtes annonceurs ? Vous voulez publier un article sponsorisé ? Nous contacter: alfaguinee28@gmail.com

Advertisement

A LA UNE

Transition, un jour, transition, toujours (Tierno Monénembo)

Published

on

Après les présidences à vie, les transitions éternelles ! Nos vrais militaires qui  viennent de remplacer nos faux démocrates ne sont pas pressés de passer le relais, eux, non plus. C’est comme ça en Afrique : le changement ne dure que le temps d’une ovation. Le héros se dépêche d’enfiler les chaussons du tyran déchu et de reproduire trait pour trait ses tics et ses frasques. Chez nous, le pouvoir change de visage, jamais de nature. « Les bagues partent, les doigts restent », disait José Saramago, ce génial et malicieux écrivain portugais.  Ne rangeons donc pas les armes,  le combat n’est pas terminé. Hier, les apôtres du troisième mandat, aujourd’hui,  les tenants de la Transition de cinq ans d’âge. Notre vie politique est un dilemme. Nous tanguons entre Charybde et Scylla, je veux dire entre tyrannie et « démocrature », selon que le « guide suprême » soit en treillis ou en complet-veston.

A nos amis qui nous l’avaient vertement reproché, nous répondons que nous n’avons pas soutenu Assimi Goïka,  Mamadi  Doumbouya  ou Sandaogo  Damiba par excès de naïveté  mais par excès de désespoir. Mieux valait encore les braises de l’enfer que le paradis selon IBK, Alpha Condé et consorts. Maintenant que l’enfer est là, que les braises, nous les avons jusqu’au cou, nous nous demandons amèrement quelle mouche nous a piqués.

Mon  Dieu que c’est dur d’avoir à choisir entre la peste et le choléra !

Assimi Goïka, Mamadi Doumbouya et Sandaogo Damiba avaient pourtant tout pour forcer notre admiration. Ils ont abattu des régimes politiques particulièrement honnis. Ils nous ont promis la justice, le respect des droits de l’Homme, le retour imminent à l’ordre constitutionnel. Nous avons cru un instant qu’ils étaient nos nouveaux Rawlings, nous qui avons tant besoin de croire.  Mais très vite, deux points ou plutôt deux anomalies nous ont conduits à douter de leurs bonnes intentions : le délai particulièrement long (3 à 5 ans, un mandat électif quoi !) de la Transition et (dans le cas de Mamadi Doumlbouya en tout cas), le refus systématique de publier la liste du CNRD, l’organe suprême de la junte guinéenne. Cela nous donne le droit de penser que tout comme leurs prédécesseurs, ces putschistes ne visent qu’un seul but : régner le plus longtemps possible et dans les conditions les plus opaques. Je crains que nous ne soyons devant des dictatures  militaires en gestation et qui, devenues bientôt, pures et dures, feront encore pire que Bokassa et Mobutu réunis.

D’évidence, ces gens ne sont pas pressés d’organiser des élections et aucun des arguments qu’ils soulèvent ne réussira à convaincre. En premier lieu,  celui de la lutte contre le terrorisme, que l’on invoque sans cesse au Mali et au Burkina ! Le djihadisme au Sahel est un problème profond, une question de longue durée qui ne pourrait être réglée par un gouvernement intérimaire, fût-il muni d’une baguette magique. Et puis, franchement, les terroristes, nos militaires les combattraient mieux au front que, vautrés sous les lambris de la République.

Les arguties avancées en Guinée ne tiennent pas debout, non plus : la récupération du patrimoine bâti de l’Etat, les « assises nationales », les crimes économiques et les crimes de  sang relèvent d’un gouvernement constitutionnellement établi. Le Lieutenant-Colonel Mamadi Doumbouya (ou quelque autre putschiste que ce soit) n’a pas à traiter des questions de fond. Le rôle d’un gouvernement de Transition  se limite à expédier les affaires courantes et à organiser des élections incontestables, le plus rapidement possible.

Tout le reste est illégal quand il ne relève pas de la diversion pure et simple.

Par Tierno Monénembo, in le lynx

Continue Reading

A LA UNE

Guinée : Alpha Condé de nouveau autorisé à quitter le pays

Published

on

Le président déchu, Alpha Condé, a été de nouveau autorisé à partir à l'étranger pour se soigner. La décision a été annoncée dans un communiqué lu vendredi soir à la Télévision nationale.

"Le Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD), tient à informer le peuple de Guinée, que le Professeur Alpha
CONDE se rend à l'étranger pour des rendez-vous médicaux"
Cette décision s'inscrit dans "le respect de la dignité et de l'intégrité" de l'ancien président, mais aussi pour des "raisons humanitaires", précise la junte.
En mi janvier, Alpha Condé avait été autorisé à se rendre aux Émirats arabes Unis pour se soigner. Il est rentré le 8 avril dernier.
Par Guinee28
Continue Reading

A LA UNE

Réussite de la transition : ce que l’Union Africaine recommande à la junte

Published

on

Alors que la méfiance s’installe du jour au jour entre la junte au pouvoir et la classe politique et le FNDC (front national pour la défense de la Constitution), l’Union Africaine a formulé des recommandations aux nouvelles autorités, ‘’afin d'instaurer la confiance et de renforcer le caractère inclusif du processus de transition’’.

Ainsi, Lors de sa 1076ème réunion, axée sur -les processus de transition politique au Burkina Faso, au Tchad, en Guinée, au Mali et au Soudan, le Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA appelle à la mise en œuvre d’un du Mécanisme de suivi de la transition, comprenant l'UA, la CEDEAO, l'ONU et toutes les autres parties prenantes concernées, conformément au Communiqué [PSC/PR/COMM. (1030(2021))] adopté le 10 septembre 2021, comme cadre global pour un soutien et un suivi coordonnés de la transition en Guinée.

Il encourage également les autorités de la transition à accélérer l'établissement d'un calendrier de transition avec des échéances clairement définies et des actions prioritaires du gouvernement, conformément au délai prévu par le Sommet extraordinaire de la CEDEAO tenu le 25 mars 2022.

Le Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA a aussi souligné l'importance d'un processus politique inclusif représentant pleinement les différentes couches de la société guinéenne.

A cet égard, il invite « les autorités de transition à poursuivre les consultations avec les différentes parties prenantes, y compris les acteurs politiques et la société civile, sur les défis auxquels le pays est confronté,  afin d'instaurer la confiance et de renforcer le caractère inclusif du processus de transition. »

Par Alpha Abdoulaye Diallo

Continue Reading

Facebook

Advertisement
Advertisement

A PROPOS DE GUINEE28

Siège social : Lansanaya barrage commune de Matoto.

Téléphone: +224 624 24 93 98/+224 666 39 29 09

Email : alfaguinee28@gmail.com

Tendance