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Politique

Guinée : ce qu’il faut faire (Tribune)

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Presque tous les Guinéens ont pu suivre le premier tour de la présidentielle française de 2017. Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont qualifiés pour le second tour. Nous disons que c'est beau la démocratie. Que dire d'Alpha Condé qui défend la démocratie à l'africaine (à lui de nous la définir),  qui veut maintenir en fait les peuples africains dans l'Etat de non-droit, donc de les priver de choisir en toute liberté et en toute transparence leurs dirigeants. Nous avions connu le même bonheur lors des présidentielles au Sénégal, au Ghana, au Bénin, au Nigéria ou Burkina. C'est Alpha Condé qui s'accroche aux pratiques des dictateurs des années 1970 et leurs discours populistes, démagogiques à la sauce panafricaine.

Alpha Condé ne représente pas l'avenir, c'est un homme du passé avec les pires méthodes qui ont conduit notre pays à la ruine. Le monde a changé,  la politique aussi. Tout est possible et personne ne peut désormais croire que les jeux sont fais d'avance.  Nous l'avons vu avec la victoire de Syriza de Tsipras qui a battu en 2015 les deux partis de droite et de gauche qui dominaient la scène politique grecque,  celle de Trump aux États Unis et maintenant Barrow en Gambie et  Macron en France.

Nous avons créé l'AFD pour proposer à notre pays une alternative crédible, la rupture avec toutes les mauvaises pratiques qui ont mis en faillite notre pays. Nous ne sommes pas des naïfs, nous savons parfaitement qu'il faut au préalable créer les conditions de l'exercice de la souveraineté populaire du peuple de Guinée. C'est pourquoi notre parti l'AFD, se battra jusqu'au bout pour réunir toutes ces conditions en 2020. De 1958 à 1984, le pouvoir à empêché toute forme d'élection pluraliste et ceux qui conformément à la Constitution de 1958 ont voulu créer leurs partis et même se présenter à la présidentielle de 1968 notamment, ont été arrêtés et exécutés. De 1993 à 2005, il y a certes eu des élections libres et pluralistes, mais le pouvoir les a toutes truquées. Malheureusement, il n'y a pas eu de changement pour les élections de 2010 à 2015, en raison d'une CENI toujours inféodée au pouvoir et la domestication de toutes les institutions de la République par le chef de l'exécutif. Nous avons donc tiré les leçons de ces 60 ans durant lesquels les Guinéens ont été privés de leur droit de choisir leurs représentants. C'est pourquoi nous proposons que :

- le recensement électoral soit confié à l'ONU à travers son agence, le PNUD en l’occurrence qui nous a toujours accompagnés,
- la certification des résultats par l'ONU
- la sécurisation des élections par des forces de sécurité de la CEDEAO.

Telles sont les conditions à remplir pour garantir la transparence et la crédibilité de nos élections. Je rejette d'avance l'argument de « notre souveraineté » brandi par ceux qui ont effectivement privé nos compatriotes de l'exercer depuis 1958. Nous n'attendrons pas une guerre civile comme en Centrafrique où la communauté internationale à été obligée de piloter les élections dont les résultats n'ont pas été contestés par les acteurs politiques du pays.

Il n'y a pas de démocratie sans démocrates. Nos dirigeants, malgré le tournant pris en Afrique dans les années 1990, ont systématiquement refusé de se plier aux règles d'élections libres et transparentes. Nous sommes obligés de les contraindre pour arracher ce droit garanti par notre Constitution. L'ONU est notre maison commune, la seule organisation internationale qui a le droit et le pouvoir d'ingérence dans les affaires intérieures de nos États. Elle a cette légitimité et comme tel, l'ONU peut jouer à l'arbitre entre les acteurs politiques de notre pays.

Jeunes de Guinée, voilà les objectifs politiques que nous vous proposons de défendre dans les jours à venir. Nous devons nous mobiliser pour faire échec au projet d’un 3 ème mandat d'Alpha Condé, mais aussi pour imposer au pouvoir les conditions de transparence des élections. Nous n'aurons pas besoin de l'ONU si les dirigeants guinéens respectaient le jeu démocratique comme ailleurs en Afrique. Mais il est hors de question que sous le prétexte fallacieux de souveraineté, qu'on continue à abandonner le pays à des clans affairistes, anti-démocratiques,  médiocres, violents qui ont enfoncé notre beau pays dans le déclin et la pauvreté.

Nous ne devons pas nous tromper de combat. Alpha Condé s'est taillé sur mesure un fichier électoral, il a refusé d'organiser depuis 2011 les élections locales et demain il est fort possible qu'il use encore du "glissement " pour les prochaines législatives et présidentielle. Pourtant les partis politiques de l'opposition signataires des accords du 12 octobre 2016 perdent leur temps et leur énergie à les faire appliquer.  Les élections n'ont pas de sens avec ce fichier électoral et cette CENI. En outre, cet accord prive les citoyens des quartiers et districts de voter directement pour élire leurs conseillers. Pour ce qui concerne les poursuites judiciaires des présumés responsables des violences contre des manifestants et le dédommagement des victimes, point est besoin d'attendre l'application d'un accord politique. Les personnes tuées et les blessés sont clairement identifiés, ils ont des dossiers bien documentés avec suffisamment de preuves dont les autopsies de médecins légistes. Il leur suffira de porter plainte contre X à nos tribunaux et à la Cour de justice de la CEDEAO. Le GOHA représentant les victimes des destructions et vols de biens commerciaux notamment,  possède lui aussi des dossiers précis défendables devant la Cour de justice de la CEDEAO : le traité de l'OHADA  lui procure de solides garanties contre l'Etat qui, il faut le rappeler, s'est déjà engagé à les rembourser. Comme il l'a fait durant son premier mandat, Alpha Condé continue à éreinter l'oppression dans des négociations interminables d'accords qui ne seront jamais appliqués jusqu'à la seule élection présidentielle qui compte pour lui. D'ores et déjà, il est prêt pour passer en force sa nouvelle Constitution, lui ouvrant la voie à un pouvoir à vie. Vous voyez bien que c'est là où se trouve la menace et donc cette affaire d'accord du 12 octobre 2016 ne fera que nous divertir et ne mérite pas de manifestations pour sa défense.

Je dis aux jeunes Guinéens que nous sommes condamnés à reprendre notre pays en main. En effet, dès générations de nos compatriotes avaient trouvé refuge en occident qui n'est plus un Eldorado. La mondialisation a fait des ravages dans ces pays où c'est la classe moyenne qui en subit brutalement les conséquences néfastes avec leur déclassement, le chômage de masse et donc la lutte contre l'immigration est au cœur des débats politiques. Des dirigeants populistes balancent en pleine figure aux électeurs cette image terrifiante de 2,5 milliards d'africains  en 2050 se ruant comme une puissante marée humaine sur leurs pays pour fuir la misère. Ils ont commencé, nous le voyons bien, à se barricade contre nous. Pourquoi ne pas se battre pour créer chez soi toutes les conditions d'une vie décente?  Tels sont les enjeux majeurs pour les nouvelles générations de jeunes Guinéens pour se donner les moyens de préparer un avenir radieux chez nous en Guinée ?

Par Alpha Saliou Wann

 

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A LA UNE

Transition, un jour, transition, toujours (Tierno Monénembo)

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Après les présidences à vie, les transitions éternelles ! Nos vrais militaires qui  viennent de remplacer nos faux démocrates ne sont pas pressés de passer le relais, eux, non plus. C’est comme ça en Afrique : le changement ne dure que le temps d’une ovation. Le héros se dépêche d’enfiler les chaussons du tyran déchu et de reproduire trait pour trait ses tics et ses frasques. Chez nous, le pouvoir change de visage, jamais de nature. « Les bagues partent, les doigts restent », disait José Saramago, ce génial et malicieux écrivain portugais.  Ne rangeons donc pas les armes,  le combat n’est pas terminé. Hier, les apôtres du troisième mandat, aujourd’hui,  les tenants de la Transition de cinq ans d’âge. Notre vie politique est un dilemme. Nous tanguons entre Charybde et Scylla, je veux dire entre tyrannie et « démocrature », selon que le « guide suprême » soit en treillis ou en complet-veston.

A nos amis qui nous l’avaient vertement reproché, nous répondons que nous n’avons pas soutenu Assimi Goïka,  Mamadi  Doumbouya  ou Sandaogo  Damiba par excès de naïveté  mais par excès de désespoir. Mieux valait encore les braises de l’enfer que le paradis selon IBK, Alpha Condé et consorts. Maintenant que l’enfer est là, que les braises, nous les avons jusqu’au cou, nous nous demandons amèrement quelle mouche nous a piqués.

Mon  Dieu que c’est dur d’avoir à choisir entre la peste et le choléra !

Assimi Goïka, Mamadi Doumbouya et Sandaogo Damiba avaient pourtant tout pour forcer notre admiration. Ils ont abattu des régimes politiques particulièrement honnis. Ils nous ont promis la justice, le respect des droits de l’Homme, le retour imminent à l’ordre constitutionnel. Nous avons cru un instant qu’ils étaient nos nouveaux Rawlings, nous qui avons tant besoin de croire.  Mais très vite, deux points ou plutôt deux anomalies nous ont conduits à douter de leurs bonnes intentions : le délai particulièrement long (3 à 5 ans, un mandat électif quoi !) de la Transition et (dans le cas de Mamadi Doumlbouya en tout cas), le refus systématique de publier la liste du CNRD, l’organe suprême de la junte guinéenne. Cela nous donne le droit de penser que tout comme leurs prédécesseurs, ces putschistes ne visent qu’un seul but : régner le plus longtemps possible et dans les conditions les plus opaques. Je crains que nous ne soyons devant des dictatures  militaires en gestation et qui, devenues bientôt, pures et dures, feront encore pire que Bokassa et Mobutu réunis.

D’évidence, ces gens ne sont pas pressés d’organiser des élections et aucun des arguments qu’ils soulèvent ne réussira à convaincre. En premier lieu,  celui de la lutte contre le terrorisme, que l’on invoque sans cesse au Mali et au Burkina ! Le djihadisme au Sahel est un problème profond, une question de longue durée qui ne pourrait être réglée par un gouvernement intérimaire, fût-il muni d’une baguette magique. Et puis, franchement, les terroristes, nos militaires les combattraient mieux au front que, vautrés sous les lambris de la République.

Les arguties avancées en Guinée ne tiennent pas debout, non plus : la récupération du patrimoine bâti de l’Etat, les « assises nationales », les crimes économiques et les crimes de  sang relèvent d’un gouvernement constitutionnellement établi. Le Lieutenant-Colonel Mamadi Doumbouya (ou quelque autre putschiste que ce soit) n’a pas à traiter des questions de fond. Le rôle d’un gouvernement de Transition  se limite à expédier les affaires courantes et à organiser des élections incontestables, le plus rapidement possible.

Tout le reste est illégal quand il ne relève pas de la diversion pure et simple.

Par Tierno Monénembo, in le lynx

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A LA UNE

Guinée : Alpha Condé de nouveau autorisé à quitter le pays

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Le président déchu, Alpha Condé, a été de nouveau autorisé à partir à l'étranger pour se soigner. La décision a été annoncée dans un communiqué lu vendredi soir à la Télévision nationale.

"Le Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD), tient à informer le peuple de Guinée, que le Professeur Alpha
CONDE se rend à l'étranger pour des rendez-vous médicaux"
Cette décision s'inscrit dans "le respect de la dignité et de l'intégrité" de l'ancien président, mais aussi pour des "raisons humanitaires", précise la junte.
En mi janvier, Alpha Condé avait été autorisé à se rendre aux Émirats arabes Unis pour se soigner. Il est rentré le 8 avril dernier.
Par Guinee28
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Réussite de la transition : ce que l’Union Africaine recommande à la junte

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Alors que la méfiance s’installe du jour au jour entre la junte au pouvoir et la classe politique et le FNDC (front national pour la défense de la Constitution), l’Union Africaine a formulé des recommandations aux nouvelles autorités, ‘’afin d'instaurer la confiance et de renforcer le caractère inclusif du processus de transition’’.

Ainsi, Lors de sa 1076ème réunion, axée sur -les processus de transition politique au Burkina Faso, au Tchad, en Guinée, au Mali et au Soudan, le Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA appelle à la mise en œuvre d’un du Mécanisme de suivi de la transition, comprenant l'UA, la CEDEAO, l'ONU et toutes les autres parties prenantes concernées, conformément au Communiqué [PSC/PR/COMM. (1030(2021))] adopté le 10 septembre 2021, comme cadre global pour un soutien et un suivi coordonnés de la transition en Guinée.

Il encourage également les autorités de la transition à accélérer l'établissement d'un calendrier de transition avec des échéances clairement définies et des actions prioritaires du gouvernement, conformément au délai prévu par le Sommet extraordinaire de la CEDEAO tenu le 25 mars 2022.

Le Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA a aussi souligné l'importance d'un processus politique inclusif représentant pleinement les différentes couches de la société guinéenne.

A cet égard, il invite « les autorités de transition à poursuivre les consultations avec les différentes parties prenantes, y compris les acteurs politiques et la société civile, sur les défis auxquels le pays est confronté,  afin d'instaurer la confiance et de renforcer le caractère inclusif du processus de transition. »

Par Alpha Abdoulaye Diallo

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